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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 09:37

 

 

 

 

 

 

             Lorsque Brigitte, sa collègue était en congé, Prunie

L'Aventurière la remplaçait parfois chez Mme Deschamps. 

Qui habitait en rase campagne, comme l'on s'en doute.

 

Ces jours-là étaient agréables pour P.L'A. Travail facile :

Emmener la mamie faire ses courses à " Inter ".

Brigitte n'ayant pas son permis, elle allait à vélo à l'épicerie

du village voisin pour le "dépannage".

Le reste du temps, la mamie visitait les grandes surfaces, avec

un faible pour " Inter ", le plus proche il est vrai, grâce à

l'obligeance d'un voisin. Prunie n'en savait pas plus.

 

- Je suis bien contente que ce soit vous la remplaçante !

Allez, ma liste est prête, on va à " Inter". Vite,descendez les

sacs ! On boira plutôt le café en rentrant.

 

(Prendre le café avec les personnes âgées est l'une des activités

"principales" des aides à domicile. Avec des variantes, bien sûr :

Thé, jus de fruits,eau gazeuse, voire petit vin blanc, et plus si

affinités...  Le tout avec, suivant l'endroit, biscuits, gâteaux

maison, crêpes, gaufres, caramels, bonbons et chocolats, pommes,

poires et scoubidous-bidous.)

 

Voici donc la grosse Mme Deschamps et P.L'A. on the road again

vers le mythique " Inter". Après quelques minutes délicates :

Installation de la canne, du parapluie, (au cas-où, vu le ciel

sans nuage et le soleil donnant), et subsidiairement de la mamie,

dans la petite Ford Ka. Ce n'était rien par rapport à l'extraction

à venir, et le chargement qu'il faudrait caser ensuite... Car Mme

D. ne plaisantait pas quand il s'agissait de faire les courses à

" INTER ". Comme le chantait Renaud dans "Banlieue Rouge" :

"En cas d'guerre, en cas d'crise ou d'victoire de la gauche"...

 

Bref, tout se passa au mieux. Chacun revint, dans l'ordre,

s'attabler devant le café et les crêpes : Prunie, les sacs, la

canne, le parapluie, et la Mamie Nova. Un peu essoufflée, mais

ravie de tout ce qu'elle avait "trouvé" à " Inter ".

 

- Savez vous pourquoi, Prunie, j'aime aller "aux" courses avec

vous ?

 

- ... ( Prunie supposait dans sa tête que Mme D. adorait le fait

qu'elle avait comme elle une grande capacité à "branler"...)

 

- Comprenez-vous, d'habitude, j'y vais avec mon voisin.

Il est bien serviable, je ne dis pas... 

 

Mais, comme il n'a pas le permis, on y va en tracteur...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 12:02

VERFTIGE 4

 

 

 

Pour lire les 2 histoires précédentes, cliquez sur :

 

            Du 7e étage au 7e ciel ? ( 1 )      et 

 

 

Du 7e étage au 7e ciel ? ( 2 )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prunie parlera à fille. Dès la verra. Pas d'autre façon. Associations de bénévoles ne donnent pas nom des membres. Ni  coordonnées. Que prénoms. Pas toujours réels. Ainsi.

 

 

 

Fille reviendra. Prunie essaiera. De trouver quelque chose à lui dire. Pour qu'elle ne saute pas. Quoi ? Ne sait pas encore. Sauf que c'est dommage. Pas suffisant. Trouvera mieux. Verra sur le moment.

 

 

 

 Le lendemain. Prunie va chez la dame. Comme d'habitude.  Suppose ne verra pas fille aujourd'hui. Vient souvent... Pas tous les jours... Quand même.

 

 

 

Circulation très dense. En approchant de l'immeuble. Comme souvent. Plus peut-être. Avancer doucement. Temps passe. Dernière rue. Tout à fait bloquée.

 

 

 

Réussir à se garer. Finir à pied. Dame attend. Besoin d'une présence. Va s'inquiéter.

 

 

 

Se dépêcher. Courir un peu.

