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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 20:58
PLUME DE POETE ET SES DEFIS (N°53 contes, légendes, mythes)

 

 

 

                                              

 

 

Pour lire les autres participations à ce défi 

 

 

http://plume-de-poete.over-blog.com/2020/04/defi-n-53-theme-contes-legendes-mythes.html

 

 

Défi  N° 53 :

 

 

"Les contes de fées, légendes, mythes ont toujours été un bonheur pour les enfants. Mais est-ce toujours vraiment le cas aujourd'hui ? Et quels sont les bienfaits des contes ?

Même si bon nombre d’enfants ne les connaissent que par l’intermédiaire de Walt Disney et de ses adaptations cinématographiques. . . " 

 

 

Les contes, légendes, mythes, parlent à nos coeurs

 

 

D’abord ce sont des récits très simples : ils commencent par des mots magiques que reconnaît l’enfant ...

Ce moment crée une intimité avec le parent et lui donne en même temps un espace de liberté, où il peut rêver et partir.

 

Racontez-moi vos souvenirs, inventez une histoire. . . "

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour respecter le thème choisi par Evy, ai essayé de "remanier"

 

sous forme de conte cette histoire vraie, dont " Le Papi " est

 

 

le personnage central et le conteur . . . 

 

Un jour, peut-être, en lirez vous une autre, car le joyeux drille,

 

mort dans son lit à 95 ans, en a racontées plus d'une . . .

 
 
Pour l'heure, il s'agit de la guerre de 14/18, et de l'image que
 
 
s'en faisaient, à l'époque, fin des années 50, début des années 60,
 
 
deux très petites filles, à travers ses récits . . . 
 
 
 
 
 
                                             
 
 
 

 

 

 

 

                           LES   GLACONS   AUX   MOUSTACHES

 
 
 
 
 

 

 
. . . Once upon a time... Il était une fois... Deux petites filles aux cheveux
 
bruns. Ceux de l'aînée, appelée Cacao,  étaient cependant moins noirs que
 
ceux de la cadette.
 
 Car la chevelure de la  plus jeune, appelée Noiraud , brillait d'un extraordinaire
 
et merveilleux noir de jais . . .
 
 
 
. . . Quand Cacao était petite, lui naquit donc d'abord une petite soeur, Noiraud.
 
Elle en fut bien contente et la petite soeur semblait également fort satisfaite
 
d'avoir une grande soeur. Tout allait donc pour le mieux, dans le
 
meilleur des mondes . . . 
 
 
 
 
Ni l'une, ni l'autre n'en connaissait d'autre, de toute façon…
 
En ce temps-là, leur monde était aussi petit qu'elles. Il se composait de papa,
 
maman, papi et mamie.  
 
Plus tard, après qu'on leur eut promis deux petits frères, elles eurent deux jolies
 
petites soeurs aux cheveux clairs, qui furent appelées "Les Petites". . . 
 
Et c'est là qu'elles  devinrent "Les Grandes". Même si elles étaient encore
 
très petites.
 
Quelle histoire étrange et compliquée . . .
  
Pour celle-ci, les filles n'étaient encore que deux. Et la petite soeur n'était
 
qu'un "grand bébé".  Même si elle marchait,  et avait quelques "bonnes dents".
      
 Chaque matin, vers huit heures, le papi descendait de son atelier pour " casser 
 
la  croûte ", ce qui arrangeait bien maman. Pendant qu'il gardait les filles, elle
 
allait à l'épicerie, et  "au pain".
  
Le casse-croûte du papi était presque toujours le même : du pain, du pâté de
 
campagne et du saucisson. Avec, bien sûr, un petit verre de vin. . . 
 
Du Bourgogne, car Le Papi était bourguignon d'origine, malgré son accent de
 
Titi parisien. Accent n'ayant rien d'étonnant : né à Paris,  il y avait passé
 
sa jeunesse. 
 
 
 
 
 
 
. . . Pour son casse-croûte, s'il avait très faim, ce qui arrivait souvent, il mangeait
 
en plus "un peu" de fromage. Cacao n'aimait pas le fromage, et ne tenait pas au
 
saucisson. Alors Le Papi lui faisait des tartines de pain beurré, tandis que la
 
petite soeur, déjà grimpée sur ses genoux, s'empiffrait de saucisson, qu'il lui
 
coupait en très petits morceaux.
 
