Son épitaphe me plaît bien...
« Il portait sur sa lourde épaule
Sa destinée comme un oiseau
Maintenant il dort sous les saules
En écoutant le bruit des eaux. »
Telle est rédigée, de sa main, l’épitaphe qui a été gravée sur la tombe de Maurice Fombeure à
Bonneuil-Matours. Décédé le 1er janvier 1981, il était né le dimanche 23 septembre 1906, à
Jardres (Vienne), à La Rue, un hameau de deux feux, où tous les habitants étaient parents et
alliés entre eux.
Voici, choisis pour vous, deux de ses nombreux poèmes.
PLUIE DU SOIR
Le grand-père est à la fenêtre
Assis sur les genoux du chat
Les oies jouent de la trompette
L'araignée compte sur ses doigts...
... Des souris bleues devant le feu
Et des rats gris dans les prés verts
S'arrêtent au bord de l'espace,
A la lucarne des greniers;La pluie barbouille leurs mostaches...
Maurice Fombeure (D'amour et d'aventure)
MAISON
Maison, ô ma maison, bucolique de roses,
Tes briques de rubis et tes longs ciels mouillés,
Nous avons tant rêvé sous tes métamorphoses,
Sous la pluie, sous les cris des girouettes rouillées.
Tant rêvé dans le vide immense des greniers.
Nous te retrouverons peut-être dans le ciel
Avec notre chat noir, avec notre chat gris,
Avec quatre souris effarées au soleil,
Avec notre grand-père endormi sur le feu,
Avec notre grand-mère alerte dans ses veilles,
Maison, ô ma maison roulée dans le vent bleu,
Les écluses du vent coulent sur ton sommeil.
Tu dormais près du calme immense des forêts,
Moi dans mon petit lit, je rêvais sous tes ailes,
Ou parfois j'écoutais les crapauds qui chantaient,
Puis, ivre de douceur, le sommeil m'emportait,
Et je sentais mourir leur musique immortelle.