 

 

 

Beaucoup de monde. Au pied de l'immeuble. Gyrophares. S.A.M.U. Police. Camion de pompiers.

 

 

 

Impossible approcher. Civière. Loin. Par-terre. Ombres autour. Blouse blanche. Pompiers. Recouvrent forme sur civière. Même la tête.

 

 

 

Prunie a compris. Ascenceur. 7e étage. Monde. Interdiction d'entrer.

 

 

 

Se présenter. Parlementer. Atteindre salon. Par miracle. Gens encore.

 

 

Dame. Très calme. Comme toujours. Sur lit médicalisé. Toute maigre. Et blanche.

 

 

 

Sourit à Prunie. Comme d'habitude. Répond au bonjour. Gentiment.

 

 

S'assoir sur canapé. Attendre.

 

 

 

Dame et elle. Se regardent. Simplement. Sans émotion particulière. Bruit autour ? N'entendent pas. Tout est normal. Silence habituel.

 

 

 

 

 

Prunie va se lever. Bientôt. Arranger coussins. Cette fois, dame va demander monter lit. Plus haut possible.

 

 

 

Prunie se rassied. Reste à regarder. Dame. Qui flotte. Dans l'espace. Toute blanche. Et maigre. Au milieu de l'immense baie vitrée. Entr'ouverte. Dans ciel très bleu. Avec juste quelques petits nuages. Blancs. Comme sommets montagnes. Si proches.

 

 

 

Bien plus tard. Nuit tombe. Prunie se lève. Froid commence à rentrer. Fermer la baie. Doucement. Convenir avec dame pas assez riche pour chauffer dehors. Comme d'habitude.

 

 

 

Dire au revoir. Entendre répondre au revoir. Tirer la porte. Lentement. Sans  bruit.

 

 

 

Prunie sait. Reviendra demain. Sera dernier jour. Dame sera morte. La trouvera. Toute maigre. Et blanche. Dans calme. Et silence. Habituel. De ce 7e étage.

 

 

 

Tout ira bien. Sinon pour le mieux. Dans le meilleur des mondes.

 

 

                                                                                  

 

                                                     F I N.

 

 

 

                                                                                     Cacao.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 10:59

VERTIGE 5   

 

 

 

 

 

. . . La fille ne bouge pas. Prunie L'Aventurière songe à se lever. Pour arranger les coussins de la dame. Lui masser le dos. N'ose pas. Temps Bloqué. Arrêté. 

 

 

 

 Changement d'image. Très lentement. La fille referme la baie. Se retourne. Quitte la pièce. Vague au revoir. Porte d'entrée... Imperceptiblement... Silence absolu revient.

 

 

 

Prunie se rend compte qu'elle se déplace. Se voit debout. Remontant la dame sur les oreillers. Proposant à boire. Portant un verre. Parlant. Comme d'habitude. Sur le temps. Sur rien du tout.

 

 

 

La dame répond. Très bas. Comme toujours. Avec chaleur. Et intérêt. Comme si chaque mot était important.

 

 

 

Puis ferme les yeux. Prunie se rassied. Attend. Sans ennui. Dans ce silence. Si simple. Si doux.

 

 

 

« Cette fille, elle regarde dehors parce qu'elle va sauter dit la dame. Elle vient de plus en plus souvent. C'est normal. Je la comprends. Elle calcule. Comment elle fera... Dit toujours qu'il faut aérer... C'est pour bientôt. Je crois... » 

 

 

 

« Oui... C'est sûr. Quand même... C'est dommage. Il faudrait l'empêcher. »

 

 

 

« Mais pourquoi ! Si elle en a envie...  Elle a raison. Dans sa situation... Elle ne supporte plus. Elle est à bout. »

 

 

 

« Je le vois bien... Sans doute le mieux pour elle... Sera soulagée... Mais quand même... »

 

 

 

« Pourquoi ça vous gêne ? Moi ça m'est égal. Au contraire... Si ça lui fait plaisir... »

 

 

 

« Vous avez raison. A sa place... Seule chose à faire... Mais quand même... »

 

 

 

                                                                        Cacao.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           A     S U I V R E . . .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VERTIGE 3 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 00:43
 VERTIGE-2.jpg 
 

 

 

La fille est debout dans le salon. Près de l'immense baie vitrée. Immobile. Semble regarder au loin. Sans doute le ciel. Très bleu. Avec juste de très

petits nuages. Et la montagne. Si proche. Si "différente", vue de ce 7e étage.  

