30 juillet 2013
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Suite à l'article d'hier Promenade dans le Haut-Adour ( 1 )
quelques infos sur l'ADOUR.
L'Adour de Payolle à Trassouet (Hameau de Sainte-Marie-De-Campan)
L'Adour est un fleuve du bassin aquitain dans le sud-ouest de la France, classé site Natura 2000 . D'une longueur de 335 km, il prend sa source dans le massif pyrénéen du Pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées) et se jette dans l'océan Atlantique après Bayonne, à Tarnos (Landes) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour la rive gauche.
A Ste-Marie-De-Campan, l'Adour n'est encore qu'un torrent
En gascon, adour (terme ancien) signifie « source », « cours d'eau » et adourgà ou adorgar signifie « irriguer ». Le mot adur s'est spécialisé en basque dans le sens de 'destin', « onde magique » (sens présumé de « humeur »).
Adour, en basque Aturri, en latin Aturrus, est un nom de rivière pré-latin peut-être apparenté aux mots basque iturri « source » et languedocien teron « fontaine ». On lui doit les noms de rivières Eure (Atura), Aar (Arura), Arroux (Aturauos), Arve (Aturaua), Orne (Otorna), Ourcq (Aturicos) ou de ville espagnoles : Tarazona (< Turiasso; Aragon), Tossa de Mar (< Turissa; Catalogne), Túria (Aragon, Valence), etc. sans oublier Aire-sur-l'Adour (Atura, du nom au fleuve).
Au XIVe siècle, le chroniqueur Jean Froissart mentionnait l'Adour en ces termes « la belle rivière de Lisse qui court tout au milieu de Tarbes » .
L'hydronyme Adour apparaît sous les formes Aturus (Ier siècle, Lucain), ό Aτoύρις (IIe siècle, Ptolémée), Aturrus Tarbellicus et Atyr (IVe siècle pour ces deux formes, Ausone), Alpheanus et Aturris (vers 982[ pour ces formes, cartulaire de Saint-Sever), Ador et Audor (respectivement 1241 et 1319, rôles gascons).
L'Adour se forme dans la vallée de Campan en Haute-Bigorre de la réunion de trois torrents :
- l'Adour de Payolle, du massif de l'Arbizon (2 831 m),
- l'Adour de Gripp, du massif du pic du Midi de Bigorre (2 877 m)
- l'Adour de Lesponne, du massif de Lascours (2 488 m),
Ruines d'un vieux moulin avant le confluent de l'Adour de Payolle
et de Gripp
L'Adour s'écoule vers le nord sur près d'une centaine de kilomètres à travers les Hautes-Pyrénées jusqu'au département du Gers. Là, il s'oriente vers l'ouest, contournant le vignoble de Madiran, et rejoint le département des Landes où il sépare les coteaux prépyrénéens de Chalosse (au sud) des Landes de Gascogne (au nord).
Il est rejoint à Port-de-Lanne par les Gaves réunis, de débit supérieur, qui apportent les eaux du Lavedan, du Haut-Béarn et de Soule. Puis il se jette dans l'océan Atlantique entre les Pyrénées-Atlantiques (Anglet) et les Landes (Tarnos).
Autrefois, l'Adour se terminait par un delta correspondant au Maremne, autour de son estuaire principal de Capbreton. Son exutoire actuel dans l'Atlantique, à hauteur d'Anglet, lui a été donné en 1578.
L'Adour est un des rares fleuves européens à posséder encore des frayères à saumons (Salmo salar).
Dans un lointain passé géologique, l'Adour a creusé une profonde vallée, aujourd'hui sous-marine. À 35 km au large, l'entaille atteint 1 000 à 1 500 mètres de profondeur : c'est le Gouf de Capbreton, qui ne se résorbe dans la grande déclivité océanique qu'à 50 km de la côte.
L'Adour est navigable sur 75 km, sans écluse. C'est un cours d'eau de première catégorie (torrentiel) en amont de Maubourguet.
À l'époque glaciaire, l'Adour a creusé le Gouf de Capbreton, un fjord aujourd'hui sous-marin qui entaille profondément le plateau continental sur 50 km au large de l'ancienne rade de Capbreton (aujourd'hui le lac d'Hossegor et celui de Moïsan).
Grâce à des documents anciens, on peut suivre la course capricieuse imposée à l'Adour par les sables.
L'Adour a souvent changé d'embouchure. Il errait au gré de l'ensablement de son delta de Trossoat (devenu le Boucau nau 'nouvelle embouchure') au Plecq (devenu alors Port d'Albret et depuis le Boucau bielh ou Vieux-Boucau).
S'il s'écoulait encore à Capbreton au début de notre ère, en 910 une crue le dirige vers le nord par Soustons et Vieux-Boucau. En 1164 il perce la dune face à Bayonne puis retourne à Capbreton, qu'il délaisse en 1390 pour Port-d'Albret.
En 1562, la ville de Bayonne, alors en déclin, obtint de Charles IX de France qu'on lui donnât un accès direct à l'océan. C'est Louis de Foix qui, aidé par une crue providentielle de la Nive, fit réaliser la trouée vers l'océan dans laquelle le fleuve s'engouffra le 25 octobre 1578. À cette époque la branche bayonnaise de l'Adour remontait de Trossoat vers le nord pour rejoindre le Boudigau.
Malgré l'endiguement, l'ensablement de son estuaire crée un conflit de masses d'eau connu sous le nom de barre de l'Adour, qui rend délicat l'accès au port de Bayonne et impose un dragage régulier de la passe.