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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 14:30

 

 

 

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 LA     FIN     DE     L'AUTOMNE

Tout l’automne à la fin n’est plus qu’une tisane froide. Les feuilles mortes de toutes essences macèrent

 

dans la pluie. Pas de fermentation, de création d’alcool : il faut attendre jusqu’au printemps l’effet d’une

 

application de compresses sur une jambe de bois.

Le dépouillement se fait en désordre. Toutes les portes de la salle de scrutin s’ouvrent et se ferment,

 

claquant violemment. Au panier, au panier ! La nature déchire ses manuscrits, démolit sa bibliothèque,

 

gaule rageusement ses derniers fruits.

Puis elle se lève brusquement de sa table de travail. Sa stature aussitôt paraît immense. Décoiffée, elle a

 

la tête dans la brume. Les bras ballants, elle aspire avec délices le vent glacé qui lui rafraîchit les idées.

 

Les jours sont courts la nuit tombe vite, le comique perd ses droits.

La terre dans les airs parmi les autres astres reprend son air sérieux. Sa partie éclairée est plus étroite,

 

infiltrée de vallée d’ombre. Ses chaussures, comme celles d’un vagabond, s’imprègnent d’eau et font de

 

la musique.

Dans cette grenouillère, cette ambiguïté salubre, tout reprend forces, saute de pierre en pierre et change

 

de pré. Les ruisseaux se multiplient.

Voilà ce qui s’appelle un beau nettoyage et qui ne respecte pas les conventions ! Habillé comme nu,

 

trempé jusqu’aux os.

Et puis cela dure, ne sèche pas tout de suite. Trois mois de réflexion salutaire dans cet état ; sans

 

réaction vasculaire sans peignoir ni gant de crin. Mais sa forte constitution y résiste.

Aussi, lorsque les petits bourgeons recommencent à pointer, savent-ils ce qu’ils font et de quoi il retourne

 

— et s’ils se montrent avec précaution, gourds et rougeauds, c’est en connaissance de cause.

Mais là commence une autre histoire, qui dépend peut-être mais n’a pas l’odeur de la règle noire qui va

 

me servir à tirer mon trait sous celle-ci.

Francis PONGE, Le parti pris des choses, Gallimard. (né en 1899)

 

 

 

 

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    L'HIVER     QUI     VIENT     (extrait)

 

Blocus sentimental ! Messageries du Levant !…
   

Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,                                      4321655327_8c1cd8b5db.jpg
   

Oh ! le vent !…
   

La Toussaint, la Noël et la Nouvelle Année,
   

Oh, dans les bruines, toutes mes cheminées !…
   

D’usines…
   

On ne peut plus s’asseoir, tous les bancs sont mouillés ;
   

Crois-moi, c’est bien fini jusqu’à l’année prochaine,
   

Tous les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,                               4466754271_307007b4ff.jpg
   

Et tous les cors ont fait ton ton, ont fait tontaine !…

Allons, allons et hallali ! C’est l’Hiver bien connu qui s’amène ;
   

Oh ! les tournants des grandes routes,
   

Et sans le petit Chaperon Rouge qui chemine !…
   

Oh ! leurs ornières des chars de l’autre mois
   

Montant de donquichottesques rails
   
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Vers les patrouilles des nuées en déroute
   

Que le vent malmène vers les transatlantiques bercails !…
   

Accélérons, accélérons, c’est la saison bien connue cette fois.

Et le vent de cette nuit, il en a fait de belles !
   

Ô dégâts, Ô nids, Ô modestes jardinets !
   

Mon cœur et mon sommeil : ô échos des cognées !…

Tous ces rameaux avaient encore leurs feuilles vertes.

Les sous-bois ne sont plus qu’un fumier de feuilles mortes ;
   
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Feuilles, folioles, qu’un bon vent vous emporte
   

Vers les étangs par ribambelles,
   

Ou pour le feu du garde-chasse,
   

Ou les sommiers des ambulances
   

Pour les soldats loin de la France.

