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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 23:00
 
     
 
  Puisque vous semblez avoir aimé "le Papi" et sa gouaille jeudi (20/10/11)
 
  je republie cette histoire, écrite l'hiver dernier, et dont il est le personnage
 
  central . . . Un jour, peut-être en lirez vous une autre, car le joyeux drille,
 
  mort dans son lit à 95 ans, nous en a racontées plus d'une . . .
 
  Pour l'heure, il s'agit de la guerre de 14/18, et de l'image que s'en faisaient
 
  à l'époque deux petites filles à travers ses récits . . .                    
 
 
   
 
 
4080726635_75ea2d0742.jpg
 
 
 
 
 
       
 
 
 
 
            Quand Cacao était petite, elle eut d'abord une petite soeur. Elle en fut
 
bien contente, et la petite soeur semblait également fort satisfaite d'avoir une
 
grande soeur. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
 
Ni l'une, ni l'autre n'en connaissait d'autre, de toute façon...
 
 En ce temps-là, le leur était aussi petit qu'elles. Il se composait de papa, maman,
 
papi et mamie.  
 
Plus tard, après qu'on leur eut promis deux petits frères, elles eurent deux jolies
 
petites soeurs, qui furent appelées "Les Petites"...  Et c'est là qu'elles devinrent
 
"Les Grandes", même si elles étaient encore très petites. Quelle histoire étrange
 
et compliquée ...
  
Mais pour celle-ci, elles n'étaient encore que deux. Et la petite soeur n'était
 
qu'un " grand bébé", même si elle marchait déjà et avait quelques bonnes dents.
      
            Le matin, vers neuf heures, le papi descendait de son atelier et venait       
 
casser  la  croûte à la maison.
 
Cela arrangeait bien maman. Pendant qu'il gardait les filles, elle allait à l'épicerie,
 
et  "au pain".
  
Le casse-croûte du papi était presque toujours le même : du pain et du saucisson,
 
avec, bien sûr, un petit verre de vin.
 
Quelquefois, cependant, il mangeait du fromage.
  
Cacao n'aimait pas le fromage, et ne tenait pas au saucisson. Le papi lui faisait
 
des tartines de pain beurré, tandis que la petite soeur, déjà grimpée sur ses
 
genoux, s'empifrait de morceaux de saucisson, qu'il lui coupait bien petit.
 
Chaque jour, il lui demandait : "T'aimes mieux Papi ou l'saucisson ?"
 
Et chaque jour, elle répondait : "Le saucisson."
 
Cela faisait bien rire le Papi et Cacao, qui guettaient ensemble cette réponse.
 
Le papi racontait des histoires merveilleuses, que les petites ne se lassaient
 
pas d'écouter.
 
La plupart concernait " La guerre". Il les avait depuis longtemps informées qu'il
 
s'agissait de "La Grande". Cacao la trouvait bien intéressante, et supposait que
 
quand il en aurait fini, ce dont elle n'était pas pressée, il leur parlerait de la, ou
 
des petites guerres. Et que ce serait mieux que rien.
 
Le papi racontait très bien. Il en oubliait de couper le saucisson en petits bouts,
 
et la petite soeur manquait souvent  de s'étouffer en avalant des rondelles entières.
 
Dans ces cas-là, elle devenait très rouge, émettait de drôles de bruits qui
 
alertaient papi.
 
Il était obligé de s'interrompre pour lui donner de grandes claques dans le dos
 
et la secouer un peu. Et de se lever pour leur servir de la grenadine. Il lui disait
 
"Bois donc un p'tit coup, ça f'ra descendre". Cacao buvait aussi, même si elle
 
n'aimait pas trop la grenadine. Elle préférait l'anthésite, dont papa leur mettait
 
quelques gouttes dans l'eau, seulement l'été . . . parce que c'était très
     
rafraîchissant . . .
  
En se levant pour servir la grenadine, le papi regardait vite par la fenêtre si
 
maman n'arrivait pas. Cacao pensait que c'était parce que la petite soeur était
 
encore très rouge.
 
Heureusement, il se rasseyait et continuait son histoire !
 
En général, des soldats montaient au front et d'autres en descendaient.
 
