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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 23:51
UN TEMOIGNAGE DE PRUNIE L'AVENTURIERE

 

 

-Bonjour, Cacao !

- Par exemple ! Prunie L'Aventurière ! Te revoilà enfin !

- Oui, Cacao. Je t'avais un peu abandonnée. J'ai eu tant à faire ces

derniers temps.

- Que me racontes-tu, Prunie ? Une petite anecdote dont tu as le secret ?

- Oh, une toute petite, Cacao. Il  ne m'arrive pas grand-chose en ce

moment. Mais il y a quelques jours, j'ai pensé à toi, en observant un

instant de vie de tous les jours, qui m'a fait de la peine.

Tu sais que je travaille deux fois par semaine dans la rue E.T.

- Oui, celle de la prison...

- Exactement. Lorsque j'arrive pour 14 H, les jours de visite, il est

très difficile de se garer. Alors je vais plus loin, et je finis à pied.

Ainsi je vois la longue file de voitures le long des trottoirs, et les familles

qui font la queue devant la porte, attendant impatiemment qu'elle s'ouvre

pour aller voir un prisonnier. La plupart du temps, ce sont des femmes.    

Des  épouses ou des mères. Evidemment.. il y a plus d'hommes incarcérés

que de femmes. Ce qui me fait mal au coeur, c'est lorsque je vois des

mamans tenant des enfants par la main. Quelle que soit la faute commise

par leur père, ça reste leur papa. Il y a dans leurs yeux de la tristesse.

Un peu d'angoisse aussi, face à cette porte fermée, et ces hauts murs, si

grands vus de leur petite taille. En même temps, je sens leur impatience,

et celle de leur mère. Que de sentiments mélangés tournent dans cette

rue !  L'ambiance de tension y est palpable. 

- Oui, je comprends, Prunie. Ceux du dehors ne sont pour rien dans les

erreurs de ceux du dedans, mais ils paient quand même le prix fort.

- Je vais te raconter ce qui s'est passé la dernière fois. La file était

déjà longue devant la porte de la prison. Sur le trottoir opposé, une

jeune femme, tanant par la main une petite fille, près d'une vieille voiture

pas mal cabossée, était en conversation avec un policier. Elle lui montrait

des papiers, et l'homme lui indiquait le coin du pare-brise. Elle semblait

désespérée. Je marchais vers mon travail, me rapprochant d'eux. Ne

résistant pas à l'envie d'écouter leur conversation, je me suis arrêtée tout

près, pour rouler une cigarette.

- Tu as recommencé à fumer, Prunie. Ce n'est pas bon pour toi, tu le sais !

- Oui, Cacao. Tant de choses ne sont pas bonnes pour moi. . .

Donc, mine de rien, je tendais l'oreille. . .

- Vous voyez bien que votre assurance est périmée depuis un mois, disait

l'homme.

- Je sais, Monsieur, mais je viens de régler. J'attendais de recevoir    

ma  paye. C'est fait, j'ai posté le chèque aujourd'hui, ils vont m'envoyer

l'attestation.

La petite fille portait une jolie robe rose à volants, et des sandales d'été

ornées d'une marguerite blanche en plastique. Comme sa maman, elle avait

des cheveux blonds dorés, qui frisottaient. Elle s'était fait deux petites

nattes, retenues en haut par des marguerites, assorties à celles de ses

chaussures. Elle pouvait avoir cinq ans, et semblait ne pas comprendre ce

que disait l'homme. Elle avait juste peur. Quelque chose n'allait pas, mais

quoi ? Allait-on bientôt voir papa ? Maman semblait à cran. Elle   parlait

très  doucement, très poliment, mais l'enfant la sentait prête à éclater.

Maman était si jolie avant. Maintenant, elle était  maigre et pâle. Elle

dormait si peu il est vrai. La fillette regardait l'homme.

Qu'allait-il se passer ? Elle ne savait pas. Pourquoi sa maman baissait-elle

les yeux ? Elle était si gaie ce matin en la préparant.

- Je suis obligé de vous verbaliser, dit le policier.

- Je comprends, répondit la dame...

... Tu vois Cacao, j'ai repris mon chemin, sans me retourner. Que pouvais-

je dire...

L'homme ne faisait que son travail après tout. Même si c'est un drôle

de travail. Et qu'on se demande ce qui pousse à le choisir. . .

Seulement, juste avant de repartir, le temps d'allumer ma cigarette, j'ai

fait un clin d'oeil à la petite fille. Elle a eu un timide sourire et a semblé

contente...  

 

 

UN TEMOIGNAGE DE PRUNIE L'AVENTURIERE
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commentaires

C
Bonjour Cacao, <br /> La vie n'est pas gaie, et un sourire, un petit signe, donne un peu de soleil à ceux qui le reçoivent.<br /> Bonne journée<br /> Bises
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P
Un sourire c'est le rayon de soleil dans un ciel bien noir ! Pauvre petite, elle n'a pas souvent l'occasion de se sentir entourée même si la maman fait son possible ! Quelle tristesse ! Grosses bises
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C
Bonjour Paulette ! Oui, tu as entièrement raison. Un sourire peut être très important. Grosses bises.
J
Bien triste tout ça........
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C
Bonjour Josiane ! C'est vrai que ce n'est pas gai. Mais j'ai vraiment assisté à cette scène. Gros bisous et bon week-end.