APRES L'AGRESSION . . . LES QUESTIONS . . .
La salle de musculation où s'entraîne notre héros.
Hélène, la compagne de l'employé du "Grand Bazar" était épouvantée.
Qu'était-il donc arrivé à son homme ? Elle l'envoya sous la douche, lui
suggérant de se rendre ensuite aux urgences pour faire examiner son nez,
une radio étant plus que nécessaire. Devant son refus obstiné et vraiment
incompréhensible, elle se décida à faire réchauffer le dîner... Manger le
réconforterait, on parlerait après.
Dans la tête d'Hélène, les idées s'entremêlaient. La police avait-elle été
prévenue ? Combien d'argent avait été volé ? Et l'agresseur ? Ou plutôt
les agresseurs, songea-t-elle...depuis qu'il avait repris la musculation, son
homme, déjà fort, était devenu si costaud... Pour qu'on l'ait mis dans un
tel état, il avait fallu au moins deux ou trois malfrats. Etaient-ils armés ?
Un frisson la parcourut... Revolver ? Couteau ?
Mon Dieu ! Et les petites ! Laquelle des deux était restée "faire la caisse"
ce soir-là ? Vanessa 1 ou Vanessa 2 ? Avait-elle été blessée ? Ou pire
encore ? Comme il lui tardait de savoir !
Mais son homme mangeait en silence, les yeux dans le vague. A l'évidence
il avait été secoué, le soutien d'une cellule psychologique ne serait pas de
trop. Elle ne l'avait jamais vu aussi "à l'ouest", même si depuis quelque
temps elle le trouvait "absent". Le surmenage sans doute.
Le repas s'acheva sur un bon café, et malgré les questions d'Hélène, il ne
décrochait pas un mot... Il finit par condescendre à lui dire que, ce soir,
c'était "La Chouineuse" qui était de corvée de caisse. Elle eut honte de
s'en sentir soulagée, oubliant presque de demander si "La Revêche" avait
été blessée... La réponse fut NON. Hélène constata avec horreur qu'elle le
regrettait presque. Pourquoi de si mauvaises pensées ? Cette fille n'était
pas agréable, mais tout de même...
Enfin, l'employé déclara que, NON, rien n'avait été volé, puisque le
magasin était déjà FERME. Il s'était fait agresser sur le PARKING, juste
avant de monter dans son coupé.
Oui, c'était un homme. Petit, mais TRAPU, qui en voulait bien sûr à son
portefeuille.
Il avait fini par avoir le DESSUS et à le mettre en FUITE.
Le voyou était donc à pied ? OUI.
Il fallait immédiatemment se rendre à la police, porter plainte, donner un
signalement. Pourquoi ne pas l'avoir poursuivi en voiture ? Pourquoi ne
pas être allé directement à la gendarmerie ???
PARCE QUE. Parce qu'elle disait N'IMPORTE QUOI ! (Là, elle réalisa
qu'il parlait peu, mais très fort depuis un moment, comme fâché après elle...
Pourquoi donc ? Le choc, bien sûr. Il fallait qu'il évacue...)
NON, il ne déposerait pas plainte. NON et NON. Elle n'y connaissait RIEN.
Les gendarmes ne peuvent RIEN faire dans ces-cas là, tout le monde, sauf
ELLE, le sait. C'est une PERTE DE TEMPS et UNE INEPTIE. D'ailleurs il
préferait aller SE COUCHER... plutôt que de l'écouter raconter... DES
INEPTIES... SANS QUEUE NI TÊTE...
Hélène était abasourdie. C'était la première fois en plus de trente ans qu'il
lui parlait sur ce ton. Elle mit longtemps à le rejoindre dans leur chambre.
Lorsqu'elle se décida enfin à aller dormir, le crâne débordant de questions
sans réponse, il ronflait lourdement, plus fort encore que d'habitude.
Elle ne ferma pas l'oeil de la nuit.
Le lendemain, elle décida de téléphoner à "La Chouineuse" pour savoir si
elle avait vu quelque chose. Il lui avait bien dit que NON, qu'elle était déjà
PARTIE, mais on ne savait jamais...
"La Chouineuse" sembla dérangée par son coup de fil et, étonnament, finit
par répondre que OUI, elle avait vu quelque chose. Un homme plutôt grand
et mince, qui s'était enfui dans un 4/4 noir... Après coup, Hélène ne se
souvint plus exactement si c'était l'homme, ou le véhicule, qui était noir.
Les explications de "La Chouineuse" étaient assez embrouillées. Elle aussi
avait dû être choquée. Hélène s'en voulut un peu de l'avoir appelée, mais
se dit que son témoignage pourrait être utile. Car, elle l'espérait, son
homme n'en resterait pas là, reviendrait à la raison, et demanderait
justice.
Ce qui la laissait perplexe, c'était la différence entre les deux versions.
Bon, l'homme avait sans doute garé son 4/4 plus loin, son mari ne l'avait
pas vu. Mais où se trouvait donc alors "La Revêche" pour avoir à la fois
vu toute la scène de bagarre, et la fuite en voiture de l'agresseur ?
Elle devait venir de quitter le parking... Mais alors, elle aurait vu le drame
dans son rétroviseur ???
Aucun des deux n'avait précisé non plus si elle était revenue ensuite porter
assistance à son collègue... Pourquoi, elle, n'avait-elle pas appelé les
secours ? Parce qu'il lui avait demandé de n'en rien faire, évidemment ! Vu
"QUE CELA NE SERVAIT A RIEN, QUE LA POLICE AVAIT D'AUTRES
PRIORITES QUE DE S'OCCUPER DE PETITES AFFAIRES DE CE GENRE
QUI ARRIVAIENT TOUS LES JOURS ET MÊME DIX FOIS PAR JOUR !"
IL le lui avait assez seriné la veille au soir, il avait dû dire la même
chose à "LA REVÊCHE". Hélène espéra juste qu'il l'avait fait sur un autre
ton... Oui. Sûrement... Son homme n'était pas fou. Il savait ce qu'étaient
politesse et considération envers une collègue, femme de surcroît...même
si "La Chouineuse" semblait un peu "hommasse" dans son allure générale.
Elle fut sûre, soudain, que la dame, de toute façon, ne se serait pas
laissé "corner" dans les oreilles sans protester vertement !
C'était une maîtresse-femme après tout . . .
A SUIVRE . . .

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