Cécile avait un très beau chat blanc, Micky. Son petit garçon, Renaud,
en était fou. Dès qu'il rentrait de l'école, jeux et câlins se succédaient. Micky,
très affectueux, faisait le bonheur de toute la maison.
La voisine les complimentait souvent sur leur joli chat. Elle disait que si elle en
avait un, il la débarrasserait des souris dans sa cave. Elle avait beau mettre des
morceaux de fromage empoisonnés, les bestioles pullulaient.
A quelque temps de là, Micky disparut soudain. Ils demandèrent partout, aucun
voisin ne l'avait vu. Le deuxième jour, Renaud, qui ne cessait de l'appeler, eut
l'impression d'entendre un miaulement venant de chez la voisine.
Avec Cécile, ils allèrent lui demander si par hasard le chat ne pouvait pas s'être
fait enfermer dans sa cave. Elle dit que c'était impossible, qu'elle n'entendait rien
du tout, mais finit par accepter que l'enfant aille voir. Dès qu'il ouvrit la porte et
appela Micky, le chat répondit. Il arriva un peu lentement, semblant avoir du mal
à se déplacer. Renaud le prit dans ses bras. La voisine s'excusa, et ils rentrèrent
chez eux sûrs qu'elle avait enfermé le chat exprès pour qu'il attrappe ses souris.
Micky semblait faible, Cécile dit à Renaud que c'était parce qu'il avait eu peur et
faim, mais elle était soucieuse. Le chat accepta de boire, mais toucha très peu à la
nouriture. L'enfant alla se coucher, persuadé par sa mère que Micky le lendemain
serait en pleine forme après une nuit de repos. Cécile se leva plusieurs fois,
Micky somnolait. Elle décida de l'emmener dès le matin chez le vétérinaire.
Quelque chose "clochait" dans son comportement. Au milieu de la nuit, elle vit
qu'il avait vomi, d'une bizarre couleur rouge. Elle essaya de se persuader que,
soulagé, il allait se rendormir. Elle ne le quitta pas, mais hélas, à l'aube, dans un
spasme, Micky rendit l'âme. Le vétérinaire lui dit qu'il n'aurait de toute façon rien
pu faire. Le chat avait été empoisonné par de la mort-aux-rats.
Cécile se souvint alors des morceaux de fromage dont lui avait parlé la voisine.
En enfermant le chat, elle n'avait même pas songé à les enlever. Le pauvre Micky
avait mangé ce qu'il avait trouvé.
Renaud fut longtemps inconsolable. . .
Puis un jour, un chat perdu vint rôder dans leur jardin, et l'enfant eu tôt fait de
l'apprivoiser. Mais il n'oublia jamais le petit Micky et conçut une haine farouche
pour la voisine . . .