 

 

Prunie L'Aventurière voit la fille de dos en entrant dans la pièce. La dame est allongée. La tête calée dans les coussins. Comme d'habitude. Bloquée dans ce lit médicalisé. Si jeune encore. Toute maigre et blanche. Si blanche. Comme la montagne que la fille regarde. Peut-être.  

 

 

Prunie dit bonjour. Gaiement. Comme d'habitude. Comme si elle ne savait pas. Que la dame est en train de mourir. Doucement. A petit feu. A petite journée. Terminant son abonnement aux soins palliatifs. Sans regret. Sans envie d'y souscrire à nouveau. Même pour trois mois. Même pour un mois.

 

 

La dame répond bonjour. Faiblement. Mais gaiement. Comme toujours.

La fille ne bouge pas. Semble n'avoir rien entendu.  

 

 

Ce doit être elle. La bénévole qui vient parfois. Passer un moment avec la

dame. Lui remonter le moral. Lui parler.  

 

 

Prunie ne l'a jamais croisée. Connait juste son existence. Par la dame.

Qui a dit : Vous savez, cette fille est bien malheureuse ! Elle a beaucoup de problèmes. J'en ai les larmes aux yeux chaque fois qu'elle me raconte son histoire.

 

 

L'histoire, Prunie la connait. Vu que la dame lui en a parlé. Souvent. Tous les jours..

 

 

C'est vrai qu'elle n'est pas gaie l'histoire. Donne carrément envie de sauter. Par la fenêtre du 7e étage. Illico. Du moins c'est ce que Prunie ferait. Si la même chose lui arrivait . . .

 

 

Dans un sens, c'est bizarre de raconter des trucs si tristes à quelqu'un. Pour lui remonter le moral. Mais bon. La dame ne s'en formalise pas. Au contraire. Elle aime bien les histoires tristes. Parce qu'elle peut ensuite les répéter à Prunie. Qui les aime bien aussi.

 

 

Ainsi tout va pour le mieux. Dans le meilleur des mondes. Dans le calme de cette pièce. Où l'on a ôté des meubles. Pour pouvoir mettre le lit. Face à la télévision. Allumée sans le son. Comme d'habitude. Pour qu'on apprécie le silence. Et le temps qui passe. Doucement. Très lentement.

 

 

Prunie s'assied sur le canapé. Comme toujours.

Et la dame lui sourit. Comme d'habitude.  

 

 

La fille ne bouge toujours pas. Fascinée par le paysage. Ou endormie debout. Prunie ne sait pas...

 

 

 

 

                                                                                     Cacao.

 

 

                                                                                                          

 

 

 

 

 

 

                                                          A      S U I V R E   .  .  .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 08:58

Bon café 

 

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez lire la 1e histoire, cliquez sur :

 

                                                                                      Prunie L'Aventurière : Une fille dans le vent . . .

 

 

 

 

 

 

 

 

                       Depuis qu'elle travaillait chez la Veuve Douairière,

Prunie L'Aventurière savait que, chaque mardi soir, le petit-fils

venait dîner après son entraînement de rugby. Ces soirs-là, bien

évidemment, elle ne devait pas aider la vieille dame à mettre sa

chemise de nuit et sa robe de chambre avant de partir.

 

 

La mamie devait rester sur son 31 pour recevoir le jeune homme.

D'ailleurs, disait-elle, elle n'avait aucune difficulté à se

déshabiller seule. C'était bien parce que Prunie était là qu'elle

lui demandait d'habitude de l'aider . . .

 

 

 

Un mercredi après-midi, Prunie L'Aventurière arriva au travail,

fraîche et dispose, et dans les meilleures intentions.

