A force de patience, Mamie N°2 finit par apprivoiser Coquette. Lorsque
je venais faire le ménage, deux fois par semaine, la chienne était heureuse. Elle
retrouvait ses repères. Le bruit de l'aspirateur ne l'avait jamais effrayée, elle me
suivait dans chaque pièce, se couchant sagement pour m'observer.
Mamie N°1, ravie des bonnes nouvelles que je lui donnais, reprit un peu force,
et grâce à une petite rémission revint quelques jours chez elle. Je l'emmenai voir
Coquette. Elle lui apporta tous ses jouets et lui parla longuement. La chienne avait
compris qu'elle devait rester là, car elle ne manifesta pas le désir de nous suivre à
notre départ. Mamie N°2 nous invita à goûter trois autres fois. Les deux femmes
s'étaient découvert des relations communes et parlaient d'événements anciens de
la région. La "passation de pouvoirs" se passait bien. N°1 eut la promesse de sa
nouvelle amie que la chienne ne serait jamais abandonnée. N°2 avait une fille,
qui prendrait le relais si elle décédait.
Lorsqu'elle retourna à l'hôpital, Mamie N°1 me confia se sentir soulagée et tout
à fait en paix. Elle mourut quelques jours plus tard.
Coquette est toujours chez sa nouvelle mamie. Toutes deux se portent à merveille
pour le moment. Et, comme d'habitude, deux fois par semaine, la petite chienne
entend arriver ma voiture, de très loin. Elle dresse l'oreille. N°2 sait alors qu'elle
peut verser le café et sortir les petits gâteaux.
Et Coquette n'est pas la dernière à en déguster quelques-uns . . .