   

C’est la saison, c’est la saison, la rouille envahit les masses,
   

La rouille ronge en leurs spleens kilométriques
   

Les fils télégraphiques des grandes routes où nul ne passe.
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Mais, lainages, caoutchoucs, pharmacies, rêve,
   

Rideaux écartés du haut des balcons des grèves
   

Devant l’océan de toitures des faubourgs,
   

Lampes, estampes, thé, petits-fours,
   

Serez-vous pas mes seules amours !…
……………
Non, non ! c’est la saison et la planète falote !
   

Que l’autan, que l’autan                                                                                  2460431475_13888706cd.jpg
   

Effiloche les savates que le temps se tricote !
   

C’est la saison, Oh ! déchirements, c’est la saison !
   

Tous les ans, tous les ans
   

J’essaierai en chœur d’en donner la note.

Jules LAFORGUE in Le Livre d’or de la poésie française, Seghers.

 

 

 

 

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commentaires

C
<br /> Bonjour Cacao<br /> <br /> <br /> Merci pour ces textes qui baignent dans cette aura, d'un joli soltice d'hiver... il est bon de mettre à l'honneur ces poètes qui chantent les saisons... du coeur, et de la vie, en toute saison,<br /> demeure un trésor ! Une richesse de vie ! Merci Cacao, très belle fin de journée. Toute mon amitié, et ma rose. Corinne (Cronin)<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> bonne fête de fin d'année bisous<br />
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L
<br /> pour le plaisir de te faire coucou...te faire de trés gros bisous..;te souhaiter une douce journée<br /> je t'embrasse<br /> claude<br />
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V
<br />  bonjour cacao,<br /> <br /> <br />  comme il est doux de passer chez toi , et je prend plaisir à te lire merci pour ce partage même si en ce moment ma tête est un peu en folie  il est vrai que cette saison  est bien<br /> morose mais le printemps reviendra et peut être que j'irai mieux a bientôt ma douce amie je t'embrasse bien sincèrement monette du 50<br />
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T
<br /> J'apprécie ce texte et ce poème , <br /> <br /> <br /> Les Noëls passent trop vite à mon gré<br /> <br /> <br /> Douce journée Cacao<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> TIMILO<br />
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C
<br /> Merci Cacao pour ces beaux textes au premier jour de l'hiver...<br /> <br /> <br /> je devine que les environs sont blancs...<br /> <br /> <br /> Gros bisous<br />
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C
<br /> Mais quelle bonne idée de nous faire relire un poëte qui donne son nom à une rue bien connue des hautes-pyrénées ! et joli clin d'oeil que la photo de fin !<br />
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T
<br /> Bonjour Cacao,<br /> <br /> <br /> Est-ce un concours entre auteurs sur un thème donné ?<br /> <br /> <br /> Si c'est le cas, je donne ma note de coeur à Laforgue.<br /> <br /> <br /> Amitiés sincères.<br />
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S
<br /> J'ai un très gros faible pour Francis Ponge dont j'ai relu ce texte il y a une quinzaine de jour.<br /> <br /> <br /> Joyeux Noël à tous les Internautes.<br />
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L
<br /> coucou Cacao!!<br /> j'aime beaucoup le premier texte !!!  très original !<br /> La poste a perdu ta 6ème carte-  pendant les fêtes !<br /> et toi pas reçu les miennes !!<br /> Bon NOel si je ne repasse pas -<br /> gros bisous !!<br />
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L
<br /> c'est le parti du temps...où se vie chaque chose ...et où chaque chose perd un peu de sa vie...mais le temps n'est que cela ...il en sait<br /> quelque chose...puisque de l'automne au printemps il fait semblant de pauses...mais il continu à vivre sous terre...pendant que nous on se désespére...;c'est le parti dans nôtre temps...où nous<br /> vivons toutes ces choses...merveilleux ces deuc écrits...bonne journée à toi trés chére cacao...je t'embrasse à toi<br /> claude<br />
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