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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:34

cailloux lacmort faucille         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            L ' A M O U R   ET   L A   M O R T  

 

 

 

                                  . . . / . . . 

 

 

. . . Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
"Nous aussi nous aimons !"

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :                                               
Son voeu s'est accompli.

Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,                                 
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre                         
L'Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future
Qui s'agite en vos seins.                                                                  

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière           
Qui fut jadis un coeur.

Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle                   
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,                      
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Votre éblouissement.
                                                                                               
Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !

 

 

 

 

Louise Ackermann (1813 - 1890)

recueil :Poésies philosophiques

 


Copyright © 1998 - 2013 - Toute La Poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

P
<br /> c'est vrais que la nature est eternelle nous offre qu'une vie éphémére, mais nos enfants sont un peu de nous, qui reste...<br />
Répondre
P
<br /> magnifique poéme, d un auteur inconnu de moi...C est vrais que la nature est eternelle, et nous mortelle, mais nos enfants sont un peu de ce qui nous reste.<br />
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M
<br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'ai fait que parcourir ce poème car je n'arrive pas à le lire.<br /> Il est certainement très beau mais je n'en saisis pas la beauté.<br /> Il est possible qu'il soit trop obscure pour moi.<br /> Il est certain que je le trouve hors de ma portée.<br /> Bises de Metz, bonne journée, Marc.<br /> <br /> Merci pour ton commentaire sous les photos des vitraux de jean Cocteau dans l'église Saint-Maxmin de Metz.  <br />
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T
<br /> Beau mais triste. Le talent comique, en fin de compte, nous fait plus de bien.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br />
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M
<br /> Bonjour Cacao contente de te relire , je ne suis pas étonnée pour l'autre maison, tu t'en doutais aussi je crois,<br /> <br /> <br /> je te félcite pour ce grand courage que tu as.<br /> <br /> <br /> c'est un beau mais triste poème bisous monique<br />
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E
<br /> C'est un beau poème merci pour ce partage j'espère que tu vas bien !! passe une douce soirée bisous Evy<br />
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L
<br /> que c'est beau ! mais triste réalité !!<br /> méditer cette pensée me rendrait trop triste -<br /> beau partage ! je découvre !!<br />
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P
<br /> un beau poème que je ne connaissais pas merci de le faire connaitre<br /> <br /> <br /> bises<br />
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M
<br /> ..un très beau texte un peu dur quand même !<br /> <br /> <br /> je vois que tu les as aussi dans tes commentaires les "ptites" dames...<br /> <br /> <br /> Gros bisous et merci pour ton commentaire du jour.<br /> <br /> <br /> J'espère que tout s'arrangera vite, il le faut pour que tu puisses enfin respirer!<br /> <br /> <br /> Mireille du sablon<br />
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R
<br /> c'est vraiment bien écrit !<br />
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