CACAO S'EXCUSE AUPRES DE SES LECTEURS DE NE PAS REPONDRE RAPIDEMENT
A LEURS COMMENTAIRES, ET DE N'ECRIRE QUE PEU D'ARTICLES, EN RAISON D'UNE
PANNE D'ORDINATEUR. ELLE REMERCIE LES AMIS QUI LUI PERMETTENT D'UTILISER
LE LEUR ET ENVOIE SES AMITIES A TOUT LE MONDE.
Prunie L'Aventurière avançait bravement à travers champs.
Pas aussi vite qu'elle l'aurait souhaité, ses bottes en caoutchouc, dans la terre spongieuse,
la ralentissant un peu.
Grâce au magnifique plan du pépé, elle finit par apercevoir une maison. Elle avait juste raté
une petite route, omise par lui sur le plan, et s'était retrouvée trop bas, sur le chemin de la
rivière. Soulagée, dès qu'elle fut à pied sec, elle retira ses bottes, remit ses chaussures, son
plus beau sourire, et prépara son excuse.
Ce travail à peine accompli, elle vit se diriger vers elle un très gros chien, genre bouvier,
excessivement beau et pas du tout menaçant. Il la conduisit vers un atelier, où elle trouva un
monsieur...( Onésime Petit ? ) occupé à casser des noix. (C'était l'occupation principale des
petits retraités dans la région, de l'automne à la fin du printemps. Ils amélioraient un peu
l'ordinaire en transformant la récolte en cerneaux, qui se vendaient beaucoup plus cher
que les noix entières).
Le monsieur n'était vraiment pas vieux, et l'accueillit très gentiment.
-- Vous avez un beau chien lui dit-elle.
-- Ah ! Que Oui ! Et très intelligent . Il s'appelle Oscar, et regardez, il est gros comme un
petit veau !
L'homme s'était levé, et P.L'A. remarqua sa petite taille, en accord il est vrai avec son
patronyme. Il ne dépassait en fait la hauteur de son chien que de la demie-poitrine et la tête.
-- Je suis bien chez Mme Henriette Petit ? Je viens pour le ménage de la part de l'association.
-- Oui, oui, oui, elle va être bien contente de vous voir. Elle vient de se faire opérer, et comme
elle n'est pas encore bien solide sur ses jambes, la mutuelle lui a donné ces heures pour l'aider.
Vous aurez de quoi faire, avec le chien, en ce moment, comme c'est humide ... j'ai beau lui
essuyer les pattes ... il salit toujours un peu ... mais il est tellement gentil ...
Henriette Petit, qu'il appelait bien entendu Paulette, était encore plus jeune que son mari, fort
avenante, et d'environ la même taille que lui.
Elle ne sembla pas se formaliser du retard de P.L'.A, d'autant qu'Onésime venait de lui indiquer
qu'elle était venue à pied. Après avoir donné ses instructions pour le travail, elle retourna dans
sa chambre. Elle marchait encore mal, s'étant cassé tibia et péroné, dans une mauvaise chute,
en allant appeler son mari, qui promenait Oscar au bord de la rivière.
-- Vous comprenez, c'est boueux, dit-elle à P.L'.A., et malheureusement j'ai atterri sur un rocher.
Quand il ne casse pas des noix, mon mari passe son temps avec le chien au bord de la rivière,
à embêter les pêcheurs.
Ils disent qu'il fait fuir le poisson en parlant trop fort. Le chien s'amuse bien aussi, et tous les
deux, ils ne reviennent guère propres !
P.L'.A. se dépêcha de faire au mieux son travail. Pour pouvoir ensuite oser demander la
permission de téléphoner, n'ayant pas de portable. Elle comptait appeler un ami, suceptible de
pousser sa voiture, mais de cela, elle ne dit rien à Henriette et Onésime.
Le cher homme venait d'ailleurs d'annoncer qu'il allait jusqu'à la rivière faire faire un petit tour
à Oscar.
-- Tache d'être à l'heure pour dîner, répondit Henriette-Paulette. Sinon, je te préviens, moi,
je mange ! Tu te débrouilleras avec ton chien !
-- Ah! Ah ! C'est parce qu'avec Madame il faut manger en vitesse ! Après elle s'amuse avec
son ordinateur !
... Le fils lui a offert ça pour qu'elle ne s'ennuie pas pendant sa rééducation, et depuis,
c'est la croix et la bannière ! Tiens ! J'aime mieux me taire et aller à la rivière ...
Oscar ! Où es-tu mon Oscar ? Viens vite ! On va à la rivière.
Oscar ne se fit pas prier. Prunie resta avec Henriette-Paulette, qui, satisfaite du travail
accompli, lui offrit un café. Elle osa alors parler de son coup de fil. Henriette accepta avec
empressement, très fière d'ajouter qu'avec Internet ça ne coûtait rien. Mais que
malheureusement elle ne savait pas aller sur le Net avec son ordinateur, n'ayant pas encore
réussi à comprendre les explications laissées par son fils.
Et, comme il y a un Bon Dieu pour les pauvres gens, Prunie téléphona, puis passa
agréablement le temps en apprenant à Paulette à se débrouiller avec Internet, jusqu'à l'heure
fixée par l'ami pour le désembourbage.
-- Quand vous reviendrez, ne dites pas à mon mari que c'est vous qui m'avez appris. Je lui
dirai ce soir que j'y suis arrivée toute seule ! Il sera bien attrapé, lui qui se moque tant de moi
et de mes "foutaises".
A partir de ce jour, tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes entre Onésime,
Henriette, Oscar et P.L'.A. On se débarrassait bien vite du ménage, puis on passait aux leçons,
auxquelles Onésime assistait volontiers, entre deux séances de cassage de noix.
Henriette-Paulette avait même raconté, en son absence, qu'il veillait fort tard pour "surfer", et
ne s'en vantait pas.
Mais Onésime ne devint jamais un vrai cyber-dépendant. Préférant, et de loin, continuer à
casser ses noix, bien tranquille dans son atelier.
Et le reste du temps, tout le reste du temps, se promener vers la rivière, par temps sec ou
boueux, pour embêter les pêcheurs en parlant un peu fort.
On raconte aussi que l'été, près du Camping " Verte Rive ", il aime bien regarder les baigneuses
patauger dans l'eau. Surtout si elles sont jeunes, ce qui n'étonnera personne...
En tout cas pas son chien, Oscar, gros comme un petit veau.
F I N .
A LA SEMAINE PROCHAINE . . .
DANS MON CAMION - BENNE . . .
( merci Christiane pour cette trouvaille ! )
