Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 22:37

 

 

          A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES ?

 

 

 

 

 

POUR LA JOURNEE DES FEMMES CE 8 MARS : " A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES ? "
Caroline "Carotte" ma nièce.
 
 
 
Mais à qui... 
Ou à quoi ? Penses-tu, "Carotte" ?
Qui auras dix-huit ans
D'ici la fin Décembre ?
A quoi peuv' bien rêver
Les jeunes filles en fleurs
Dans ce monde si dur,
Bizarre, si compliqué...
 
                     
 
 
 
Tant d'horreurs se bousculent
Jour par jour, heure par heure...
Syrie,Brexit,Marine,
Corée, Du Nord, Du Sud...
Trump Le Fou, Et Bachar       
Et Poutine l'allumé,..
Baisse de la retraite 
Cause de C.S.G.
Age pour s'en aller   
Toujours ré-allongé... 
Alors que vous les jeunes
Vous auriez tant besoin
Qu'on vous libère la place
Pour vous faire travailler,.. 
Si loin, ou bien si près,
Ces enfants...
Mourant de faim, de soif                           
Ou de manque d'amour,
Sous les coups, sous les bombes...
Et ces serial-killers
Qui massacrent au hasard...
Ces prêtres  pédophiles
Dont  on fait le procès...  
Après que, très longtemps,
L'évêché, pieusement,
Ait bien fermé les yeux...
 
 
 
 

 

 
 
Rêves-tu de soirées glamour,     
De Nuit de Chine, nuit câline,
Nuit d'amour ?
Comment s'appelle-t-il 
Ton amoureux du jour,
Que tu aimes  pour toujours ?      
Ce sera vrai  peut-être,
Après tout, qui le sait ?
Ou un autre viendra,
Si le destin le veut... 
Auras-tu toi aussi
Une tout'petite fille,
Qui deviendra jeun' femme
Avec de tendres rêves ?
Ou un bébé-garçon ?
Ou alors  rien du tout ?                                      Caroline (Carotte)

Comm' ta "vieille" tatie.  

 

Arnaud (La Page Sept), sa "Tidou" (La Page Neuf) et A.Laure (La Page 8)

 

 

Qui a bien de la chance
D'avoir en "héritage"                  
Deux nièces si jolies.                  
     
 
  "La Page Huit" d'abord,         
  Et,  plus tard, toi, "Carotte".
    Cousines si complices
  Face à quatre garçons.
  Oui,  c'était pas gagné ! 
  Deux filles  contre quat' gars...
    Avez su les "vamper".
  Et ils sont à vos pieds,
  Vous "protègent", vous aiment.                 Anne-Laure (La Page Huit) 
                                                             et son fils.    
  Un peu trop quelquefois,..
  Vous pensez : "De quel droit             
  Veulent-ils savoir où,                       
  Avec qui, et pourquoi...
  Et même jusqu'à quelle heure,
  Nous danserons ce soir"...
 
        ... C'est vrai, ils sont gonflés !
            Quelle tête ils feraient
            Si vous aussi sans cesse vous
            Les questionniez...
            Allez ! Dites-leur donc                      Carotte-La-Danseuse
            Qu'en 2018,
            Et depuis bien avant,
                          Les filles sont  "rebelles"...     
         
                          Et tout aussi malignes
            Que leurs frères ou cousins ...
 
Mais ils  le savent bien,..  
Leurs copines  sont ainsi.
Même si : " C'est pas pareil "...
Enfin, c'est ce qu'ils disent...     
Sachant pertinemment
Qu'ils disent des bêtises ! 
 
 
                                                          Comme vous sont en quête
                                                          D'une vie formidable,
                           Et d'un monde  "meilleur", 
                           Plus beau que celui-ci.
 
 
 
  Comme nous l'avons été,
  Nous "vieux" il y a longtemps...
  Et comme nous le sommes,
  Toujours,
 
              "Malheureus'ment"...
 
                                             Cacao.
 
 
    Texte écrit en 2011 juste avant les 18 ans de ma nièce Caroline
(Carotte, pour les intimes...) et remis "au goût du jour" ce 8 Mars 2018...
 
 
 
                                                                
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
SI VOUS VOULEZ CONNAÎTRE DES BRIBES D'ENFANCE DE CES 2 JEUNES
 
                              FEMMES, CLIQUEZ SUR  :
 
 
 
 
 
 
MAURICE ET LA PAGE HUIT                                    MAURICE ET LA PAGE HUIT ( 2 )
 
 
 
                                           MAURICE ET LA PAGE HUIT ( 3 )
 
 
 
 
      " LA PAGE HUIT " QUI A MAINTENANT VINGT-NEUF ANS...
 
 
 
 

 

 
 
 
POUR LA JOURNEE DES FEMMES CE 8 MARS : " A QUOI RÊVENT LES JEUNES FILLES ? "
Partager cet article
Repost0
6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 12:12

 

 

 

 

 

 

                     Tu sais, Cacao, dit Prunie L'Aventurière, je suis de

 

plus en plus découragée par mon travail . . . J'ai décidé,  sur le

 

tard, après une vie professionnelle déjà bien remplie, de me

 

lancer dans cette activité "d'aide à domicile" à cause du mot :

 

"AIDE".

