Enfin, la propriétaire de la chatte noire arriva. Elle s'était munie,
" au cas où " d'une cage de piégeage, mais pensait qu'elle serait inutile.
Elle voulut immédiatement aller appeler Bikini et passa la journée assise
près du champ de maïs. La chatte ne répondit que le soir, à la nuit
tombante, comme nous lui en avions donné l'habitude. Elle reconnut la voix
de sa maîtresse et s'approcha avec empressement. Et soudain, prise d'une
méfiance subite, s'échappa. La dame essaya de la rappeler, sans succès.
Elle installa la cage, avec la nourriture à l'intérieur, et partit, très tard,
dormir quelques heures à l'hôtel. Au petit matin, elle revint, mais la cage
était vide hélas. Elle s'assit à nouveau près du champ et appela la chatte.
Assez vite, elle la vit arriver. La dame ne bougea pas, faisant mine de
lire. Au bout de longues minutes, Bikini commença à tourner autour d'elle,
se rapprochant peu à peu. Enfin, très doucement, elle réussit à la toucher.
Bikini recula, revint, et, après un moment, se laissa caresser. Elle était
méfiante, pensant peut-être que sa maîtresse l'avait abandonnée . . .
Dans l'après-midi, pourtant, grâce à de douces paroles, elle s'installa sur
ses genoux. La dame ne la brusqua pas. Elle commença à ronronner, et sous
les caresses, finit par s'endormir. Sa maîtresse en profita pour la mettre
prestement dans sa boîte de transport habituelle, non sans mal, car Bikini,
vite réveillée, gigotait fort. Elle miaulait désespéremment, mais dès qu'elle
fut dans la voiture, se sentant en pays de connaissance, elle se tut. Les
chats pourtant n'aiment guère rouler, mais là, elle s'endormit vite, épuisée.
Et comprenant sans doute qu'elle rentrait chez elle... Dans sa maison, elle
retrouva vite ses marques, et redoubla d'affection envers sa maîtresse, qui
la dorlota comme jamais, vous le pensez bien . . .
