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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 09:30

 

 

 

Certains soirs, parce que la Page     3483001918_f65f84d794.jpg 

 

Huit avait crié trop fort, en jouant

 

dans le jardin, ou parce qu'il avait

 

mieux à faire, Maurice ne rentrait

 

pas. Ni le lendemain matin.

 

Ni le soir suivant ... On se mettait

 

alors en quête de lui, à travers

 

prés et champs, aux alentours...

 

On savait  où chercher...On finissait

 

toujours par trouver...    

 

                                                                    

 

  On se faisait peur, se persuadant qu'il n'avait rien mangé depuis deux

      

                                                                            

jours. Ce qui était faux, on le savait bien. Comme tous les mulots du coin.   

 

 

3208415360_60f24bf378.jpg  Et tous les petits lapins. Car Maurice-

 

Le-Cruel guettait les naissances devant les terriers. Il y passait des journées et

 

des nuits entières. Pas malheureux du tout. Surexcité au possible. Nous faisions

 

tout pour le dissuader, et sauver quelques lapins.

 

Oui, le côté obscur de Maurice se révélait l'été. Poussé par son instinct, il

 

devenait serial-killer. De cela, nous ne disions mot à la Page Huit. Elle avait trop

 

haute opinion de lui, à quoi bon gâcher la fête.

 

Lorsque nous étions en  "grave"quête du chat, elle avait ordre de ne pas bouger

 

de la maison. Elle faisait donc la lecture à son arrière-grand-mère, pour montrer

 

sa sagesse. Ce sont d'habitude les mamies qui lisent des histoires aux enfants

 

pour les endormir. La Page Huit préférait le contraire.

 

Peut-être dans l'espoir d'endormir la mamie. Qui avait grande patience pour

 

l'écouter lire, à sa façon, et en boucle,  toujours les mêmes histoires. Ses

 

préférées.

 

Les mêmes...pas tout à fait. Car ce qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer, La Page

 

Huit l'inventait, n'hésitant pas à changer de version, d'un soir à l'autre. Ce qui 

 

enchantait son arrière-grand-mère.

 

Si toutefois elle entendait tout.

 

" Cette enfant lit très bien, disait-elle."     

 

... Or donc, ce soir-là, nous avions enfin trouvé Maurice. A grands renforts de

 

tintements de cuillère dans les prés. Sûrs qu'il ne voudrait pas rentrer, nous

 

venions de lui ouvrir sur place une boîte de pâtée. Le bruit du couvercle qui

 

saute l'intéressait toujours. Il allait condescendre à manger un peu dans son

 

bol,  juste pour faire plaisir à ses "parents". 

 

C'est le moment que choisit La Page Huit pour surgir en hurlant :

 

--  Venez-vite ! Venez-vite !

 

Comme elle ne semblait ni blessée, ni franchement inquiète nous lui dîmes :

 

--  Mais enfin, pourquoi cries-tu comme ça ! Alors qu'on t'avait recommandé

 

   d'être calme pour ne pas faire fuir Maurice  !

 

--  Ah ! C'est parce que c'est trop grave ! Mamie m'envoie vous dire que les

 

   toilettes sont bouchées, et qu'il y a un crapaud dans la cuisine !

 

 

 

 

                                                                               

 

                                         A     CET     APREM '   . . .

 

 

 

                                                     SUR     MON     TANDEM  . . .

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 05:53

 

          Photo Thibaud Mischler, dit Winter Snow 

                                                                                                                                     

hills by HardDayKid   

                                                       

                                     La Page Huit poursuivait agréablement ses vacances à la

 

campagne, qu'elle animait considérablement. Son arrière grand-mère et le chat

 

Maurice sursautaient souvent sur son passage, mais elle savait aussi les enjôler.

 

Si bien que dans la chaleur de l'été, des jours tranquilles, remplis de tous petits

 

bonheurs, coulaient doucement.

 

Le soir, après dîner, on allait jusqu'au cimetière. On n'avait aucun mort à visiter.

 

On allait y chercher Maurice. A cette heure-là, c'était son territoire.

 

Les chats se plaisent en ces lieux, y trouvant sans doute de petites proies...

 

Ou pour des raisons mystérieuses et obscures, qui leur appartiennent...

 

Le mien aime s'allonger le soir sur les pierres tombales encore chaudes.

 

Lorsqu'on l'appelle, il ne se presse pas. On ne rentre pas dans le cimetière, sauf

 

s'il tarde vraiment. On suppose juste qu'il y est.

 

Le jeu consiste à siffler plusieurs fois, comme un merle, le long du chemin, puis à

 

écouter une réponse lointaine. Qui vient vite, ou pas.

 

En général, on entend un miaulement léger, puis qui se rapproche, jusqu'à ce

 

qu'on arrive vers le haut mur du cimetière.  On s'assied sur le banc, en face.

 

Et l'on attend, plus ou moins longtemps, les yeux fixés sur le sommet.

 

Le chat ne miaule plus, on se demande si on a rêvé l'avoir entendu...

 

On écoute le silence, en surveillant le mur. Tout le long du mur. Ne sachant

 

jamais où il va apparaître. Les paris sont presque toujours mauvais.

 

Dans combien de minutes ? A quel endroit ? Devra-t-on resiffler un peu ?

 

La Page Huit se trémousse, dans la joie et l'inquiétude de l'attente.

 

On fait mine de désespérer, parlant de rentrer. Elle insiste pour rester :

 

" Encore un petit moment, s'il vous plaît, je suis sûre qu'il va venir. " 

 

Elle siffle à son tour, jure qu'elle perçoit un petit miaulement. On prétend ne

 

pas avoir entendu. D'ailleurs, il n'y a plus rien.