 

... Pensant être utile, et adoucir un peu la vie des gens dans 

 

les embêtements. J'avais réalisé combien cet "humble" métier 

 

avait de l'importance, avant la mort prématurée de ma petite

 

soeur, puis de mon papa, resté longtemps paralysé.

 

Tous deux avaient reçu non seulement aide dans leurs gestes

 

quotidiens, mais aussi soutien moral extérieur à la famille,

 

leur procurant une bouffée d'oxygène et d'ouverture

 

sur la vie, eux qui ne pouvaient plus sortir...

 

Et bien, vois-tu, en ce moment, j'ai l'impression que mon rôle

 

est complètement dévoyé.

 

-- Pourquoi donc, demanda Cacao ?

 

-- Parce que les bénéficiaires de l'A.P.A (allocation personnalisée

 

d'autonomie) utilisent, à d'autres  fins que celles prévues, les

 

deniers du Conseil Départemental.

 

-- Que veux-tu dire par-là ?

 

-- Je te donne un exemple : depuis trois ans, je travaille pour un

 

vieux monsieur marchant avec un déambulateur, suite à deux

 

opérations des hanches qui ont mal tourné. En principe, je suis

 

chargée de m'occuper de lui et de son bien être : le faire marcher,

 

le promener en voiture, l'emmener chez le médecin ou faire des

 

courses, rendre sa chambre agréable et sa vie plus facile.

 

Et bien, vois-tu, j'ai souvent à peine le temps de seulement lui

 

parler !

 

-- Comment ça ? Tu y vas pourtant plusieurs heures par

 

semaine  !

 

-- Oui, mais le problème, c'est que son dragon d'épouse, qui se

 

fiche de lui comme de l'an quarante, et lui mène une vie infernale,

 

m'utilise pour bien d'autres choses que je ne suis absolument pas

 

censée faire . . . De fil en aiguille, elle en invente toujours plus.

 

Je dois faire tout le gros ménage, nettoyer les congélateurs, les

 

trente ans de graisse cuite collée sur la gazinière et la hotte de la

 

souillarde où elle fait ses conserves de canard, arracher l'herbe

 

des allées, briquer les cuivres, râtisser les feuilles mortes chaque

 

automne, bref, elle me considère comme sa bonniche personnelle.

 

-- Mais pourquoi ne protestes-tu pas ?

 

-- Pour deux raisons : d'abord parce que ce n'est pas loin . . . Tu

 

sais qu'on nous donne très peu de frais de déplacement. Comme

 

ma voiture ne marche pas encore aux courants d'air, j'évite de

 

trop rouler. Et puis, vois-tu, cette sorcière est très copine avec

 

ma chef de secteur . . . alors si j'en parle, ça me retombera sur

 

le nez, et on m'enverra jerker à vingt kilomètres  . . . où ce sera

 

peut-être  encore pire  . . .

 

-- C'est sans doute une bonne femme qui a l'habitude d'être

 

servie !

 

-- Pas du tout ! Ce sont des gens très modestes. Elle était ouvrière

 

d'usine.

 

-- Alors, je ne comprends pas, elle sait pourtant ce que travailler

 

dur veut dire . . .

 

-- Et bien, je vais t'étonner ! L'expérience m'a appris que ce sont

 

souvent ces gens-là qui t'exploitent le plus, et sont le plus infects

 

avec toi !

 

-- Mais pourquoi ?

 

-- Sans doute parce qu'une fois à la retraite, ils trouvent plaisir

 

à se venger, sur aussi subalternes qu'eux, des couleuvres qu'ils

 

ont avalées au cours de leur vie professionnelle ! Sais-tu que la

 

phrase favorite de cette grosse vache, lorsque j'ai des velléités

 

de rébellion, est :

 

" Evidemment, si vous ne voulez pas travailler ..."

 

Figure-toi que depuis quelques jours, à "temps perdu", comme

 

elle dit, elle me fait nettoyer les joints du carrelage d'une

 

vieille douche, immondes car pas entretenus depuis la nuit

 

des temps, à la brosse à dents, alors que lui ne peut plus

 

se doucher, vu son handicap, et qu'elle, elle se lave quand 

 

elle y pense . . .

 

-- Non ! ! !

 

-- C'est comme je te le dis ! Et idem pour le carrelage de toute la

 

maison, où les joints sont encrassés depuis des lustres.

 

Elle a décidé que j'allais tout "resuivre", c'est son expression,

 

petit à petit, pièce par pièce . . . Tu comprends pourquoi j'ai

 

si mal au dos ! 

 

-- Et le pauvre mari ? 

 

-- Oh ! lui, il ne dit rien. Que veux-tu qu'il dise ! Il a besoin d'elle

 

dans son état. Et puis c'est un homme doux et faible. Il s'est

 

fait humilier toute sa vie, il ne va pas réagir maintenant . . .

 

 

 

 

 

 

                                 A     B I E N T Ö T   . . .

 

                                                                              S U R     M O N     VELO   . . .

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 09:30

 

 

 

Certains soirs, parce que la Page     3483001918_f65f84d794.jpg 

 

Huit avait crié trop fort, en jouant

 

dans le jardin, ou parce qu'il avait

 

mieux à faire, Maurice ne rentrait

 

pas. Ni le lendemain matin.

