C'était le jour de l'an. Cacao remarqua un monsieur qui allait et venait dans la campagne
environnante, semblant chercher ou appeler quelqu'un. Au bout d'un long moment, il vint chez elle et lui
raconta qu'une semaine auparavant, en rentrant de chez des amis pour Noel, il s'était arreté au bord de
la route. Son chat qui voyageait avec lui s'était échappé de la voiture. Il l'avait cherché en vain et, obligé de
rentrer travailler sur Paris, il était revenu une semaine plus tard essayer de le retrouver. Il n'y croyait plus.
C'était un gros chat roux d'un an, un peu angora, appelé Gribouille.
Cacao prit les coordonnées de l'homme et promis de chercher le chat. Tous les soirs elle marcha aux
alentours en agitant une boite contenant des croquettes et appela "Gribouille ! Gribouille !". Devant chez
elle, elle laissait de la nourriture. Au bout de deux jours la gamelle fut mangée, mais elle eut beau guetter
le chat, ou l'animal qui mangeait, elle ne vit jamais rien . Elle continuait à appeler tous les jours en agitant
ses croquettes...
Trois semaines passèrent, l'animal mangeait toujours, mais demeurait invisible. Elle savait qu'il y avait
très peu de chance qu'il s'agisse de Gribouille ...
Un soir, elle arriva en voiture et troubla le calme de son jardin. Et elle vit dans la lueur de ses phares un
gros chat roux s'enfuyant effrayé. C'était bien lui qui mangeait !
Comme les chats ont leurs habitudes et fréquentent les memes endroits aux memes heures, elle élabora
une stratégie : rapprocher chaque soir un peu plus la gamelle de sa porte vitrée, ne pas faire un bruit,
éteindre toutes les lumières de la maison sauf celle de l'extérieur...et attendre dans le noir derrière la porte
légèrement entrebaillée. Car il fallait etre prete à bondir pour capturer le chat, son maitre avait dit qu'il était
très sauvage et difficile à approcher.
Elle s'habilla chaudement, le froid qui rentrait par la petite ouverture était vif. Elle mit des gants de moto pour
se protéger des coups de griffes, et guetta...
Le chat vint tous les soirs. Elle se força à patienter avant de tenter sa chance, la gamelle était encore trop
loin. Le troisième soir, elle bondit, réussit à l'attrapper, le serra bien contre elle et tenta de le calmer en lui
disant doucement "Gribouille, petit Gribouille !"...
Il semblait amadoué lorsque brusquement il sauta et s'enfuit. Mais sans grande conviction, car il s'arreta
une vingtaine de mètres plus loin et étudia la situation. Cacao reprit la gamelle contenant encore de la
nourriture, la posa, recula. Le chat revint manger, la surveillant. Et ce fut une bonne demi-heure de valse-
hésitation avant que le jeune Gribouille se laisse capurer sans finalement trop se défendre...
Il faut dire qu'il devait etre bien fatigué, affamé et frigorifié depuis le temps qu'il errait. Il apprécia bien vite
la chaleur de la maison de Cacao. Elle lui avait aménagé ses petits appartements dans la salle de bains
car il fallait à la fois parer aux tentatives d'évasion et aux rencontres avec son propre chat, Maurice-le-Jaloux !
Il s'agissait de rendre un chat en bon état , non un rescapé de bagarre...
La capture et l'installation de la bete avaient pris du temps. Il était près de minuit. Elle décida quand meme de
téléphoner au monsieur de Paris...
L'homme pleura de joie au téléphone ! Il demanda si Cacao pouvait garder Gribouille cinq jours de plus, le
temps qu'il puisse venir le chercher. Ce fut sportif et fertile en miaulements à travers les portes entre lui
et Maurice... Mais c'est une histoire qui a bien fini...
A PLUS TARD
DANS L'CAR......