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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 23:16

 

 

 

 

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-- Bonjour, Cacao !

-- Par exemple ! Prunie L'Aventurière ! Te revoilà enfin !

-- Oui, Cacao. Je t'avais un peu abandonnée. J'ai eu tant à faire ces

derniers temps.

-- Que me racontes-tu, Prunie ? Une petite anecdote dont tu as le secret ?

-- Oh, une toute petite, Cacao. Il  ne m'arrive pas grand-chose en ce

moment. Mais il y a quelques jours, j'ai pensé à toi, en observant un

instant de vie de tous les jours, qui m'a fait de la peine.

Tu sais que je travaille deux fois par semaine dans la rue E.T.

-- Oui, celle de la prison. . .

-- Exactement. Lorsque j'arrive pour 14 H, les jours de visite, il est

très difficile de se garer. Alors je vais plus loin, et je finis à pied.

Ainsi je vois la longue file de voitures le long des trottoirs, et les familles

qui font la queue devant la porte, attendant impatiemment qu'elle s'ouvre

pour aller voir un prisonnier. La plupart du temps, ce sont des femmes.    

Des  épouses ou des mères. Evidemment... il y a plus d'hommes incarcérés

que de femmes. Ce qui me fait mal au coeur, c'est lorsque je vois des

mamans tenant des enfants par la main. Quelle que soit la faute commise

par leur père, ça reste leur papa. Il y a dans leurs yeux de la tristesse.

Un peu d'angoisse aussi, face à cette porte fermée, et ces hauts murs, si

grands vus de leur petite taille. En même temps, je sens leur impatience,

et celle de leur mère. Que de sentiments mélangés tournent dans cette

rue !  L'ambiance de tension y est palpable. 

-- Oui, je comprends, Prunie. Ceux du dehors ne sont pour rien dans les

erreurs de ceux du dedans, mais ils paient quand même le prix fort.

-- Je vais te raconter ce qui s'est passé la denière fois. La file était

déjà longue devant la porte de la prison. Sur le trottoir opposé, une

jeune femme, tanant par la main une petite fille, près d'une vieille voiture

pas mal cabossée, était en conversation avec un policier. Elle lui montrait

des papiers, et l'homme lui indiquait le coin du pare-brise. Elle semblait

désespérée. Je marchais vers mon travail, me rapprochant d'eux. Ne

résistant pas à l'envie d'écouter leur conversation, je me suis arrêtée tout

près, pour rouler une cigarette.

-- Tu as recommencé à fumer, Prunie. Ce n'est pas bon pour toi, tu le sais !

-- Oui, Cacao. Tant de choses ne sont pas bonnes pour moi. . .

Donc, mine de rien, je tendais l'oreille. . .

-- Vous voyez bien que votre assurance est périmée depuis un mois, disait

l'homme.

-- Je sais, Monsieur, mais je viens de régler. J'attendais de recevoir    

ma  paye. C'est fait, j'ai posté le chèque aujourd'hui, ils vont m'envoyer

l'attestation.

La petite fille portait une jolie robe rose à volants, et des sandales d'été

ornées d'une marguerite blanche en plastique. Comme sa maman, elle avait

des cheveux blonds dorés, qui frisottaient. Elle s'était fait deux petites

nattes, retenues en haut par des marguerites, assorties à celles de ses

chaussures. Elle pouvait avoir cinq ans, et semblait ne pas comprendre ce

que disait l'homme. Elle avait juste peur. Quelque chose n'allait pas, mais

quoi ? Allait-on bientôt voir papa ? Maman semblait à cran. Elle   parlait

très  doucement, très poliment, mais l'enfant la sentait prête à éclater.

Maman était si jolie avant. Maintenant, elle était  maigre et pâle. Elle

dormait si peu il est vrai. La fillette regardait l'homme.

Qu'allait-il se passer ? Elle ne savait pas. Pourquoi sa maman baissait-elle

les yeux ? Elle était si gaie ce matin en la préparant.

-- Je suis obligé de vous verbaliser, dit le policier.

-- Je comprends, répondit la dame.

