Tout se perd... même au lit..
Du 7e étage au 7e ciel ? ( 2 )
Prunie parlera à fille. Dès la verra. Pas d'autre façon. Associations de bénévoles ne donnent pas nom des membres. Ni coordonnées. Que prénoms. Pas toujours réels. Ainsi.
Fille reviendra. Prunie essaiera. De trouver quelque chose à lui dire. Pour qu'elle ne saute pas. Quoi ? Ne sait pas encore. Sauf que c'est dommage. Pas suffisant. Trouvera mieux. Verra sur le moment.
Le lendemain. Prunie va chez la dame. Comme d'habitude. Suppose ne verra pas fille aujourd'hui. Vient souvent... Pas tous les jours... Quand même.
Circulation très dense. En approchant de l'immeuble. Comme souvent. Plus peut-être. Avancer doucement. Temps passe. Dernière rue. Tout à fait bloquée.
Réussir à se garer. Finir à pied. Dame attend. Besoin d'une présence. Va s'inquiéter.
Se dépêcher. Courir un peu.
Beaucoup de monde. Au pied de l'immeuble. Gyrophares. S.A.M.U. Police. Camion de pompiers.
Impossible approcher. Civière. Loin. Par-terre. Ombres autour. Blouse blanche. Pompiers. Recouvrent forme sur civière. Même la tête.
Prunie a compris. Ascenceur. 7e étage. Monde. Interdiction d'entrer.
Se présenter. Parlementer. Atteindre salon. Par miracle. Gens encore.
Dame. Très calme. Comme toujours. Sur lit médicalisé. Toute maigre. Et blanche.
Sourit à Prunie. Comme d'habitude. Répond au bonjour. Gentiment.
S'assoir sur canapé. Attendre.
Dame et elle. Se regardent. Simplement. Sans émotion particulière. Bruit autour ? N'entendent pas. Tout est normal. Silence habituel.
Prunie va se lever. Bientôt. Arranger coussins. Cette fois, dame va demander monter lit. Plus haut possible.
Prunie se rassied. Reste à regarder. Dame. Qui flotte. Dans l'espace. Toute blanche. Et maigre. Au milieu de l'immense baie vitrée. Entr'ouverte. Dans ciel très bleu. Avec juste quelques petits nuages. Blancs. Comme sommets montagnes. Si proches.
Bien plus tard. Nuit tombe. Prunie se lève. Froid commence à rentrer. Fermer la baie. Doucement. Convenir avec dame pas assez riche pour chauffer dehors. Comme d'habitude.
Dire au revoir. Entendre répondre au revoir. Tirer la porte. Lentement. Sans bruit.
Prunie sait. Reviendra demain. Sera dernier jour. Dame sera morte. La trouvera. Toute maigre. Et blanche. Dans calme. Et silence. Habituel. De ce 7e étage.
Tout ira bien. Sinon pour le mieux. Dans le meilleur des mondes.
F I N.
Cacao.
. . . La fille ne bouge pas. Prunie L'Aventurière songe à se lever. Pour arranger les coussins de la dame. Lui masser le dos. N'ose pas. Temps Bloqué. Arrêté.
Changement d'image. Très lentement. La fille referme la baie. Se retourne. Quitte la pièce. Vague au revoir. Porte d'entrée... Imperceptiblement... Silence absolu revient.
Prunie se rend compte qu'elle se déplace. Se voit debout. Remontant la dame sur les oreillers. Proposant à boire. Portant un verre. Parlant. Comme d'habitude. Sur le temps. Sur rien du tout.
La dame répond. Très bas. Comme toujours. Avec chaleur. Et intérêt. Comme si chaque mot était important.
Puis ferme les yeux. Prunie se rassied. Attend. Sans ennui. Dans ce silence. Si simple. Si doux.
« Cette fille, elle regarde dehors parce qu'elle va sauter dit la dame. Elle vient de plus en plus souvent. C'est normal. Je la comprends. Elle calcule. Comment elle fera... Dit toujours qu'il faut aérer... C'est pour bientôt. Je crois... »
« Oui... C'est sûr. Quand même... C'est dommage. Il faudrait l'empêcher. »
« Mais pourquoi ! Si elle en a envie... Elle a raison. Dans sa situation... Elle ne supporte plus. Elle est à bout. »
« Je le vois bien... Sans doute le mieux pour elle... Sera soulagée... Mais quand même... »
« Pourquoi ça vous gêne ? Moi ça m'est égal. Au contraire... Si ça lui fait plaisir... »
« Vous avez raison. A sa place... Seule chose à faire... Mais quand même... »
Cacao.