 

 

 

- Pas de ménage aujourd'hui, Prunie, tout est propre.

Vous irez dans la buanderie, où vous trouverez le sac de sport

de mon petit-fils.

Il faut laver les vêtements à la main, car il y a des inscriptions

dessus.  

C'est fragile, la machine les abîmerait.

Faites ça dans le lavoir. Vous brossererz aussi  les chaussures,

qui sont très boueuses.

 

 

-  Comment ? Le lavoir n'a que l'eau froide ? Mais tant mieux !

   Laver cela à l'eau chaude ! Vous n'y pensez pas ! C'est fragile !  

 

 

 

- ? ? ?  ! ! ! ? ? ?

 

 

 

- Je vois que, comme d'habitude, vous faites semblant de ne

pas comprendre. Quelle mauvaise tête ! J'en parlerai à mon

ami M. V. le Président du Conseil Général . . . 

J'aimerais bien savoir pourquoi le Conseil Général ne m'envoie

que des paresseuses !  

Si ça continue, je vais demander quelqu'un  d'autre. 

Quelqu'un qui voudra travailler  . . .

 

 

 

          . . . Laver n'importe quoi , ou peigner la girafe, Prunie

L'Aventurière s'en moquait . . .  Elle s'exécuta.  

 

 

Quelques jours plus tard, en dînant avec des amis, elle raconta

son histoire.

 

 

-  Je me demande ce qu'elle va m'inventer la prochaine fois !

 

-  La prochaine fois ? Mais voyons, tu laveras les maillots de

    toute l'équipe !

 

 





 

   


 


 



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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:46

   

                     En ce temps-là, Prunie L'Aventurière travaillait trois

fois par semaine chez la vieille dame, surnommée, bien au-delà

des limites du canton,  "La Veuve Douairière".  

Elle était veuve, depuis bien longtemps, de celui qui avait été, durant

d'innombrables mandats, Maire, ce qui veut dire chef ( incontesté ? )

du petit village.  

Le Conseil Général du département, allouait à la mamie, comme à

beaucoup de personnes âgées, quelques heures d'aide à domicile par

semaine, dont il finançait la plus grande partie, puisque cette aide

est proportionnelle aux revenus, et qu'elle en déclarait fort peu.

 

 

                     Le vent de Novembre soufflait en tourbillons sur les berges

de la Dordogne, qu'on appelle aussi, à tort ou à raison, (question que se

posait souvent Prunie), "La Rivière Espérance" . . . 

Il n'était pas moins fort, ni moins froid, sur la pelouse jonchée de feuilles

de La Veuve Douairière.

Et cela faisait désordre, n'est-il pas, toutes ces feuilles, se dispersant

sur l'herbe si bien tondue . . .

 

- Non, non, Prunie, ne vous déchaussez pas ! Gardez votre manteau !

Vous allez prendre le râteau dans la remise, et ratisser les feuilles.

Puis vous les mettrez dans des sacs-poubelle, et vous les porterez

au container.

- Mais Madame, ce n'est pas le moment de ramasser les feuilles,

voyez le vent qu'il fait, vous en aurez autant par-terre dans une heure !

En plus vos sacs sont minuscules, et vous savez qu'il est interdit de jeter

les déchets végétaux dans les containers des poubelles ordinaires.

Il faut les porter à la déchetterie.

- Et bien vous irez en vous retirant, d'autant qu'après moi vous n'avez

pas Madame R. puisque vous m'avez dit qu'elle était partie quelques

jours chez sa fille . . .

- Mais la déchetterie n'est pas du tout sur mon chemin, et puis il fera

nuit. Le mieux, à la rigueur, est que je mette les feuilles sous les haies,

ça fera du compost . . .

- Vous n'y pensez pas ! Ca fera SALE, c'est tout . . . Allez, ne

discutez pas, faites comme je vous ai dit. Je n'ai pas besoin de vous

dedans, entre les pieds, car j'attends la soeur de l'Adjudant-chef

Duschnock pour le thé.