 

Ni le soir suivant ... On se mettait

 

alors en quête de lui, à travers

 

prés et champs, aux alentours...

 

On savait  où chercher...On finissait

 

toujours par trouver...    

 

                                                                    

 

  On se faisait peur, se persuadant qu'il n'avait rien mangé depuis deux

      

                                                                            

jours. Ce qui était faux, on le savait bien. Comme tous les mulots du coin.   

 

 

3208415360_60f24bf378.jpg  Et tous les petits lapins. Car Maurice-

 

Le-Cruel guettait les naissances devant les terriers. Il y passait des journées et

 

des nuits entières. Pas malheureux du tout. Surexcité au possible. Nous faisions

 

tout pour le dissuader, et sauver quelques lapins.

 

Oui, le côté obscur de Maurice se révélait l'été. Poussé par son instinct, il

 

devenait serial-killer. De cela, nous ne disions mot à la Page Huit. Elle avait trop

 

haute opinion de lui, à quoi bon gâcher la fête.

 

Lorsque nous étions en  "grave"quête du chat, elle avait ordre de ne pas bouger

 

de la maison. Elle faisait donc la lecture à son arrière-grand-mère, pour montrer

 

sa sagesse. Ce sont d'habitude les mamies qui lisent des histoires aux enfants

 

pour les endormir. La Page Huit préférait le contraire.

 

Peut-être dans l'espoir d'endormir la mamie. Qui avait grande patience pour

 

l'écouter lire, à sa façon, et en boucle,  toujours les mêmes histoires. Ses

 

préférées.

 

Les mêmes...pas tout à fait. Car ce qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer, La Page

 

Huit l'inventait, n'hésitant pas à changer de version, d'un soir à l'autre. Ce qui 

 

enchantait son arrière-grand-mère.

 

Si toutefois elle entendait tout.

 

" Cette enfant lit très bien, disait-elle."     

 

... Or donc, ce soir-là, nous avions enfin trouvé Maurice. A grands renforts de

 

tintements de cuillère dans les prés. Sûrs qu'il ne voudrait pas rentrer, nous

 

venions de lui ouvrir sur place une boîte de pâtée. Le bruit du couvercle qui

 

saute l'intéressait toujours. Il allait condescendre à manger un peu dans son

 

bol,  juste pour faire plaisir à ses "parents". 

 

C'est le moment que choisit La Page Huit pour surgir en hurlant :

 

--  Venez-vite ! Venez-vite !

 

Comme elle ne semblait ni blessée, ni franchement inquiète nous lui dîmes :

 

--  Mais enfin, pourquoi cries-tu comme ça ! Alors qu'on t'avait recommandé

 

   d'être calme pour ne pas faire fuir Maurice  !

 

--  Ah ! C'est parce que c'est trop grave ! Mamie m'envoie vous dire que les

 

   toilettes sont bouchées, et qu'il y a un crapaud dans la cuisine !

 

 

 

 

                                                                               

 

                                         A     CET     APREM '   . . .

 

 

 

                                                     SUR     MON     TANDEM  . . .

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 05:53

 

          Photo Thibaud Mischler, dit Winter Snow 

                                                                                                                                     

hills by HardDayKid   

                                                       

                                     La Page Huit poursuivait agréablement ses vacances à la

 

campagne, qu'elle animait considérablement. Son arrière grand-mère et le chat

 

Maurice sursautaient souvent sur son passage, mais elle savait aussi les enjôler.

 

Si bien que dans la chaleur de l'été, des jours tranquilles, remplis de tous petits

 

bonheurs, coulaient doucement.

 

Le soir, après dîner, on allait jusqu'au cimetière. On n'avait aucun mort à visiter.

 

On allait y chercher Maurice. A cette heure-là, c'était son territoire.

 

Les chats se plaisent en ces lieux, y trouvant sans doute de petites proies...

 

Ou pour des raisons mystérieuses et obscures, qui leur appartiennent...

 

Le mien aime s'allonger le soir sur les pierres tombales encore chaudes.

 

Lorsqu'on l'appelle, il ne se presse pas. On ne rentre pas dans le cimetière, sauf

 

s'il tarde vraiment. On suppose juste qu'il y est.

 

Le jeu consiste à siffler plusieurs fois, comme un merle, le long du chemin, puis à

 

écouter une réponse lointaine. Qui vient vite, ou pas.

 

En général, on entend un miaulement léger, puis qui se rapproche, jusqu'à ce

 

qu'on arrive vers le haut mur du cimetière.  On s'assied sur le banc, en face.

 

Et l'on attend, plus ou moins longtemps, les yeux fixés sur le sommet.

 

Le chat ne miaule plus, on se demande si on a rêvé l'avoir entendu...

 

On écoute le silence, en surveillant le mur. Tout le long du mur. Ne sachant

 

jamais où il va apparaître. Les paris sont presque toujours mauvais.

 

Dans combien de minutes ? A quel endroit ? Devra-t-on resiffler un peu ?

 

La Page Huit se trémousse, dans la joie et l'inquiétude de l'attente.