A S U I V R E . . .
La fille est debout dans le salon. Près de l'immense baie vitrée. Immobile. Semble regarder au loin. Sans doute le ciel. Très bleu. Avec juste de très
petits nuages. Et la montagne. Si proche. Si "différente", vue de ce 7e étage.
Prunie L'Aventurière voit la fille de dos en entrant dans la pièce. La dame est allongée. La tête calée dans les coussins. Comme d'habitude. Bloquée dans ce lit médicalisé. Si jeune encore. Toute maigre et blanche. Si blanche. Comme la montagne que la fille regarde. Peut-être.
Prunie dit bonjour. Gaiement. Comme d'habitude. Comme si elle ne savait pas. Que la dame est en train de mourir. Doucement. A petit feu. A petite journée. Terminant son abonnement aux soins palliatifs. Sans regret. Sans envie d'y souscrire à nouveau. Même pour trois mois. Même pour un mois.
La dame répond bonjour. Faiblement. Mais gaiement. Comme toujours.
La fille ne bouge pas. Semble n'avoir rien entendu.
Ce doit être elle. La bénévole qui vient parfois. Passer un moment avec la
dame. Lui remonter le moral. Lui parler.
Prunie ne l'a jamais croisée. Connait juste son existence. Par la dame.
Qui a dit : Vous savez, cette fille est bien malheureuse ! Elle a beaucoup de problèmes. J'en ai les larmes aux yeux chaque fois qu'elle me raconte son histoire.
L'histoire, Prunie la connait. Vu que la dame lui en a parlé. Souvent. Tous les jours..
C'est vrai qu'elle n'est pas gaie l'histoire. Donne carrément envie de sauter. Par la fenêtre du 7e étage. Illico. Du moins c'est ce que Prunie ferait. Si la même chose lui arrivait . . .
Dans un sens, c'est bizarre de raconter des trucs si tristes à quelqu'un. Pour lui remonter le moral. Mais bon. La dame ne s'en formalise pas. Au contraire. Elle aime bien les histoires tristes. Parce qu'elle peut ensuite les répéter à Prunie. Qui les aime bien aussi.
Ainsi tout va pour le mieux. Dans le meilleur des mondes. Dans le calme de cette pièce. Où l'on a ôté des meubles. Pour pouvoir mettre le lit. Face à la télévision. Allumée sans le son. Comme d'habitude. Pour qu'on apprécie le silence. Et le temps qui passe. Doucement. Très lentement.
Prunie s'assied sur le canapé. Comme toujours.
Et la dame lui sourit. Comme d'habitude.
La fille ne bouge toujours pas. Fascinée par le paysage. Ou endormie debout. Prunie ne sait pas...
Cacao.
A S U I V R E . . .

. . . / . . .
. . . Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
"Nous aussi nous aimons !"
Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?
Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.
Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s'est accompli.
Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;
Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L'Infini dans vos bras ;
Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future
Qui s'agite en vos seins.
Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un coeur.
Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.
Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.
Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.
Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Votre éblouissement.
Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,
Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !
Louise Ackermann (1813 - 1890)
recueil :Poésies philosophiques
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Prunie L'Aventurière : Une fille dans le vent . . .
Petit Mouloud va à l'école et demande au maître :
- "Comment moi ji pi div'nir français ?
L'instituteur lui répond :
- "Si tu obtiens un 9 en français et un 9 en mathématiques, alors pour moi tu es un français !"
Mouloud rentre à la maison et commence à étudier et à étudier.
En fin d'année, le petit Mouloud a un 9 en français et un 9 en maths.
Il rentre à la maison et, tout fier, dit à sa mère :
- "Maman, maman, ji ai un 9 en français et un 9 en mathématiques, maintenant ji souis français."
La mère devient furieuse :
- "Toi jamais français, toi arabe"
Et elle gifle le petit Mouloud (paf, paf).
Un peu plus tard, son père arrive à la maison et, tout heureux, il lui dit :
- "Papa, Papa, ji ai eu 9 en français et 9 en mathématiques, ji souis Français maintenant !!!