3 août 2011
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Cacao, dit Prunie L'Aventurière, t'ai-je déjà raconté
l'histoire de cette vieille dame chez qui j'ai travaillé ? A laquelle il arrivait
sans cesse des aventures fâcheuses ? Sans qu'elle comprenne pourquoi, le sort
s'acharnait. Elle se tirait d'affaire, et hop ! toujours, ça recommençait . . .
Lorsqu'elle était jeune, tout allait pour le mieux. Il n'y avait pas de signes que
la poisse allait frapper. Pas encore.
Elle choisit le métier d'infirmière et tomba amoureuse d'un jeune homme. Il se
maria avec une autre, mais, bon, ça arrive... Pour l'oublier, elle partit au Pakistan
soigner des enfants et tout alla bien. Elle ne pensait plus à ce garçon, donnait de
bonnes nouvelles à sa famille et se sentait utile. Jusqu'au jour où, peut-être parce
qu'elle était restée trop longtemps au soleil, elle eut une hémorragie méningée.
Rapatriée d'urgence, elle resta longtemps entre la vie et la mort. On la sauva.
Elle reprit son métier d'infirmière ici, car ses parents lui firent promettre de ne
plus jamais leur faire des frayeurs pareilles en s'en allant si loin. Le temps passa.
Elle vivait chez eux, semblant décidée à rester vieille fille. A l'hôpital, elle faisait
les nuits. Un été où ils passaient leurs vacances à la campagne, elle décida de les
rejoindre pour le week-end, après une nuit de travail.
Dans la dernière ligne droite, elle s'endormit au volant, et s'enroula autour du
dernier platane.
Elle entendit les pompiers dire qu'elle était morte. Ils mirent un temps infini à la
désincarcérer, parlant de couper sa jambe pour y parvenir... bref elle passa un
mauvais "quart d'heure" dans cette fichue voiture... et de longs mois avant de
remarcher. Fractures mutiples. La jambe pas amputée certes, mais bien amochée.
Plus courte que l'autre de quelques centimètres. Ses parents lui firent promettre
de ne plus jamais travailler de nuit. Ce ne fut pas difficile. Comme elle marchait
trop mal pour continuer à exercer son métier, elle apprit celui de laborantine.
Toujours vieille fille, elle ne sortait guère, et se plaisait chez eux. La vie reprit son
cours tranquille... pas pour longtemps...
Car en manipulant des échantillons dans son laboratoire, bien que vaccinée, elle
attrappa la tuberculose. Elle se sentait très fatiguée, mais n'en tenait pas compte,
l'imputant aux suites de son accident.
Comme le diagnostic fut tardif, elle fut bien malade, passa plusieurs mois en
sanatorium dans les Alpes, et finit par se remonter.
Elle reprit son travail au labo, et ses parents lui firent promettre de ne plus jamais
manipuler des flacons dangereux. Là, elle fit juste semblant de promettre, car on
ne peut pas savoir, n'est-ce pas...
De toute façon, il moururent très vite, à quelques mois d'intervalle.
Son père s'étouffa avec une arête de poisson, un rare soir ou elle n'était pas là.
Sa mère reçut un lustre sur la tête lors d'un repas de famille, et décéda au bout
de quelques jours. Elle avait le cerveau en bouillie, il valait mieux la débrancher.
La vie reprit son cours, dans la grande maison un peu vide.
Quelques mois plus tard, en sortant du laboratoire, la dame alla faire ses courses
dans un hypermarché. . .
A Suivre . . .

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