 

On fait mine de désespérer, parlant de rentrer. Elle insiste pour rester :

 

" Encore un petit moment, s'il vous plaît, je suis sûre qu'il va venir. " 

 

Elle siffle à son tour, jure qu'elle perçoit un petit miaulement. On prétend ne

 

pas avoir entendu. D'ailleurs, il n'y a plus rien.

 

Et soudain, sur le mur noir, apparaît une silhouette sombre, qui se découpe dans

 

le couchant, et qui nous fascine. Maurice est là. La Page Huit se tait.

 

Il ne faut pas le brusquer, ou chercher à l'attraper. Seulement dire, d'un ton

 

indifférent : " Tu viens Maurice ? "

 

Puis repartir vers la maison, sans trop se retourner, ou alors discrètement.

 

Il suit à distance. Si on le regarde, il s'arrête, subitement intéressé par quelque

 

chose dans les herbes.  

 

Alors on rentre, on le laisse faire. Devant la maison le dernier jeu consiste à dire :

 

" Mais où est donc le petit Maurice ? Il n'est pas là ce chat ? "

 

Ces mots ont le don de le faire jaillir de la nuit, miauler, puis minauder.

 

La Page Huit peut alors annoncer, raisonnablement fort, et sur un ton de

 

plénitude :

 

"Il est là, Maurice ! " 

 

Il ronronne et roucoule. Elle jubile.

 

On dirait que tous deux dansent de joie. Puis il attend, elle le nourrit, le caresse.

 

Il se frotte à ses jambes, vient dans les nôtres. S'installe sur le muret, se lèche

 

tranquillement. On s'assied un peu dehors, à prendre le frais et à le regarder.

 

Il nous surveille un moment. Vérifie que les choses sont en ordre.

 

On ne sortira plus ce soir. Il nous a ramené au bercail.

 

C'est nuit noire. Le moment est venu pour lui. 

 

De disparaître vers d'autres aventures.  

 

 

 

 

 

  

                                      A     DEMAIN  . . .

 

 

 

 

                                                        DANS     LE     SOUS - MARIN . . .

 

                                                                      

 

 

                                                                                                          ( A SUIVRE ... )

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 02:02

 

 

 

 

 

5384476034_15b30c0f2c.jpg       - Prunie l'Aventurière, dit Cacao, tu   

       

       sais que j'ai deux nièces,     

 

       Carotte, dont  je viens de te parler,

 

       et La Page Huit, qui est un peu plus

 

       âgée.

 

       Elles ne sont pas soeurs, elles

 

      sont cousines.

 

       - Oui, oui, bien sûr. Mais ce dont

 

      je me souviens mal, c'est pourquoi elle s'appelle La Page Huit ...

 

       - Oh ! Ceci est une autre histoire !

 

        Voyons d'abord celle-là.

 

 

                                            

 

 

                                                                               

  

 

 

               Pour les "un an" de Maurice-Le-Chat, La Page Huit, qui en avait six, avait

 

décidé qu'il fallait un gâteau à la chantilly, afin qu'on puisse donner au moins de

 

la crème au chat. C'était le huit Juillet. 

 

Nous avions dîné à la fraiche sur la terrasse, et pas vu le chat de la journée. Il est

 

vrai que La Page Huit, très expansive, avait fait pas mal de bruit et poussé force

 

cris ce jour-là. Nous lui expliquâmes que, si elle voulait que Maurice rentre faire

 

honneur à son dessert, il fallait être très calme ce soir-là. Et l'appeler doucement

 

au moment voulu, car il ne devait pas être loin.

 

Elle suivit à la lettre nos instructions, ne disant pratiquement pas un mot à table,

 

et nous recommandant sévèrement de parler à voix basse.

 

Ce n'était pas vraiment facile, car nous recevions aussi ma grand-mère, qui était

 

son arrière-grand-mère, un peu dure d'oreille.

 

A la fin du repas, La Page Huit ne se fit pas prier pour aider à lever le couvert et

 

mettre les assiettes à dessert. Puis elle apporta fièrement le gâteau, sur lequel

 

elle avait mis une bougie, qu'elle alluma.

 

-- C'est un peu tôt pour allumer, dit son arrière-grand-mère. Attends de trouver le

 

   chat d'abord !

 

La Page Huit se mit donc en devoir d'appeler Maurice, très doucement, dans

 

chaque recoin du jardin. Au bout d'une dizaine de minutes, elle revint, dépitée, 

 

souffler elle-même la bougie.

 

A l'étonnement général, ce fut à cet instant que le chat apparut, nonchalamment,

 

au bout de la terrasse. Elle fit sans doute un gros effort pour ne pas crier, comme

 

elle en mourrait d'envie :  "Maurice, voilà Maurice !"

 

A la place, elle prit délicatement une soucoupe, y déposa une bonne ration de

 

chantilly, faisant un peu tinter la cuillère, ce qui attirait toujours l'animal.

 

Déjà, il s'avançait. Elle alla à sa rencontre, déposa très précautionneusement

 

l'assiette par-terre. Puis recula un peu, pour juger de l'effet, et s'accroupit

 

lentement, face à lui.

 

Maurice commença à lécher la crème, avec un empressement et une satisfaction

 

faisant plaisir à voir. Pendant environ cinq secondes.

