10 juillet 2011
7
10
/07
/juillet
/2011
19:44
Photo Thibaud Mischler
Il fallait se rendre à l'évidence ... le sac d'April avait bel et bien
disparu, emporté par un ninja volant et invisible. Pour payer les consommations,
l'ami Leonardo, d'abord parti pour être invité, mit la main à la poche. Il y trouva
quelques sous qui les tirèrent momentanément d'affaire.
Bon, que faire maintenant ? Plus de clefs de voiture, plus de ticket de parking,
plus de papiers, ni de portables, pour Donatello et April, plus de cartes bleues ...
Il faut aller au commissariat, dit Leonardo, porter plainte. Et immédiatement
faire opposition pour vos cartes bleues. Appeler les opérateurs de téléphonie
aussi. Ne perdez pas de temps !
Douce April et Donatello chéri ne réagissaient pas, l'étendue du problème
paralysait momentanément leurs cerveaux.
La Guardia Civile ... Donatello n'y tenait pas vraiment ... Et comment récupérer
la voiture, prouver qu'elle était à lui ?
-- Tiens, dit Leonardo, prends mon portable, tu as bien un double des clefs chez
toi ! Appelle quelqu'un, qu'il te les apporte, on n'est qu'à 30 km Bayonne après
tout.
Donatello secoua la tête. De double de clefs, il n'en avait jamais eu.
De sa grand-mère, il avait hérité la petite Micra, mais d'autres clefs, on n'en avait
jamais retrouvées. Oui, il avait eu l'idée d'en faire faire, il y a quelques années ... L'idée
seulement ... La mort dans l'âme, ils se dirigèrent vers la Guardia Civile.
On les reçut mieux qu'ils ne l'espéraient. Leonardo avait des papiers, et tous trois
parlaient assez bien espagnol. Plainte fut déposée, puis on alla voir le gardien du
parking, qui promit de garder un oeil sur la voiture. Le voleur avait les clefs, cela
"travaillait" Donatello ! Une si belle petite voiture ! Dans les mains d'un ninja cruel et fou !
Leonardo, décidemment content du voyage, paya d'avance une autre journée de parking.
Il se faisait tard, on était bien fatigué, les cafés fermaient leurs portes. Il fallait atendre.
Délicieuse April avait appelé ses parents, tranquillement endormis au fond du Pays Basque.
Puisque Donatello n'en avait pas. Il avait quand même, par solidarité avec elle, réveillé son
oncle et sa tante. Bien trop loin pour arriver vite, mais qui l'assurèrent de leur tendresse ...
Douce April fut bien aise de serrer ses parents dans ses bras. Donatello chéri, ils le connaissaient
déjà. On leur présenta le charmant Leonardo. Et tout ce petit monde reprit le chemin de la bonne
ville de Bayonne.
Tout à coup, Adorable April s'exclama, la voix nouée d'angoisse :
-- Mais Donatello mon amour, comment allons-nous rentrer chez nous ? Les clefs de l'appartement
sont dans la voiture ! Et si ce ninja l'a volée, il connaît notre adresse, puisqu'il a nos papiers !
Il est peut-être déja chez nous ! C'est horrible !
-- Pas de problèmes, dit le papa d'April, vous venez tous trois dormir à la maison, on avisera
demain.
Mais, alors que Leonardo, dans l'obscurité de la voiture, écarquillait les yeux d'incrédulité, se
sentant à moitié "kidnappé", Donatello, d'un geste fier, mit la main dans sa poche. En sortit un
petit trousseau brillant, comme ses yeux . . . et déclara :
-- Non, ma douce et tendre April, voici les clefs ! C'est la seule chose que j'avais gardée dans ma
poche ! Je n'aime pas laisser les clefs de la maison dans la voiture. Tu sais que je suis très prudent.
... Les trois amis dormirent donc dans la bonne ville de Bayonne. Donatello qualifia San Sebastian
de "Ville Du Vice". Leonardo, dans un dernier bâillement, lui objecta qu'il confondait sans doute
avec Miami ...
La voiture, il fallut la faire remorquer. Comme c'était le week-end, la petite virée en Espagne coûta
relativement bonbon aux deux étudiants. Des clefs furent refaites.
Et, malgré cette aventure, Douce April et Donatello chéri continuèrent à couler des jours heureux
dans leur petit nid d'amour. Avec, parfois, pas rancuniers, quelques escapades en Espagne.
. . . Aucun guerrier ninja cruel et fou ne les attendit jamais chez eux à leur retour. On ne retrouva
jamais le sac à main de délicieuse April, pas plus que son contenu.
On ne sait si Leonardo revint souvent les voir, ni s'il les accompagna les jours où ils passaient
la frontière.
A P L U S T A R D . . .
D A N S U N A U T R E B A R . . .
Pour écouter l'album de Winter Snow . . . link