Qu'en était-il du sort d'Emilienne ?
Prunie s'approcha, les jambes semblaient bouger. Elle souleva délicatement
le hayon. On entendait une sorte de gargouillis. Retenant la porte d'une main,
P.L.'A. tira le corps de l'autre jusqu'à ce que les pieds touchent terre. Puis elle
saisit le col de l'imperméable, et au prix d'un gros effort, reverticalisa la pauvre
femme. Son chapeau mouillé, descendu sur son visage, lui faisait un masque.
Emilienne l'arracha et, très essoufflée, déclara :
-- Heureusement que vous me dégagez. Avec mon chapeau sur la figure, je ne
pouvais plus respirer. Je vous ai entendu parler, mais je ne pouvais pas vous
répondre ! Allez, n'en parlons plus, on va charger ces noix !"
-- Vous allez bien, Emilienne ? demanda Prunie, encore toute tremblante.
-- Oh ! Moi je vais très bien ! Ce qui m'ennuie, c'est pour votre voiture ...
Elle ne s'en inquiéta pas longtemps. A peine arrivée à la ferme, elle solutionna
le problème en donnant à Prunie un piquet de bois bien solide.
-- Gardez-le ! Vous pourrez caler. Comme ça demain on chargera facilement.
Pas le moins du monde affectée par l'incident, elle repartait déjà continuer
sa journée.
Et Prunie comprit que le lendemain, lorsqu'elle la prendrait sur la route,
Emilienne n'aurait même pas les fesses endolories.
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