Chaque jour, il demandait à Noiraud : "T'aimes mieux Papi ou l'saucisson ?"
 
Et chaque jour, elle répondait : "L' saucisson."
 
Cela faisait bien rire Le Papi et Cacao, qui guettaient ensemble cette réponse.
 
 
 
 
. . . Le papi racontait des histoires merveilleuses, que les petites ne se
 
lassaient pas d'écouter.
 
La plupart d'entre elles concernait " La guerre". Depuis longtemps, il les avait 
 
informées qu'il s'agissait de "La Grande". Cacao la trouvait bien intéressante,
 
et supposait que quand il en aurait fini, ce dont elle n'était pas pressée, il leur
 
parlerait de la, ou des, petite(s) guerre(s). Et que ce serait mieux que rien.
 
Le papi racontait très bien. Il en oubliait de couper le saucisson en petits
 
morceaux, et Noiraud manquait souvent de s'étouffer en avalant des
 
rondelles entières.
 
Dans ces cas-là, elle devenait très rouge, émettait de drôles de bruits, qui
 
alertaient Le Papi.
 
Il était obligé de s'interrompre pour lui donner de grandes claques dans le  
 
dos et la secouer un peu. Et de se lever pour leur servir de la grenadine.
 
Il lui disait : "Bois donc un p'tit coup, ça f'ra descendre". Cacao buvait aussi,
 
même si elle n'aimait pas trop la grenadine. Elle préférait l'anthésite, dont
 
papa leur mettait quelques gouttes dans l'eau, mais seulement l'été . . . 
 
Parce que c'était très rafraîchissant . . .
  
En se levant pour servir la grenadine, le papi regardait vite par la fenêtre si
 
maman n'arrivait pas. Cacao pensait que c'était parce que la petite soeur
 
était encore très rouge.
 
Heureusement, il se rasseyait et continuait son histoire !
 
En général, des soldats montaient au front, et d'autres en descendaient.
 
Cacao ne savait pas trop ce qu'était le front. Elle supposait, le front qu'elle
 
connaissait se trouvant en haut du visage, que celui dont parlait le papi
 
devait être du même genre, quoique plus grand, afin que beaucoup de soldats 
 
puissent y monter et en redescendre. Ce devait être une sorte de très haute
 
montagne, avec une pente vertigineuse, qui expliquait pourquoi l'histoire était
 
si longue.
   
Ce que faisaient ceux qui arrivaient en bas, Cacao le savait : Ils s'en payaient
 
"une bonn' tranche", parce qu'ils étaient en" permission".
  
Ce que faisaient les autres, une fois arrivés en haut, le papi n'en parlait pas.
 
Cacao avait  pensé à le lui demander, mais il était si bien lancé qu'elle avait
 
préféré attendre un moment plus opportun. Le lendemain peut-être, quand la
 
petite soeur s'étoufferai, et qu'il serait obligé de s'interrompre pour aller
 
chercher la grenadine.
 
Elle n'avait pas hâte que maman revienne, même si elle était un peu ennuyée
 
que la petite soeur, après sa grenadine, ait déjà presque fini le verre du Papi.
 
Ca ne l'étouffait pas, elle était seulement de nouveau très rouge. Du coup, elle
 
avait cessé d'avaler du saucisson, et semblait somnoler dans les bras du Papi,
 
qui la berçait.
 
Cacao se dit que c'était tant mieux, que ce midi Noiraud aurait encore faim, et
 
que maman ne dirait pas, la voix un peu inquiète : "Je ne comprends pas, cette
 
petite n'a pas d'appétit, elle picore."
 
Et le papi ne répondrait pas :
 
"T'en fais don' pas, tu vois bien qu'elle profit' quand mêm' ! Elle mang' à sa faim,
 
c'est tout !"
 
