10 mars 2018
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AUJOURD'HUI SAMEDI 10 MARS, C'EST L'OUVERTURE DE
LA PÊCHE A LA TRUITE. A CETTE OCCASION, VOICI UN
SOUVENIR DE PÊCHE DE CACAO . . .
" A LA PÊCHE AVEC M. "
Un des rares jours de Mai où il fit beau cette année-là, M., grand
pêcheur de truites, et redoutable randonneur, proposa à Cacao de
l'accompagner à la pêche.
L'air était très doux, et le soleil dorait l'eau et les cailloux de l'Arros,
petite rivière pyrénéenne qu'il avait ce jour-là préférée au Gave.
M. se percha sur l'herbe au bord de l'un des bras. Cacao s'installa
sur une petite "île", contre un rocher, avec lunettes de soleil,
bouteille d'eau, et lecture. Le calme de l'après-midi, la douceur du chant
des oiseaux, et les fleurs sauvages qu'elle avait repérées pour faire un
bouquet, après... l'entraînèrent bien vite vers une agréable somnolence.
De temps à autre, elle jetait un oeil vers lui. Pour le moment, il pêchait
des branches. Et en semblait fort satisfait. Rien n'altérait jamais
son calme et sa bonne humeur. Rassurée, Cacao referma les yeux. Elle ne
les rouvrit que lorsqu'il cria, assez fort, une sorte de juron, plus ou moins
élégant :
Il venait de pêcher une ronce... Elle se réassoupit, soulagée.
Lorsqu'elle émergea un peu, plus de M.en vue !
Où l'artiste était-t-il donc passé ?
Pas de panique, elle savait comment retrouver sa superbe voiture, toute
neuve et extra-propre, dont il n'avait pas hésité à sacrifier le beau
brillant en roulant sur les chemins de terre.
Par acquis de conscience, même s'il était improbable qu'il se fut noyé, ou
pendu à une grosse branche, avec son fil à pêche, elle s'avança dans la
rivière, calme et peu profonde, pour observer l'amont et l'aval local.
Pas de trace de M.
Marchant un peu plus dans l'eau, brusquement, elle s'enfonça dans un
trou, où, sans sommation, ses bottes se remplirent d'eau glacée.
Elle eut du mal à rebrousser chemin pour retrouver son "île", alourdie
qu'elle était par le poids de l'eau qui flocfloquait fraîchement sur ses
jambes.
Le temps de vider ses bottes, d'où il ne sortit aucun poisson, de faire
(un peu) sécher ses chaussettes sur le rocher, tout en reprenant, les
orteils au soleil, sa passionnante lecture, un léger bruit lui fit lever les
yeux : M. était là, canne à pêche verticale, sourire entendu aux lèvres.
Sans un mot, il posa son panier, en sortit un magnifique tissu jaune et bleu,
qu'elle lui avait donné, parmi d'autres, pour ses poissons, l'étala sur le sol,
et y aligna . . . ceci . . .