 

Car ensuite, La Page Huit, au comble du ravissement, ne réussit pas à se retenir

 

de crier bien fort, dans le silence de la nuit tombée :

 

 " Bon anniversaire, Maurice ! "

 

Il détala sur le champ. On ne le revit pas avant le lendemain soir.

 

 

 

 

                  

 

 

                          A       LUNDI   . . .

 

 

 

 

                                                                    DANS       L' TAXI   . . .  

 

 

                                                                                                                      

 

                                                                                                                                        ( A suivre)

 

 

 

 

 

   

 

   

 

Partager cet article
Repost0
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 00:30

 

 

 

 

 

MAURICE 004 

 

 

 

 

        Vous le savez déjà, ( Allo le monde, ici Maurice-Le-Chat ! ) elle a

osé m'attacher !

Moi, Maurice-Le-Vagabond ! L'explorateur des campagnes. Le roi de la

chasse aux lapins ! Dix-sept ans d'expérience dans cette activité. C.V.

sur demande.

Moi, Maurice-Le-Chat, chef d'un immense territoire dans mon Lot natal !

Qu'elle m'ait emmené dans son nouvel appartement, passons. J'accepte.

Après tout, je l'aime bien. L'hiver dernier, on est allé à la montagne avec

elle. Sloopy, Marcella et moi. Et on s'est bien amusé dans la neige. On ne

connaissait pas. Surtout mes idiotes de soeurs, qui n'étaient même pas nées

quand on en a vu une fois dans le Lot.

Cet été, elle avait dit qu'on allait "en ville". Dans la nouvelle maison de

"maman". N'importe quoi. Ce n'est pas du tout une maison, même s'il y a

un petit jardin. A mon avis, elle s'est fait avoir. Une maison, c'est bien

plus grand. Passons. Comme toutes les femmes, elle n'y connaît rien.

Mais question embêter le monde, avec une longue corde ficelée au volet, ça,

elle sait faire ! Enfin, rien qu'une journée. Je vous ai déjà raconté. J'ai

vite réussi à l'en dissuader.

J'avais juré de me venger. Je vous l'avais dit. C'est fait. Et bien fait.

Oh ! Pas tout de suite. J'ai attendu mon heure, fait mon sage, mon "mignon

chat", comme elle dit. Elle trouvait que je m'étais bien adapté, que j'étais 

"raisonnable"... Je buvais du petit lait, dans l'attente de ma revanche.

Au début, elle ne me laissait dehors que lorsqu'elle était là. Puis, devant

ma "sagesse", elle s'est enhardie. Même quand elle partait, "travailler",

soi-disant, ( truc que font les humains pour acheter des boîtes,  des

croquettes, de la litière, des paniers, des coussins, et peut-être des

choses inutiles, pour eux, je ne sais pas) je pouvais rester dehors, sur ma

chaise longue personnelle, ( Méfie-toi, Sloopy !  ). Ou sous la haie, à faire 

mon "gentil chat".

Un jour, je l'ai entendu parler avec Christiane. De "Toulouse". De "danse

orientale". De la fille de Christiane qui allait faire un "spectacle".

Aucun intérêt pour moi dans ces mots. Du chinois. Qui m'empêchait de

faire tranquillement ma sieste.

Pourtant, la fin de ce bavardage pénible a retenu mon attention :

- On partira à 18 H dernier délai, pour avoir de bonnes places.

- Tu as raison, je sortirai les filles un peu avant, je les ferai manger.

Et, hop ! Tout le monde "au lit". Pour Maurice, pas de problème, il est

"mignon" comme tout ! Dès que je l'appelle, il rentre "sagement"...

 

                ...Ah ! Ah ! Ah ! Pas tombé dans l'oreille d'un chat sourd !

Déjà, quand elle est rentrée du travail, vers 17h10, elle ne m'a pas vu 

sur la chaise longue. Elle a un peu regardé sous la haie, pas trop. J'étais

bien planqué au milieu du feuillage. Elle pouvait toujours appeler. De toute

façon, à ce moment-là, elle n'a pas insisté. Elle a dit à mes deux gazelles

de soeurs : il doit faire "dodo" sous la haie, on va aller se promener, on le

réveillera après, et on le fera rentrer...  Pfft ! L'espoir fait vivre...

Espérez un peu les femelles, miaulera bien qui miaulera le dernier !

En plus, d'abord, elle s'est pomponnée. Habillée comme quand elle nous

laisse parfois. Un peu. Et que mes deux idiotes de "soeurs" font une mine

de carême. Comme si le monde allait s'écrouler. Parce que leur "maman"

s'en  va à une heure inhabituelle ! Elles sont si abruties que si on ne leur

dit pas  toutes les dix minutes "elle est mignonne Marcella" ou "elle est

gentille  Sloopy", elles perdent le goût de remuer la queue...

Bref, maquillage, coiffure, laisses aux cous des deux gourdes. Là voilà

partie  "promener" ses chienchiens.

Je me doutais que la sortie serait courte. Elle avait hâte de partir avec

Christiane, à cause de ce truc de "danse orientale". Du grand n'importe

quoi sans doute. Comme d'habitude. Genre "restaurant", "cinéma", "faire

des courses". Concepts inconnus de moi. Donc temps perdu à coup sûr.