Cacao ne savait pas trop ce qu'était le front. Elle supposait, le front qu'elle
 
connaissait se trouvant en haut du visage, que celui dont parlait le papi devait
 
être du même genre, quoique plus grand, afin que beaucoup de soldats  puissent
 
y monter et en redescendre. Ce devait être une sorte de très haute montagne,
 
avec une pente vertigineuse, qui expliquait pourquoi l'histoire était si longue.
   
Ce que faisaient ceux qui arrivaient en bas, Cacao le savait : Ils s'en payaient
 
une bonne tranche, parce qu'ils étaient en permission.
  
Ce que faisaient les autres, une fois arrivés en haut, le papi n'en parlait pas.
 
Cacao avait pensé à le lui demander, mais il était si bien lancé qu'elle avait
 
préféré attendre un moment plus opportun. Le lendemain peut-être, quand la
 
petite soeur s'étoufferai et qu'il serait obligé de s'interrompre pour aller chercher 
   
la grenadine.
 
Elle n'avait pas hâte que maman revienne, même si elle était un peu ennuyée que
 
la petite soeur, après sa grenadine, ait déjà presque fini le verre du papi. Ca ne
 
l'éttouffait pas, elle était seulement de nouveau très rouge. Du coup, elle avait
 
arrêté d'avaler du saucisson, et semblait somnoler dans les bras de papi, qui la
 
berçait.
 
Cacao se dit que c'était tant mieux, que ce midi maman ne dirait pas, la voix un
 
peu inquiète : "Je ne comprends pas, cette petite n'a pas d'appétit, elle picore."
 
Et le papi ne répondrait pas :
 
"T'en fais don' pas, tu vois bien qu'elle profit' quand même ! Elle mange à sa faim,
 
c'est tout !"
 
Ce jour-là, le papi faisait partie des soldats qui montaient au front. Il disait :
 
"Voyez-vous, y f'sait tell'ment froid qu'même en marchant, on avait les pieds
 
 g'lés ! Et les vieux poilus qu'on croisait, qui descendaient du front d'l'Est, et ben
 
 y z'avaient des glaçons aux moustaches ! " 
 
Cacao n'en croyait pas ses oreilles !  Ce devait être bien joli des glaçons aux
 
moustaches ! Encore plus que des rubans dans les cheveux ! 
 
Elle comprenait qu'ils ne fondent pas. Papi avait dit qu'il faisait très froid.
 
Mais comment faisaient-ils, ces soldats, se demandait-elle, pour  attacher les
 
glaçons à leurs moustaches ?
 
Bah ! Ils avaient dû trouver une solution . . .
 
C'est si fort des soldats !
 
... Et puis maman rentrait et, invariablement, disait : " Mais arrêtez donc papi de
 
leur parler de  la guerre, vous allez les faire rêver ! "
 
Cacao ne comprenait pas maman. Elle savait que pour elle, "rêver" signifiait faire
 
de mauvais rêves. Comment pouvait-elle penser que les petites auraient peur
 
d'une chose aussi merveilleuse : Des glaçons aux moustaches !
 
 
 
 
       
 
                                   A          LUNDI   . . .
 
 
 
 
 
                                                                           DANS          L'TAXI   . . .
 
      
                                                                                                          (d'la Marne)
 
                                                                                                
                                                ( Ou  à demain pour un nouvel article . . .)
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commentaires