Tu vois Prunie, j'ai repris mon chemin, sans me retourner. Que pouvais-je

dire. . . L'homme ne faisait que son travail après tout. Même si c'est

un drôle de travail. Et qu'on se demande ce qui pousse à le choisir. . .

Seulement, juste avant de repartir, le temps d'allumer ma cigarette, j'ai

fait un clin d'oeil à la petite fille. Elle a eu un timide sourire et a semblé

contente.  

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commentaires

C
<br /> Bonjour Cacao<br /> <br /> <br /> Un récit bien émouvant... Est-ce que ceux qui sont enfermés  ont-ils réellement conscience  du fardeau qu'ils infligent à leurs proches.... Aucun enfant ne<br /> devrait jamais avoir à franchir ce genre de portail.....<br /> <br /> <br /> Gros bisous et belle journée à toi<br /> <br /> <br /> Chronique<br />
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C
<br /> Bonsoir Cacao,<br /> <br /> <br /> Une histoire humaine très touchante. Bisous. Douce soirée. Corinne.<br />
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V
<br />  bonsoir douce cacao<br /> <br /> <br />  une belle et douce soirée pour toi gros bisousss monette<br />
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C
<br /> Quel contraste dans cette photo : un beau ciel bleu avec de légers nuages blancs, qui virevoltent librement en dessinant de jolies arabesques et le lugubre bâtiment.<br />
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V
<br />  bonjour cacao<br /> <br /> <br />  toujours heureuse de te lire je t'embrasse ma tite cacao belle semaine a toi bisouss monette<br />
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E
<br /> belle histoire ma cacao passe une bonne journée bisous evy<br />
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L
<br /> triste réalité....triste pour la petite....mais toi aussi recommencer de fumer...grrrrr...dure la vie.............<br /> merci de tes visites cacao.......douce semaine  à toi<br /> bisessssssssssssssssssssss<br /> claude<br />
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E
<br /> La vie des compagnes, mais aussi des mères et des enfants de prisonniers est souvent très compliquée. Il faut non seulement affronter le manque affectif mais souvent de gros problèmes financiers<br /> et/ou d'organisation. Il n'est pas rare que le lieu d'incarcération soit très éloigné du domicile des familles et il peut être changé d'un jour à l'autre. Les visiteurs passent souvent plus de<br /> temps en déplacements qu'en visite. Heureusement, il existe des associations qui essaient de rendre les conditions de visite plus supportables.<br /> <br /> <br /> Merci de parler de ces problèmes que beaucoup préfèrent ignorer.<br /> <br /> <br /> Bonne semaine.<br /> <br /> <br /> Eve<br />
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M
<br /> Bonjour Cacao,<br /> <br /> <br /> Tu as fait preuve de beaucoup d'humanité, un sourire, un clin d'oeil suffisent parfois à améliorer les choses ...et pourtant, tu n'as rien changé dans les difficultées de cette maman.<br /> L'application de la loi est souvent faite sans en réfléchir les conséquences.... du côté des victimes comme celui des coupables!<br /> <br /> <br /> Bonne semaine, gros bisous de Mireille du Sablon<br /> <br /> <br /> Belle semaine,g ros bisous de Mireille du sablon<br />
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L
<br /> une histoire triste !!<br /> la vignette !! il pouvait lui demander de l'apporter au commissariat-<br /> il y a des cas-- dans les 5 jours ?? ou je me trompe-<br /> mais mais --- une pensée aussi aux victimes de ces hommes- des morts-- des vols-escroqueries---  bref pas des anges-<br /> pas de chance pour les proches-- mais les victimes ??? pas de chance non plus-<br /> <br /> bon lundi - bisous !<br />
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T
<br /> C'est peut-être un exemple de ce qu'il est convenu d'appeler "la loi de l'emmerdement maximum". Le sort paraît s'acharner toujours sur les mêmes. Un tas de gens roulent, hélas, sans assurance et<br /> beaucoup échappent à la police. Cette compagne de détenu s'est fait pincer alors qu'elle a déjà bien d'autres soucis à régler. Face à cette déveine, un sourire ou tout autre geste de sympathie<br /> est, en effet, une réaction salutaire.<br /> <br /> <br /> Amitiés aux deux et quatre pattes.<br /> <br /> <br />  <br />
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