Ces  deux-là me fatiguent à placer sans cesse des mots ineptes dans leur

babillage usuel.

Je surveillais le retour des "promeneuses". Du fin fond de la haie. Contre

le fameux grillage. Réputé "inviolable". Balivernes. Bêtises sans nom. J'y

grimpe à ce grillage. Je l'ai fait plein de fois quand elle n'était pas là, ou

croyait que je faisais "dodo". Je connais les pelouses des voisins. Les bacs

à fleurs du rez de chaussée. Sous lesquels on peut s'abriter, embêter des

lézards, surveiller les humains pressés. Qui rentrent et sortent de leurs

drôles de terriers.

Quand elles sont arrivées, je venais de mettre les voiles. Je l'entendais

appeler. Je jouissais. Adieu la "danse orientale", ma fille ! Tu peux couiner

tant que tu veux "Mauriçou, petit Mauriçou ! Viens Maurice, viens !".

Pas prêt "d'obéir" le Maurice ! Tiens, voilà que la Christiane s'en mêle.

Il  ne doit pas être loin de 18H. Elle est sur son 31 elle aussi. Bon, ça

roule. Deux soirées gâchées au lieu d'une ! Non, l'autre va y aller quand

même.  C'est sa fille après tout. Celle qui danse. Mais ma "maman", hein,

niet ! Bien fait ! 

Je la tiens, ma vengeance ! Dans toute sa splendeur.

J'attends avec impatience que Christiane s'en aille... Pour que ma

"maîtresse"  reste seule avec son inquiétude ! Qui c'est qui commande ici ?

Pas elle en  tout cas !

Ben vous savez quoi ? Elle y est allée quand même à sa "danse orientale" !

Quelque part, ça m'a vexé. Elle a dit "il va revenir, je suis sûre qu'il

sera là à notre retour". Bof, j'allais réfléchir à la chose. En attendant, je

me suis bien amusé ce soir-là. J'ai même visité le parking souterrain, qu'ils

croient protégé parce qu'il y a des grilles ! Foutaises !

Lorsqu'elle est rentrée, vers 3H du mat, j'étais effectivement là,

devant la baie vitrée. Nonchalamment assis. Depuis un moment, j'observais

Marcella et Sloopy. Qui roupillaient dans leurs paniers, ces deux grosses

vaches. Lorsqu'elle a ouvert la baie, j'ai pris mon temps. Fait semblant de

n'avoir aucune envie de rentrer. Pendant qu'elle se déshabillait. Puis bon,

comme j'avais un peu faim, et envie de dormir sur son lit, je me suis

décidé à remettre les pattes dans cet ersatz de maison.

Mais, il y a une chose dont je suis sûr : elle a dû se faire des cheveux à la

"danse orientale" ! Et elle n'a pas pu profiter vraiment de sa soirée. . .

Bien fait ! Et c'est pas encore assez ! Je lui en ferai d'autres ! 

L'avait qu'à pas m'attacher ! Quel culot ! M'attacher !

M'attacher ! Moi ! Maurice-Le-Chat ! 

 

 

 

 

MAURICE-002.jpg

MAURICE-001.jpg

 

 

 

  DE RETOUR AU BERCAIL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 P.S. Si vous voulez savoir comment je vivais avant, moi, Maurice-Le-Chat,

 

lisez par exemple :      MAURICE ET LA PAGE HUIT  

 

                           MAURICE ET LA PAGE HUIT ( 2 )                    

                            

                           MAURICE ET LA PAGE HUIT ( 3 )  

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 09:57

       

 

MAURICE-ET-14-JUILLET-026.jpg

 

 

 

 

              Le premier jour, elle m'a

enfermé dans le nouvel appartement.

Je ne me suis pas formalisé. Elle

m'avait déjà fait le coup, cet hiver,

à la  montagne.

Le lendemain, je le savais déjà, avec

mille recommandations  idiotes, elle

me laisserait sortir.

Même pas boudeur, j'ai profité de cette journée  pour visiter par le menu

toutes les pièces.Bon, on a gardé les meubles  d'avant, et elle m'a recréé

mes coins favoris, avec coussins, et tout ce  qu'il faut. Correct.

D'après ce que je voyais par la baie vitrée, il y avait un dehors, avec une

pelouse, petite certes, mais entourée de haies, sous lesquelles faire

quelques siestes un peu tranquille.

Trois fois, ce jour-là, elle a sorti mes idiotes de "soeurs", remuant la

queue, piaffant de joie, ravies, ces imbéciles, qu'on leur mette une laisse.

Car il  paraît qu'on est en ville. Je ne connais pas ce mot.

Le second jour, je la guettais d'un oeil. Elle a dit que j'allais visiter le

nouveau jardin. J'étais prêt. Depuis la veille, j'avais repéré un parterre à

gratter. Tout baignait.

Soudain, ce fut l'horreur. En une fraction de seconde.

Savez-vous ce qu'elle a fait ? Elle m'a "attaché" ! Mot terrible que je ne

connaissais pas. Un peu comme mes soeurs avec leurs laisses, sauf que là

c'était une très longue corde, bien ficelée au crochet du volet de la

cuisine.

