( Cette histoire n'est pas une fiction. On me l'a racontée. Les évènements décrits se sont effectivement déroulés.
Les personnages existent tous, évidemment sous d'autres prénoms, le trait a simplement été grossi, pour
arriver à une sorte de "pantalonnade". La fin a vraiment été "dramatique", telle qu'elle vous sera narrée demain
dans le dernier épisode. Espérant que cette "nouvelle" vous aura plu... Bonne journée, mes amis fidèles ! )
La voix au bout du fil était une voix d'homme, assez bourrue,
très coléreuse, et légèrement avinée.
- Maintenant ça commence à bien faire. Vous allez le tenir, votre mari,
oui ou non ? Si les petites leçons ne lui ont pas suffi, on va voir à prendre
d'autres mesures. Il va s'en rappeler, c'est moi qui vous le dis !
- . . . Quoi ?
Ne me dites pas que vous n'êtes pas au courant !
- . . . Mais . . . Qui demandez-vous, Monsieur ?
- Vous êtes bien Hélène C....... ?
- Oui, mais je ne comprends pas ce que vous dites. Qui êtes vous ?
- Je suis Jacques L . . . ! Vous m'avez vu à la soirée de Noël l'année
dernière. Le mari de Nadine. Ne faites pas l'innocente ! Vous savez très
bien qui je suis et de quoi je cause. Tout le monde le sait !
Lentement, Hélène essayait de rassembler ses idées.. . . ! Nadine, Nadine
. . . Qui était Nadine ? Elle eut une lueur soudain : Nadine était le prénom
de "La Chouineuse". De quoi parlait ce type ? "La Revêche" ! La Revêche ! ! !
Avec son mari ! Absurde ! (Elle se retint de rire.)
- Vous dites n'importe quoi . . . Qui a bien pu vous raconter une bêtise
pareille ? Je rêve ! C'est une blague ! On s'est moqué de vous ! Les gens
sont méchants vous savez ! Calmez-vous, on vous a monté un bateau !
- Un bateau ! Non, mais vous vous foutez de moi ! Et cette fois je les ai
pincés ! Dans mon gîte rural, les saligauds ! Faut pas avoir peur ! On dit
qu'on va au boulot, on prend ses R.T.T, at en voiture Simone !
Depuis le temps que ça dure ! Et les sorties avec les "Vanessa" ? Et les
petits cadeaux ? Vanessa 2 m'a donné cette robe, elle s'était trompée de
taille, Vanessa 1 m'a offert ce collier, et gna gna gna ! Et la lingerie fine
qu'elle cache sous ses pulls d'hiver, c'était les Vanessa ausssi ? Ce jour-là
j'ai compris. Je l'ai bien secouée, et elle m'a tout avoué. Et le soir, j'ai
attendu ce porc sur le parking de leur lupanar, pour qu'il sache comment
je m'appelle ! Elle a essayé de m'empêcher de lui mettre une correction !
Elle s'est pris une belle torgnole ! Et l'autre salopard qui me demandait de
me calmer ! Me calmer, non mais je rêve !
Là elle m'a juré devant lui que c'était fini. Et je les trouve au lit, dans
MON gîte rural ! Pas plus tard que ce matin ! Ah, il a bon dos le boulot !
Allez donc voir au "Grand Bazar" s'ils y sont ! Avant, ça se passait chez
les "Petites". Elles leur laissaient les clés !
(Depuis quelques mois, Hélène le savait, les deux Vanessa avaient pris un
appartement en colocation. . .)
- Vous avez compris, maintenant, reprit le type ? Vous allez lui dire à ce
salaud qu'il n'y revienne pas ? Je lui ai arrangé le portrait tout à l'heure.
Et avant je lui avais complètement changé le design de son coupé de merde.
Il va avoir du mal à le reconnaître ! Alors, faites-lui la commission ! Qu'il
se le tienne pour dit ! S'il rebouge la moitié d'une oreille, le quart de la
moitié, ça va saigner, je vous le garantis ! Vous m'entendez, ça va saigner !
A bon entendeur, Salut !
. . . Clic. . . Le gars avait raccroché . . .
Hélène resta là, sans bouger, le téléphone à la main, pendant de longues
minutes. Incapable d'appréhender la situation.
Puis elle alla se jeter sur son lit. Impossible de pleurer . . . ou même de
penser. "La Chouineuse" ! "La Chouineuse avec son mari ! Son cerveau ne
parvenait pas à intégrer, à digérer cette information. . .
Peu à peu,ses idées se remirent en place. Plusieurs fois les "Petites", le
samedi soir, avaient téléphoné en gloussant pour proposer à son mari de les
rejoindre dans tel ou tel restaurant d'une ville voisine, et d'aller ensuite
en boîte. Dans ces cas-là, il raccrochait, un peu ennuyé, disant qu'elles
avaient bu un coup de trop . . .
Les coups de fils anonymes, c'était elles ! Histoire de s'amuser Une sorte
de chantage aussi, manière d'en faire le moins possible au magasin. Il disait
souvent en effet, avec une sorte d'admiration, que c'était "La Chouineuse"
qui se tapait le plus gros de la mise en rayon. Et le fameux jour où elles
cherchaient leur chemin ! Elles devaient venir demander une quelconque
faveur à leur "supérieur". La Nadine avait profité de leur insouciance pour
s'en faire des alliées. Mais comment une gazelle aussi désagréable et peu
appétissante avait-elle réussi à "séduire" son homme, si placide, tellement
réservé ? ? ?
Hélène ne parvenait pas à se l'expliquer . . .
Mais attention . . . Oui, le mari de "La Revêche" avait raison ! Du sang, il
y allait en avoir !
L'employé du "Grand Bazar" pouvait commencer à compter ses abattis !
Sa régulière, sur les "starting-blocks", l'attendait de pied ferme . . .
A Suivre . . .
( Epilogue demain )
Le nid d'amour des tourtereaux

