28 juin 2013
5
28
/06
/juin
/2013
09:46
Si vous avez manqué le début :
Lorsqu'elle quitta le périphérique, il la suivit. Plus question
de maquillage. Elle allait vite. Trop vite. Mais il s'accrocha. Assez
longtemps, elle roula, bifurquant deci-delà. Il avait du mal à la garder
en point de mire. Des voitures s'intercalaient souvent. Elle se dirigeait
vers un quartier résidentiel. Ce fut plus facile, la circulation diminuant.
Gardant ses distances, il la vit se garer devant une maison. On devait
l'attendre pour déjeuner. La dépassant sans lui jeter un regard, il se
demanda ce qu'il faisait là. Et ce que ça pouvait bien lui faire de savoir
où mangeait la fille.
Retournant vers la ville, il l'avait déjà presque oubliée.
Et voilà que, soudain, enfer et damnation, il aperçut sa voiture devant lui.
Impossible, se dit-il, c'est juste le même modèle.
Mais, la rejoignant au feu, il reconnut le numéro. Et vit qu'au volant,
c'était la même fille. Elle avait fait vite. Par un chemin plus court sans
doute. N'avait-elle trouvé personne dans la maison ?
Après tout, peut-être ne l'attendait-on pas . . . Il était évident de toute
façon qu'elle était cinglée . . .
Il s'apprêtait à abandonner la poursuite, lorsqu'elle clignota. Pour se
diriger vers une large place, couverte de parkings.
Juste pour voir, il en fit plusieurs tours. L'endroit, il le connaissait.
De part et d'autre, deux belles fontaines couvertes de sculptures, une
petite et une grande, apportaient une note de fraîcheur, et ramenaient
vers une époque plus douce, où l'on prenait le temps de vivre.
L'étrange fille se gara. Descendit de voiture, et se dirigea à pas lents,
le regard dans le vide, vers la plus haute des deux fontaines. Devant
laquelle elle s'arrêta. A cette distance, c'est à peine s'il distinguait
son visage. Il eut seulement l'impression qu'elle avait l'air triste.
Se demandant pour quelle raison il tournait en rond autour de la place,
il partit vaquer à ses occupations.
S'agissait maintenant de profiter de sa journée de congé !
Assez perdu de temps. Déjà 13 heures ! Il fallait vite choisir la
terrasse où il pourrait déjeuner en paix.
L'après-midi fut excellente. Il se baguenauda un peu partout en ville,
Passa un bon moment à lire dans un parc calme et ombragé. Eut soudain
l'idée qu'il pourrait dîner dans ce petit restaurant de la Place des deux
Fontaines.
Il y avait du monde. Il eut du mal à se garer. Depuis longtemps, il ne
pensait plus à la fille. Ni à ce qu'elle pouvait bien "maquiller".
Il était revenu là juste par association d'idée. Le soleil couchant de
septembre donnait à la place une couleur presque irréelle.
Installé à une table, dehors, il sirotait son Martini en étudiant la carte.
De moins en moins de gens passaient à mesure que le soir tombait.
L'air était doux, délicieux. La place se vidait de ses piétons et voitures.
Sur le parking, il en restait cependant quelques-unes.
Dont, incroyablement, celle de la nana ! Encore dans le secteur, alors ?
Elle s'y plaisait, décidemment . . .
Lorsqu'il dirigea son regard vers la grande fontaine, il vit qu'en effet,
elle était toujours là. Le rouge du couchant dans les cheveux, et l'eau
cascadant imperturbablement derrière elle.
F I N.
Pour mieux comprendre la fin de ctte histoire :