Quelle installation mes aïeux. Tout ça à cause du "boulevard", où il y a

des voitures. Il paraît qu'il est "périphérique" en plus. Je m'en fous pas

mal.

Les voitures, je connais, même s'il n'en passait pas beaucoup chez nous,

dans le Lot. Elles ne me font pas peur ! ! ! Quant au "périphérique",

"boulevard"  ou pas, je l'emm...

Bref, je me suis couché, et j'ai boudé et somnolé toute la journée sur

sa pelouse, soi-disant magnifique. Pour l'embêter, j'ai décidé de ne pas

manger. . .

Le soir, elle était désolée. Sûre que j'allais faire une dépression nerveuse.

N'importe quoi. Moi, Maurice-Le-Chat, faire une dépression ! ! ! 

Figurez-vous qu'au milieu de la nuit, quand elle a fini par s'endormir,

après m'avoir baratiné des heures que je devais être "mignon", qu'elle se

faisait beaucoup de souci pour moi, etc...donc quand elle a fermé les

yeux, je n'ai pas manqué d'aller discrètement grignoter une bonne rasade

de ces détestables croquettes, paraît-il bonnes pour les reins des vieux

chats, et qui coûtent un prix genre "la peau des fesses". Même qu'elle me

les met en hauteur, pour ne pas qu'une de mes deux gazelles de soeurs

ne les avale sans qu'elle ait "le temps de dire ouf".

Bon, le troisième jour, elle m'a détaché. Elle avait compris. Je suis sorti

nonchalemment, je voyais qu'elle m'observait. Elle a dit au téléphone à sa

soeur qu'elle me surveillait "comme le lait sur le feu". Encore des mots à la

noix de coco qu'elle affectionne.

Ce jour-là, j'ai été "mignon". Je la voyais qui regardait à travers la vitre.

J'ai fait mon sage, un peu fureté dans les coins, un peu gratté la terre,

puis je me suis choisi un coin sous la haie, là où la terre est chaude et ma

tête à l'ombre. Elle semblait ravie. Tant mieux. Plus tard, elle allait voir

ce qu'elle allait voir...

Elle m'avait attaché, moi, Maurice-L'Explorateur.! Je me vengerai ! En

temps utile... Et, croyez-moi, je l'ai fait ! ! !

 

 

                                                  A    SUIVRE . . .

 

 

 

 

MAURICE-ET-14-JUILLET-024.jpg 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 00:56
 
 
 
STE-MARIE-002.jpg
 
 
      Même s'il semble peu dynamique sur cette photo, Maurice- Le-Chat
s'adapte en douceur à son nouvel environnement. Il organise ses journées
comme il en avait l'habitude, et a retrouvé le plaisir de prendre le soleil
sous les laurières. Celles de son nouveau jardin sont beaucoup plus basses,
mais il s'en contente. Revenant de promenade avec Marcella et Sloopy,
juste avant que le soleil ne tombe derrière la montagne, nous le retrouvons
sous sa petite haie bien orientée, s'étirant, ravi de nous revoir,bien que 
regardant exprès ailleurs. Comprenant que, pour tous, le moment est venu
d'aller se mettre au chaud.
Il a de nouveau bon appétit, choisit ses endroits de repos, le matin un gros
fauteuil inondé de soleil, en fin d'après-midi le canapé, tout près de sa
"maîtresse". (On sait bien que personne n'est "maître" ou "maîtresse" d'un
chat. C'est lui qui "décide".)
Le soir, après la dernière sortie "hygiénique" des deux chiennes, il sait la
minute exacte à laquelle nous irons nous coucher. Dès que je sors de la
salle de bains, il observe le moment où je choisirai un livre, et, me
devançant, se dirige vers la porte de l'escalier menant à la chambre.
Dès que je l'ouvre, il s'élance, et je le retrouve déjà sur le lit, prêt à
se blottir sur mes jambes pour une douce nuit.
Alors, rien de nouveau sous le soleil, ou les étoiles, me direz-vous . . .
Si ! Pendant que je dîne, comme nous n'avons pas de chatière ici, n'étant
pas chez nous,nous ne pouvons en mettre une, je lui ouvre la porte-fenêtre,
et  le laisse sortir pour une dernière exploration "nocturne".
De tout temps, comme tous les chats, il sait, se tenant sur deux pattes,
se montrer à la vitre pour observer, ou signaler son retour. 
Lorsqu'on ne le remarque pas, un miaulement bref, mais éloquent, avertit
de l'intention de Monsieur de poursuivre au plus vite sa soirée sur le canapé.
Gratter aux carreaux, il pourrait le faire. Cela lui arrivait parfois, étant
plus jeune.
Mais maintenant, depuis quelques jours, juché sur deux pattes, le museau
contre la vitre, une patte à plat sur celle-ci, il frappe de l'autre deux ou
trois petits coups secs. Tout à fait semblables à ceux qu'utiliserait un
humain pour demander la permission d'entrer.
Alors, pas besoin d'oeilleton pour vérifier si celui qui frappe si tard est
le bienvenu. La petite bouille tigrée aux oreilles pointues s'est montrée, et,
sûre de son "pouvoir", est "retombée sur ses pattes", cachée à notre vue,
mais prête à rentrer, l'air détaché et nonchalant, dès que j'entrebaillerai
la porte. 
 