M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mon pépé ne m’a lui jamais raconté sa Grande Guerre. Il n’en est pas revenu. Je ne sais presque rien de<br /> lui sauf qu’il repose avec des centaines de milliers de soldats à Verdun qui est à une soixantaine de km de Metz. Il a été tué en mars 1917. Ton histoire m’a donné l’impression d’être revenu dans<br /> une enfance que je n’ai jamais eu car je n’y avais qu’une seule grand-mère, sa femme et qu’elle ne nous racontait presque rien. J’aime ton histoire si intime en même temps que familière car j’ai<br /> beaucoup lu sur vie sur le front entre 14 et 18. @micalement, Marc de Metz. Bonne soirée.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Marc de ce commentaire bien sympa. Toutes mes amitiés. Bonne soirée et courage pour la semaine à venir. A bientôt chez toi !<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Bonjour Cacao<br /> <br /> <br /> Je me suis régalée à te lire.... j'ai eu l'impression d'être avec ton papi entrain de raconter ces souvenirs de guerre....  tu as su retranscrire avec justesse l'interprêtation que nous<br /> pouvons nous en faire lorsque nous sommes des enfants..... c'est très beau.... Merci pour ce très beau partage<br /> <br /> <br /> Je te souhaite un très bon dimanche<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> Chronique<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Chronique. Ravie que cette histoire t'ait plue. A bientôt ! Bisous.<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Tu sais nous faire passer de bons moments de lecture ! bravo Cacao ! Bonne journée<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> Merci Patty ! Bonne journée à toi aussi ! Et merci pour les blagues !<br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Histoire émouvante d'un grand pere,qui mit tant de temps a venir au monde pour y passer un tres long moment.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Tu es toujours pertinent dans tes commentaires, cher Didier ! Merci beaucoup ! Bon W.E. Amitiés sincères.<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> <br />  coucou bonjour cacao,<br /> <br /> <br />  j'ai lue ce premier chapitre avec un grand plaisir une parenthèse de sérénité dans un monde où nous vivons à un rythme effréné mais la vieillesse est une page de la vie dans laquelle se<br /> font présent les souvenirs des histoires raconté dans notre enfance autour d'un bon feu de cheminée par nos aieux et leurs ancêtres !!!!  hâte de lire la suite   j'aime te lire<br /> cacao merci avec ma plus sincère amitié monette<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci beaucoup Monette ! Ce que tu me dis me touche. J'aime aussi venir chez toi. Je vais mettre ton lien en blog ami. Gros bisous pour une douce nuit ! <br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> J'ai savouré d'un bout à l'autre ton histoire. Comment ne pas aimer les relations de ce papi avec ses deux petites filles! L'imagination de la petite sur les épisodes de la grande guerre est<br /> délicieuse...ah, conserver ses rêves d'enfant !  Bon WE  Bises  Le Chaton<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci mon cher chaton. Tu me fais plaisir, et j'en ai bien besoin en ce moment. Douce nuit à vous 3. N'oubliez pas de vous réveiller demain matin à 10h ! Bisous.<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> <br /> belle histoire de cette moustache bonne journée bisous evy<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Evy ! Gros bisous. Bon W.E. !<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> cacao je viens de passer un bien agréable moment....ah! ce grand pére é bé figure toi que j'ai vu le lien pas avec des glaçons mais la moustache givrée....un souvenir trés chére<br /> inoubliable...bref....j'ai adoré ton histoire du papi saucisson...ptdr....é oui enfants on aime écoiuter les histoires de guerr du grand pére ..;j'ai fais pareil....des moments ancrés dans la<br /> mémoire et là tu me rappelle cela , c'est magique...merci de ce doux moment.....gros bisous...repose toi<br /> amicalement à toi<br /> claude<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci mon cher Claude ! Vais essayer une petite sieste, puis aller promener mes chiennes, car il fait frais, mais beau. Beaucoup de soucis en ce moment, mais tu sais ce que c'est...Très gros<br /> bisous.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> bonjour et bravo Cacao pour cette belle histoire - si bien écrite - on est suspendu aux mots-<br /> on s'y croit vraiment !! c'est super-<br /> bon samedi  bisous   Lady M<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci de tout coeur, Lady M. ! Passe une bonne après-midi de samedi ! A bientôt ! Bisous.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> <br /> Merci cacao pour cette belle histoire de vie.<br /> <br /> <br /> Tu me fais penser à lundi soir, nous avons rendu visite à belle-maman (91 ans) qui avait envie de parler de la dernière guerre et des "souffrances" vécues pendant l'occupation, les souvenirs<br /> "remontaient" et nous n'osions pas l'interrompre tellement c'était émouvant!<br /> <br /> <br /> Bon w-end et gros bisous, Mireille<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci chère Mireille...Emouvante ta visite chez ta belle maman...Gros bisous pour un bon samedi !<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Une bien belle histoire d'enfance. Nous en avons tous mais nous ne prenons pas, comme toi, le temps de les raconter. C'est bien fait pour nous : nous n'avons pas le plaisir de les revivre.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci de tout coeur, Serge ! J'ai republié cette histoire avant le 11 Nov, ne voulant pas la mettre à cette date, car elle me semblait un peu trop "gaie" au moment de la commémoration de la<br /> "Grande Boucherie". Elle aurait pu blesser certains. Grosses bises à Régine et toi pour votre W.E. !<br /> <br /> <br /> <br />