 

. . . Prunie L'Aventurière ne discuta pas, elle prit son petit râteau,

ratissa, en boucle, la verte pelouse, où les feuilles retombaient,

inexorablement, sur chaque carré "fait propre" dans les minutes qui

suivaient. Elle remplit, en tassant bien, le plus de petits sacs possible 

dans le temps imparti, prenant soin de ne pas en nouer les liens,

pour pouvoir les vider ensuite dans le bac "végétaux" de la déchetterie

communale.  

Elle avait un peu froid, mais elle aimait prendre l'air . . .

Et puis, ça ou peigner la girafe . . . Le Conseil Général paierait, n'est-il

pas ? Elle avait juste un peu honte de contribuer aux "incivilités" de la

veuve de l'ancien Maire...

Lorsqu'elle arriva, à la déchetterie, il faisait nuit noire. Le vent était

tombé, remplacé par une pluie battante.

De toute façon, l'employé était en train de fermer, et lui signifia,

ce qu'elle comprit bien, qu'elle devrait revenir le lendemain.

En rentrant chez elle, quelques sacs se renversèrent dans les virages,

mais comme les feuilles mouillées étaient bien agglutinées, elle n'eut

pas trop de difficulté à vider et nettoyer sa voiture.

Les feuilles, elle les mit sous ses haies à elle, et finalement cela lui

prit un peu moins d'une heure. Comme pourboire, elle récupéra tous les

sacs, encore parfaitement utilisables . . .

Elle se mouilla "un peu", mais après se fit du thé brûlant et alluma un

feu de cheminée, devant lequel elle s'endormit. . .

. . . Rêvant à La Veuve Douairière, à L'Ancien Maire,au Conseil Général

du Lot, de la Dordogne, et de toutes les rivières réunies . . .

 

                                                                                                                                               Cacao.

 

     

           

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 06:01

 

 

 

 

 

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                   Qu'en était-il du sort d'Emilienne ?

 

Prunie s'approcha, les jambes semblaient bouger. Elle souleva délicatement

 

le hayon. On entendait une sorte de gargouillis. Retenant la porte d'une main,

 

P.L.'A. tira le corps de l'autre jusqu'à ce que les pieds touchent terre. Puis elle

 

saisit le col de l'imperméable, et au prix d'un gros effort, reverticalisa la pauvre

 

femme. Son chapeau mouillé, descendu sur son visage, lui faisait un masque.

 

Emilienne l'arracha et, très essoufflée, déclara :

 

-- Heureusement que vous me dégagez. Avec mon chapeau sur la figure, je ne

 

   pouvais plus respirer. Je vous ai entendu parler, mais je ne pouvais pas vous

 

   répondre !  Allez, n'en parlons plus, on va charger ces noix !"

 

-- Vous allez bien, Emilienne ? demanda Prunie, encore toute tremblante.

 

-- Oh ! Moi je vais très bien ! Ce qui m'ennuie, c'est pour votre voiture ...

 

Elle ne s'en inquiéta pas longtemps. A peine arrivée à la ferme, elle solutionna

 

le problème en donnant à Prunie un piquet de bois bien solide.

 

--  Gardez-le ! Vous pourrez caler. Comme ça demain on chargera facilement.

 

Pas le moins du monde affectée par l'incident, elle repartait déjà continuer

 

sa journée.

 

Et Prunie comprit que le lendemain, lorsqu'elle la prendrait sur la route,

 

Emilienne n'aurait même pas les fesses endolories.

 

 

 

 

 

 

   

           

           

 

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 08:16

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Après le vieil Alphonse, dont vous

 

avez  lu les aventures dans l'article

 

précédent, ce fut le tour d'Emilienne

 

de s'illustrer à la saison des noix.

 

Tôt chaque matin, Prunie L'Aventurière,

 

en partant travailler, la trouvait au bord

 

                                                                            de la route, un seau rempli de noix à

 

chaque bras. Elle ramassait "sur les bordures", comme elle disait, avant que trop

 

de voitures ne passent et n'écrasent tout. Elle avait bien raison, car chaque matin

 

elle faisait bonne récolte.