 
 
1965928384_f9b5048220.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                            STE-MARIE-006.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Partager cet article
Repost0
22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 19:26

                        Pour le défi d'Evy    ( N°149 )

              BLOG " PLUME DE POETE ET SES DEFIS"

                 http://plume-de-poete.over-blog.com/

                      Thème : Vous souvenez-vous ?

          . . . D'un grand moment de votre vie,

                                    mais aussi de ces petits riens . . .

       
 

 

   

       Quand Maurice-Le-Chat était jeune, du vivant de mes parents,

lorsque j'allais passer quelques jours chez eux, je l'emmenais.

Il lui arrivait de disparaître dans la journée, mais en règle générale, on

le retrouvait vite. Furetant parfois dans un coin de la cour. Inspectant du

bric-à-brac sous l'abri en tôles. Ou souvent à la cave. Elle était très

vaste et encombrée, mais ma mère n'avait pas son pareil pour l'y dénicher.

N'y descends pas, lui disions-nous, depuis le temps qu'on l'appelle, il n'y

est pas, c'est sûr. Il serait venu ! Elle s'entêtait, et on la voyait revenir,

assez vite, serrant fièrement le chat dans ses bras.

Et il se laissait faire, lui, le sauvage, qui acceptait si peu de bras...

Une fin d'après-midi, ouvrant la porte de la terrasse, elle poussa un cri. 

Maurice venait de déposer à ses pieds un gros pigeon, hélas tout à fait

mort. Elle en fut bien ennuyée, le voisin avait un pigeonnier, et il n'y avait

guère de doute sur la provenance de l'animal.

Elle était en même temps très émue, le chat la regardait avec adoration,

et  elle savait que ce cadeau était pour elle.

Les jours suivants, elle surveilla de près Maurice, pour éviter toute

récidive.

Cela lui fut facile, il ne la quittait pas d'une semelle. Ils faisaient la sieste

ensemble l'après-midi, elle disait que ses ronrons la berçaient.

Une fois, pourtant, à son réveil, elle ne le trouva pas blotti contre elle.

On chercha, on appela. Elle inventoria la cave, sans résultat...

Bien qu'il sembla impossible que le chat ait quitté la maison, les portes

étant toutes fermées, elle alla discrètement "zieuter" dans le jardin du

voisin... Rien...

Ce fut mon père qui le trouva. Dans le lit des poupées, qu'il avait fabriqué

lui-même tant d'années auparavant. Le baldaquin parfaitement fermé ne

laissait rien voir, nous affirma-t-il. 

Maurice s'était faufilé sans rien déranger. Les deux pans du rideau avaient

repris leur place après son passage. 

Papa avait pensé à ce lit, se disant : 

"Si j'étais un chat, où aimerais-je  faire la sieste ? "

Voyant tout en ordre, il n'avait écarté doucement le rideau que par acquit

de conscience. Il aurait été bien dommage qu'il ne l'ait pas fait, non pour

Maurice, qui aurait fait sa réapparition en fin d'après-midi, mais pour

nous tous.

Un doigt sur la bouche, mon père vint nous chercher. Et l'on contempla

Maurice, d'habitude si vigilant, dormant, en toute confiance, dans le lit des

poupées... Indifférent à tout, au comble du bonheur... 

Papa referma doucement le rideau sur ce spectacle, et nous sûmes

tous que cette image, si simple, resterait gravée dans notre esprit.

Parmi les petits moments de douceur dont on aime se souvenir...

 

 

 

                                                               Cacao.

 

                            (Article précédemment publié en février 2012,

                            mais correspondant au thème  de ce défi d'Evy.) 

 

Partager cet article
Repost0
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 09:31
 
 
 
 
3491794680_62c0e1287f.jpg
 
 
 
5674548533_c6fb7585f4.jpg 
 
 
 
La tradition de fêter le 1er Mai remonte à l'Antiquité. C'était la date
à laquelle les navigateurs reprenaient la mer.
 
 
 
Le 1er Mai 1886
 
Le 1er Mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200.000 travailleurs américains
d'obtenir la journée de huit heures.
 
Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard, à instituer une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs». Cette journée est aujourd'hui plus volontiers appelée «Fête du Travail», bien que l'expression prête à confusion...  
 
Une revendication nationale
 
Au cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.
 
Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.
 
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
 
Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).
 
Stèle vengeresse
 
Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui» (*).
 
Manifester pour la journée de 8 heures
 
Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.
 
Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il est habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).
 
Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.»
 
Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.
 
Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.
 
Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.
 
L'horizon paraît s'éclaircir après la première guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247«l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue» !
 
Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, sous l'autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d'autres pays... L'Allemagne nazie va encore plus loin ! Hitler, pour se rallier le monde ouvrier, fait, dès 1933, du 1er mai une journée chômée et payée. La France l'imitera sous l'Occupation, en... 1941.
 
Le 1er mai en France
 
En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
 
Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge.
 
Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.
 
Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
 
C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain.
 
À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !
 
En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.....
 
  2834846365_394ffa33fd.jpg
 
     
Partager cet article
Repost0