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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 20:03

 

 

 

  Bêtes 11 Juin 018

 

 

 

     

 

 

                C'était la fin de l'hiver. Il faisait encore bien froid. Et, comme souvent,

 

Maurice-Le-Chat avait disparu. On l'avait appelé partout. Pas de nouvelles.

 

Il y avait un certain garage, pas très éloigné, où il s'était déjà fait enfermer deux

 

fois. Mais la maison attenante était vide depuis longtemps, sa propriétaire ne

 

trouvant pas de nouveaux locataires. Bien peu de chance donc que Maurice soit

 

là-bas . . . Après tout, la propriétaire venait parfois. Il avait fait grand vent, des

 

branches étaient tombées. Elle était peut-être venue nettoyer le jardin. Elle aurait

 

alors ouvert le garage pour y prendre des outils . . .

 

Cacao tenta sa chance. Le portail était à moitié ouvert, un grand silence régnait.

 

Elle s'approcha du garage et se mit à appeler doucement "Maurice ! Maurice ! "

 

Pas de réponse. Mais elle s'obstina. Si par hasard il s'était endormi, il fallait le

 

réveiller ! Alors elle appela plus fort ! Pas très fort, mais quand même assez . . .

 

Elle s'étonna de la résonnance de son appel dans le calme de la nuit. S'il avait été

 

là, Maurice aurait répondu depuis longtemps ! Juste quand elle allait rebrousser

 

chemin, une grande lumière s'alluma sur le perron, et un homme de haute taille,

 

à la grosse voix, cria :

 

--  Qui est là ?

 

Abasourdie, elle recula, en bredouillant :

 

--  Excusez-moi, je . . . je me suis trompée de maison . . .

 

C'était n'importe quoi, mais elle était affolée. Il y avait un nouveau locataire, et

 

elle était entrée dans son jardin sans y être invitée. Elle se sentait en faute et s'en

 

alla bien vite. Se disant qu'il ne la reconnaîtrait jamais. Il l'avait vue si peu de

 

temps . . . 

 

Cette nuit-là Maurice revint, très tard. Et elle oublia bien vite l'histoire.

 

Le nouveau voisin, on le voyait peu. Très poli, il échangeait parfois quelques

 

mots avec le compagnon de Cacao. Quant à elle, il se contentait de la saluer,

 

plutôt froidement d'ailleurs. Comme elle était sûre qu'il ne l'avait pas reconnue,

 

elle se disait qu'il était timide avec les femmes, ou ne les aimait pas trop.

 

Arrivèrent les beaux jours. Le soir, on allait marcher un peu, et souvent, Maurice,

 

tel un petit chien, suivait . . .

 

Une fois, on croisa le nouveau voisin, qui sortait de chez lui.

 

--  Je vous présente notre chat, Maurice, dit l'ami de Cacao.

 

--  Ah, mais . . . Maurice . . . c'est un chat ! répondit l'homme, étonné, souriant, et

 

      vaguement soulagé . . .

 

Et Cacao, bien que prenant l'air dégagé et  innocent, comprit soudain ce qu'il

 

s'était imaginé . . .

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