 

Elle était vieille, mais toujours dynamique. De la façon dont elle s'attifait, elle

 

ressemblait à Carmen Cru, l'héroîne de la bande dessinée de Lelong.

 

Prunie L'Aventurière arrêtait son Kangoo, soulevait le hayon arrière, l'aidait à

 

charger, puis la déposait chez elle.

 

Un matin, il pleuvait à verse. Emilienne, vêtue d'un ample imperméable et coiffée

 

d'un vieux chapeau de pluie, tous deux lui seyant à merveille, était fidèle au

 

poste.

 

" Ne descendez pas, dit-elle à Prunie, vous allez vous tremper ! "

 

Prunie la vit passer derrière la voiture, soulever le hayon avec énergie et ...

 

il y eut deux drôles de bruits ... un genre de couinement, comme quelque chose

 

qui plie, immédiatement suivi d'un grand boum... Puis le silence se fit...

 

P.L'A comprit immédiatement, et en fut épouvantée.

 

Elle avait levé le hayon si haut, et avec tant de force,  qu'elle avait  démantibulé

 

le vérin. Et la porte était lourdement retombée ...

  

Prunie était sûre qu'à ce moment là elle était déjà penchée à l'iintérieur

 

du coffre. Plus morte que vive, elle appela. Pas de réponse.

 

Le temps de descendre et de se rendre sur les lieux du drame, elle fut sûre

 

qu'Emilienne était morte, et se demanda quelle partie de sa colonne vertébrale

 

serait sectionnée. Serait-ce au niveau du cou, des reins, au milieu du dos ?

 

Le spectacle serait de toute façon horrible. Mais il fallait l'affronter.

 

A l'arrière de la voiture, deux jambes chaussées de bottes en caoutchouc

 

dépassaient. P.L'A. eut l'impression que le bord de la porte reposait sur les

 

fesses rebondies, pour ne pas dire les grosses fesses, d'Emilienne.

 

Il restait peut-être un espoir. Cependant, elle n'en n'était pas sûre. L'émotion

 

lui brouillait la vue. 

 

 

                                                                                            ( A suivre )

 

 

 

 

                                     

 

 

                          

  

 

   

 

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:04

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         C'était le premier automne de

 

Prunie L'Aventurière dans ce village.

 

Elle savait que la récolte des noix était

 

un événement d'importance.

 

Beaucoup tiraient de leur vente un

 

revenu substanciel. Un mois durant,

 

toutes les discussions tournaient autour de ce sujet : le volume de la récolte, sa

 

qualité, le prix qu'en donnait la Coopérative, par rapport à d'autres acheteurs, le

 

souvenir de meilleures années, ou de moins bonnes ...

 

Depuis quelques saisons, sur les grosses exploitations, le ramassage se faisait à

 

la machine. Mais les petits agriculteurs, ou ceux qui avaient planté des noyers

 

pour améliorer l'ordinaire, ramassaient à la main. Surtout les plus âgés. C'était

 

une occupation qui semblait leur plaire. On les voyait, à deux ou trois, chacun

 

s'occupant de son petit secteur, remplissant son seau, puis allant le vider dans

 

un grand sac. On les entendait rire et plaisanter.

 

Chaque midi et chaque soir, ils chargeaient les sacs pleins dans leur camionnette

 

pour porter les noix au séchoir.

 

Prunie L'Aventurière avait remarqué un vieil homme maigrichon, avec une petite

 

moustache blanche, toujours seul dans sa noyeraie. Inlassablement, il se courbait

 

et jetait les noix dans son seau. Elle savait qu'on l'appelait le vieil Alphonse.

 

Elle en avait un peu pitié. 

 

Il était toujours vêtu du même bleu de travail qui avait connu des jours meilleurs.

 

Pour transporter ses noix, il utilisait un très vieux mini-vélo, vraiment en piètre

 

état.

 

Lorsqu'un sac était plein, il le calait entre ses jambes et le guidon, et hop ! il

 

était parti ! Dans les montées, il peinait un peu, mais se débrouillait assez bien.