 

Et soudain, sur le mur noir, apparaît une silhouette sombre, qui se découpe dans

 

le couchant, et qui nous fascine. Maurice est là. La Page Huit se tait.

 

Il ne faut pas le brusquer, ou chercher à l'attraper. Seulement dire, d'un ton

 

indifférent : " Tu viens Maurice ? "

 

Puis repartir vers la maison, sans trop se retourner, ou alors discrètement.

 

Il suit à distance. Si on le regarde, il s'arrête, subitement intéressé par quelque

 

chose dans les herbes.  

 

Alors on rentre, on le laisse faire. Devant la maison le dernier jeu consiste à dire :

 

" Mais où est donc le petit Maurice ? Il n'est pas là ce chat ? "

 

Ces mots ont le don de le faire jaillir de la nuit, miauler, puis minauder.

 

La Page Huit peut alors annoncer, raisonnablement fort, et sur un ton de

 

plénitude :

 

"Il est là, Maurice ! " 

 

Il ronronne et roucoule. Elle jubile.

 

On dirait que tous deux dansent de joie. Puis il attend, elle le nourrit, le caresse.

 

Il se frotte à ses jambes, vient dans les nôtres. S'installe sur le muret, se lèche

 

tranquillement. On s'assied un peu dehors, à prendre le frais et à le regarder.

 

Il nous surveille un moment. Vérifie que les choses sont en ordre.

 

On ne sortira plus ce soir. Il nous a ramené au bercail.

 

C'est nuit noire. Le moment est venu pour lui. 

 

De disparaître vers d'autres aventures.  

 

 

 

 

 

  

                                      A     DEMAIN  . . .

 

 

 

 

                                                        DANS     LE     SOUS - MARIN . . .

 

                                                                      

 

 

                                                                                                          ( A SUIVRE ... )

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 02:02

 

 

 

 

 

5384476034_15b30c0f2c.jpg       - Prunie l'Aventurière, dit Cacao, tu   

       

       sais que j'ai deux nièces,     

 

       Carotte, dont  je viens de te parler,

 

       et La Page Huit, qui est un peu plus

 

       âgée.

 

       Elles ne sont pas soeurs, elles

 

      sont cousines.

 

       - Oui, oui, bien sûr. Mais ce dont

 

      je me souviens mal, c'est pourquoi elle s'appelle La Page Huit ...

 

       - Oh ! Ceci est une autre histoire !

 

        Voyons d'abord celle-là.

 

 

                                            

 

 

                                                                               

  

 

 

               Pour les "un an" de Maurice-Le-Chat, La Page Huit, qui en avait six, avait

 

décidé qu'il fallait un gâteau à la chantilly, afin qu'on puisse donner au moins de

 

la crème au chat. C'était le huit Juillet. 

 

Nous avions dîné à la fraiche sur la terrasse, et pas vu le chat de la journée. Il est

 

vrai que La Page Huit, très expansive, avait fait pas mal de bruit et poussé force

 

cris ce jour-là. Nous lui expliquâmes que, si elle voulait que Maurice rentre faire

 

honneur à son dessert, il fallait être très calme ce soir-là. Et l'appeler doucement

 

au moment voulu, car il ne devait pas être loin.

 

Elle suivit à la lettre nos instructions, ne disant pratiquement pas un mot à table,

 

et nous recommandant sévèrement de parler à voix basse.

 

Ce n'était pas vraiment facile, car nous recevions aussi ma grand-mère, qui était

 

son arrière-grand-mère, un peu dure d'oreille.

 

A la fin du repas, La Page Huit ne se fit pas prier pour aider à lever le couvert et

 

mettre les assiettes à dessert. Puis elle apporta fièrement le gâteau, sur lequel

 

elle avait mis une bougie, qu'elle alluma.

 

-- C'est un peu tôt pour allumer, dit son arrière-grand-mère. Attends de trouver le

 

   chat d'abord !

 

La Page Huit se mit donc en devoir d'appeler Maurice, très doucement, dans

 

chaque recoin du jardin. Au bout d'une dizaine de minutes, elle revint, dépitée, 

 

souffler elle-même la bougie.

 

A l'étonnement général, ce fut à cet instant que le chat apparut, nonchalamment,

 

au bout de la terrasse. Elle fit sans doute un gros effort pour ne pas crier, comme

 

elle en mourrait d'envie :  "Maurice, voilà Maurice !"

 

A la place, elle prit délicatement une soucoupe, y déposa une bonne ration de

 

chantilly, faisant un peu tinter la cuillère, ce qui attirait toujours l'animal.

 

Déjà, il s'avançait. Elle alla à sa rencontre, déposa très précautionneusement

 

l'assiette par-terre. Puis recula un peu, pour juger de l'effet, et s'accroupit

 

lentement, face à lui.

 

Maurice commença à lécher la crème, avec un empressement et une satisfaction

 

faisant plaisir à voir. Pendant environ cinq secondes.

 

Car ensuite, La Page Huit, au comble du ravissement, ne réussit pas à se retenir

 

de crier bien fort, dans le silence de la nuit tombée :

 

 " Bon anniversaire, Maurice ! "

 

Il détala sur le champ. On ne le revit pas avant le lendemain soir.

 

 

 

 

                  

 

 

                          A       LUNDI   . . .

 

 

 

 

                                                                    DANS       L' TAXI   . . .  

 

 

                                                                                                                      

 

                                                                                                                                        ( A suivre)

 

 

 

 

 

   

 

   

 

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