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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 22:16

 

 

         Vous pouvez aussi retrouver Evy sur son autre blog :

 

 

 

 

DEFI DE LA PLUME D'EVY  ( N° 264   )  :  La Liberté
 
 
              
 
  Cette semaine (du 03/05/20 au 08/05/20)  le thème du Défi est
 
           
                           "  Liberté  "
 
 
 
 
 
 
Le Loup et le Chien (J.de La Fontaine)
 
Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.
 
 
 
 
 
Dans cet autre texte, dont je ne connais pas l'auteur, et sans
 
doute inspiré de La Fontaine, l'histoire du chien est différente.
 
Elle me plaît mieux.
 
 
 
 

 

 
 
             
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il était une fois une louve qui errait dans la forêt à la recherche de
 
nourriture pour ses petits.
 
Elle arriva à une ferme isolée et regarda à travers la clôture.
 
Elle vit un chien, allongé devant son chenil. Près de lui,  il y avait une
 
gamelle et un bol rempli d'eau.
 
 " Il en a de la chance, se dit la louve. Il n'a pas besoin d'aller à
 
la chasse."
 
- Viens-là, grogna-t-elle à travers la barrière, il faut que je te demande  
 
quelque chose.
 
Le chien leva les yeux et répondit : " Je ne peux pas, je suis enchaîné."
 
La louve s'étonna : " Quoi ? Tu n'es pas libre ? Et moi qui croyais que
 
tu avais vraiment de la chance ", dit-elle, sidérée.
 
" Ca va , répondit le chien. On me donne à manger tous les jours et de
 
l'eau claire à volonté.
 
 Que puis-je demander de plus ? "
 
- Et les bois ? Tu les connais ? Et la chasse aux lapins ? Et les prairies ?
 
- Non, je ne connais pas tout ça, répondit le chien.
 
- C'est horrible, grogna la louve. Puis elle déclara d'une voix claire :
 
La liberté est ce qu'il y a de plus beau sur terre.
 
Voilà qui avait attisé la curiosité du chien. Il proposa alors à la louve :
 
" Aha, alors  aide-moi à me débarrasser de cet affreux collier pour que
 
je puisse être libre.
 
- Mais comment ?, demanda la louve. Comment puis-je te libérer ?
 
- Il faut que tu sautes par-dessus la barrière pendant la nuit et que tu
 
coupes mon collier de tes dents acérées.
 
 Ensuite, je viendrai avec toi et je t'accompagnerai.
  
 La louve avait à présent pitié du chien. Elle décida donc de revenir
 
pendant la nuit pour le libérer . . .
 
 
 
                                                              
 
 
 
DEFI DE LA PLUME D'EVY  ( N° 264   )  :  La Liberté

 

 

 

 

 

 

 

 

Liberté
Paul Eluard
 
 


Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer 

Liberté.

 

                                                    Paul Eluard

 

 

 

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et aussi la liberté de la presse, inconnue dans tant de pays. . .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

kimcat 09/05/2020 17:01

Une liberté superbement représentée !
Bizzz

Evy 09/05/2020 14:13

Un magnifique partage avec ses belle participations merci pour les liens vers mes blogs je met en ligne passe une bonne journée bisous

Petitgris 09/05/2020 08:33

Tu ne pouvais pas choisir de meilleur moment pour publier ces hymnes à la Liberté. Une saleté de virus invisible a été choisi comme excuse pour nous la faire perdre ! Qui sera la louve qui va venir nous libérer ? Passe un doux week end Cacao Bisous