 

Dans les descentes, il prenait des risques. Comme son mini-vélo n'avait pas de

 

freins, il posait les pieds par-terre pour ralentir un peu la machine. Heureusement

 

pour lui, les pentes de la région étaient douces.

 

Il ne pouvait porter qu'un sac à la fois, si bien que Prunie le voyait passer plusieurs

 

fois par jour, le suivait des yeux et s'inquiétait de ses acrobaties.

 

C'était parfois limite, limite, mais il s'en sortait toujours sans tomber.

 

Le spectacle était assez plaisant. Prunie avait un peu honte d'avoir envie de rire.

 

Et de s'avouer qu'elle guettait une éventuelle chute.

 

Le troisième jour, elle prit sa voiture, alla près des noyers du vieil Alphonse, et

 

lui proposa de passer midi et soir le prendre, avec ses sacs, car c'était sur

 

son chemin ...    

 

Le vieil Alphonse refusa énergiquement, dit qu'il avait une voiture, mais qu'il

 

préférait son mini-vélo. Pas de pollution, et pas de dépenses inutiles, telle était

 

sa devise. La vente des noix serait ainsi tout bénéfice !

 

Prunie L'Aventurière n'insista pas. Elle continua les jours suivants à surveiller

 

le kamikaze, qui ne tomba jamais.

 

Quelque temps plus tard, elle apprit, par hasard, que le vieil Alphonse était un

 

percepteur à la retraite. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                          A   bientôt . . .

 

                                                          sur    mon   mini-vélo . . . 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:34

 

 

 

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                        A mon tour, Cacao, dit Prunie

 

  L'Aventurière, de te raconter une toute

 

 petite histoire, comme on les aime

 

 bien toutes les deux.

 

 Tu sais qu'il y a peu, je suis allée 

 

 dans mon ancien "pays".

 

  Le printemps y est plus avancé  qu'ici.

 

Les prunus sont en fleurs, ainsi que les cerisiers du Japon, et beaucoup d'autres

 

arbustes. Les jardins débordent de jonquilles ouvertes et même presque fanées,

 

alors qu'ici nous n'avons que les tiges.

 

Cacao ne croyait jamais trop ce que racontait Prunie L'Aventurière. Son pays

 

semblait bien étrange. La veille, elle lui avait dit y avoir vu beaucoup de neige ...

 

Bah ! Ce devait être en altitude. Cacao n'y pensa plus. Elle écoutait la suite.

 

J'ai roulé dans la ville, tu sais, continuait P.L.'A. ... Tant de choses ont changé,

 

y compris le sens de circulation. Je me suis repérée quand même.

 

C'est un peu triste de revoir des endroits où plus personne ne vous attend.

 

Je suis passée devant l'immeuble où j'ai vécu plus de dix ans avant de venir

 

ici. L'appartement était au premier étage et, devant les fenêtres, intégrées à la

 

façade, il y avait de grandes jardinières en bêton. C'était mon jardin alors, 

 

j'y avais mis des bulbes de tulipes, qui fleurissaient chaque année. Bien avant

 

celles des vrais jardins, parce que l'exposition était très favorable.

 

Lorsqu'on levait la tête, de la rue, c'était si joli ...

 

Il y a vingt ans que j'ai quitté cette ville. C'est pour ça que ce n'est pas possible...

 

Ou alors, ce ne sont pas les mêmes bulbes... Et puis c'est quand même tôt...

 

J'ai peut-être rêvé...

 

Cacao comprenait mal, Prunie poursuivait :

 

J'ai roulé dans la ville, je pensais à tous les gens que j'ai aimé là-bas, maintenant

 

disparus.  J'étais si triste.

 

En passant devant l'immeuble, j'ai levé les yeux vers les fenêtres de  mon ancien

 

appartement. Et là j'ai vu les tulipes.

 

Des jaunes, des rouges... les  jardinières en débordaient. C'était magnifique.

 

Alors tu vois, Cacao, j'ai repris courage ...  

 

 

 

                            A      bientôt . . .

 

 

 

 

                                                                       Dans l' radeau . . .   

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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