Ce jour-là, le papi faisait partie des soldats qui montaient au front. Il disait :
 
"Voyez-vous, y f'sait tell'ment froid qu'même en marchant, on avait les pieds
 
 g'lés ! Et les vieux poilus qu'on croisait, qui descendaient du front d'l'Est, et ben
 
 y z'avaient des glaçons aux moustaches ! " 
 
Cacao n'en croyait pas ses oreilles !  Ce devait être bien joli des glaçons aux
 
moustaches ! Encore plus que des rubans dans les cheveux ! 
 
Elle comprenait que les glaçons ne fondent pas. Papi avait dit qu'il faisait très
 
froid. Mais comment faisaient-ils, ces soldats, se demandait-elle, pour attacher
 
les glaçons à leurs moustaches ?
 
Bah ! Ils avaient dû trouver une solution . . .
 
C'est si fort des soldats !
 
. . . Et puis maman rentrait et, invariablement, disait : " Mais arrêtez donc papi
 
de leur parler de  la guerre, vous allez les faire rêver ! "
 
Cacao ne la comprenait pas. Elle savait que, pour maman, "rêver" signifiait faire
 
de mauvais rêves. Comment pouvait-elle penser que les petites auraient peur
 
d'une chose aussi merveilleuse :
 
Des glaçons aux moustaches !
 
 
 
                                                                                                  Cacao.
 
 
 
 
 
PLUME DE POETE ET SES DEFIS (N°53 contes, légendes, mythes)

     Les "Grandes" aux cheveux bruns, et les "Petites" aux cheveux clairs. . . quelques années plus tard . . .

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commentaires

R
Bonjour Cacao !

"LES GLACONS AUX MOUSTACHES " voila qui est original ! Les poilus en ont vu de dur !

Bonne journée !

Pierre ou Rotpier: c'est au choix !
Répondre
K
Un défi chez Evy bien réussi !
Bises
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C
Merci beaucoup, c'est très gentil. Passe un bon mercredi...chez toi. Bises des H. Pyrénées.
G
Quelle belle histoire
J'ai aussi de sphotos comme les tiennes
Nous sommes 5 filles dan sla famille !!!
Bisous
Répondre
C
Merci d'avoir aimé Ghislaine. Oui, c'est bien une famille nombreuse. 4 ou 5 filles créent des liens très forts. Malheureusement, Noiraud, la petite brune, est partie dans un monde que l'on dit meilleur à 36 ans, suite à un cancer… Passe un bon mardi. Grosses bises.
E
Bonjour ma Cacao c'est adorable merci pour ta jolie participation c'est en ligne prend bien soin de toi bonne fin de journée bisous
Répondre
C
Merci beaucoup ma chère Evy. Gros bisous.
M
Un récit magnifiquement raconté, on s'imagine facilement assistant à ce fameux casse- croûte, ou alors, peut-être ai-je déjà entendu cette histoire; en tout cas c'est drôle et original.
Répondre
C
Merci M. Vous me faites plaisir. Bonne journée à vous, même si je sais que la pêche est fermée, cause Covid 19. Grosses bises.
P
Bravo pour tes talents de conteuse : je suis entrée à fond dans la scène :D Ton papi racontait bien et il avait un auditoire au top :D C'est fou comme les enfants peuvent se faire tout un cinéma à partir d'une simple phrase ! Passe un bon week end Bisous
Répondre
C
Merci beaucoup Paulette ! Oui, tu connais bien les enfants, comme moi, et pour cause… Tu les as "pratiqués" assez longtemps. Passe un bon W.E (chez toi). Grosses bises.
M
Merci Cacao pour ce beau récit...j'étais là aussi pour l'écouter ton papi...
Bon w-end!
Bises
Mireille du sblon
Répondre
C
Bonjour Mireille ! Ce commentaire est très gentil, j'ai essayé de faire de mon mieux pour décrire la scène. Bon W.E. malgré le confinement. Grosses bises.
C
Bravo Cacao ! C'est super ! Que la photo est bonne aussi !
Bonne fin de semaine,
Bisous♥
Répondre
C
Bonjour et merci Colette ! Ce que tu écris me fait plaisir. Bon W.E. (à le maison…) et grosses bises des Hautes-Pyrénées.