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Histoire d'Anita (3) : Traces de vie
Trois possibilités de "parking secret" s'offraient au souvenir
d'Anita : une drôle, une neutre, une personnelle. Emouvante. Pas forcément
triste, non, s'obligeait-elle à penser en roulant. Elle verrait sur le moment
celle qu'elle oserait tenter en premier.
Pour son trajet, elle choisit de penser à la plus drôle. La plus risquée aussi.
A cause du général. Bien sûr, il devait être mort depuis longtamps. Plus de
vingt ans avaient passé, et il était déjà très vieux, "avant".
Tout de même, méfiance, il convenait d'avoir un petit frisson "d'effroi",
car, avec cette race-là, allez savoir...
Cet endroit caché se trouvait de l'autre côté du parc. Les résidents des
petits immeubles mitoyens avaient la même sur vue sur la "nature" que ceux
vivant côté opposé. L'image était simplement inversée...
C'est peut-être cela qui "perturbait" le général...
A l'époque, Anita se garait d'un côté ou de l'autre, suivant l'inspiration, et
l'endroit d'où elle venait.
Pas longtemps. Avant de connaître le général. Qui l'attendit un soir de pied
ferme.
- J'habite ici.Vous habitez de l'autre côté du parc, n'est-ce pas ?
- Oui, Monsieur.
- Oui, mon Général. Je me présente : Général à la retraite M. De R.....
Je tiens à vous préciser que ce parking est uniquement réservé aux
résidents de ce côté-ci. Je serai inflexible sur ce point.
Anita savait que c'était totalement faux, aucun des parkings n'étant privé.
Quel que soit le côté du parc.
Elle préféra ne pas argumenter, et dit qu'elle allait donc en face.
- Non, non, pour cette fois, je vous autorise à rester là. Parce que vous
êtes bien mignonne.
- Merci, mais ça ne m'ennuie pas de faire le tour. Il y a des places la-
bas.Cependant, puis-je me permettre d'utiliser votre autorisation, si un jour
je n'en trouvais pas ? Sans abuser, bien sûr.
- Evidemment. Je sais être tolérant avec les personnes qui respectent le
règlement.
(Et toc...se dit Anita, ce jour-là, un Général de "vampé", un...)
Alors, un soir, elle alla de nouveau se garer sur le "Parking du Général".
Pour voir s'il "sortirait du bois".
Un peu aussi parce qu'il y avait eu dans le quartier de nombreux vols
d'autoradios. Et quand on a un vigile disponible...
Elle n'eut pas le temps de descendre de voiture qu'il était là.
Fort affable, prêt, semblait-il, à lui ouvrir la portière...
- Comment allez-vous, jeune dame ?
- Très bien, merci. Et vous-même ?
Ah ! Le vous-même ! L'erreur fatale...
Le général entreprit de lui raconter sa vie, où ça "rigolait" moins, Madame,
que maintenant. Sa vie, et toutes ses "batailles"... L'Algérie, de son point
de vue personnel, celui qui faisait froid dans le dos et le coeur.
Rien n'étant jamais épargné à Anita, il enchaîna sur Dien-Bien-Phu...
Elle rentra dîner fort tard.
Et ce fut cette nuit-là, évidemment, qu'on lui vola son autoradio...
A SUIVRE . . .
