Winter Snow (photo Marion Perez)
-- Sais-tu, Prunie L'Aventurière, dit Cacao, que mon neveu, le petit Winter Snow,
a eu vingt-deux ans avant-hier ? Il est bien grand maintenant !
-- Mon Dieu, déjà ! Incroyable ! Je me rappelle de sa naissance ! Cela me semble
si proche !
-- C'est vrai que ce fut "épique". Comme toutes les "aventures" que je t'ai contées,
depuis tant d'années, à propos de mes neveux et nièces !
-- Oui, je connais déjà celles de La Page Sept, La Page Huit, Carotte, et Le
Goéland (cf.art. éponymes). Pour Winter Snow, je crois que je ne me souviens
pas de tout . . .
-- Alors, écoute . . .
Comme à son habitude, Prunie ferma les yeux. Cacao ne savait pas si c'était
pour mieux savourer ses toutes petites histoires, ou pour s'abstraire du monde
en faisant semblant d'écouter. Mais cela lui était égal, elle avait quelqu'un près
d'elle à qui parler . . .
. . . C'était à la fin Juillet, Prunie. Je n'habitais pas encore ici, puisque je suis là
depuis seulement vingt ans. Je vivais alors dans cette ville dont je t'ai parlé,
là-bas, au pied des montagnes.
Ma première petite soeur, celle des "Glaçons aux moustaches", était en vacances
au bord de l'Atlantique. Avec son mari et Le Goéland. Dans un village entre
Biarritz et l'Espagne
Son homme avait un petit bateau. Il aimait les promenades en mer.
Elle était enceinte de sept mois, mais ce jour-là, les vagues étaient douces.
Les voilà partis tous les trois goûter le vent de la liberté et les embrums
parfumés . . .
Sauf que le soir, rentrée au port, elle ne se sentit pas bien. Après avoir gagné
les eaux de l'Atlantique, elle en perdit d'autres, et eut tôt fait de comprendre
qu'il fallait se depêcher d'arriver à l'hôpital de Bayonne. Elle savait que pour
un bébé prématuré, il valait mieux un grand centre hospitalier.
En cette fin Juillet, la route côtière était bien encombrée avant d'arriver au
B.A.B (voie rapide Bayonne-Anglet-Biarritz, ou vice-versa...surtout dans notre
histoire !)
Ils roulèrent le plus vite possible, mais malgré leurs efforts n'atteignirent jamais
Bayonne. . . Bien heureux de trouver sur leur route une clinique "fléchée", très
chic d'ailleurs, à Biarritz. La poche des eaux était rompue, mais le bébé n'était pas
prêt à naître. Il n'était ni tourné, ni engagé. Il n'était plus protégé des infections,
une césarienne s'avérait nécessaire. On la pratiqua sous péridurale, si bien que
ma soeur entendit tout, et même plus qu'obligatoire :
"C'est un beau petit garçon Madame ! Pour un prématuré, il pèse un joli poids."
...Elle réalisa que le bébé ne se décidait pas à crier ...
" ... Oui ...Bon ... Rien à faire ... Il ne respire pas ... L'hélico ! et en vitesse ! ...
Non, non, Madame ! Ne bougez pas ! Mais c'est pas croyable ! Restez tranquille !
Ne vous agitez pas ! ... Non, vous ne pouvez pas le voir pour le moment !
Vous voyez bien qu'on essaie de le réanimer ... Alors, laissez-nous travailler !
Ne vous en faites pas, on vous l'emmène à Bayonne ... Mais enfin, allez vous
vous calmer ! ... "
( A Suivre . . .)
A Bientôt . . .
Dans L'Hélico . . .
Comment se fait-il qu'un enfant né en plein été s'appelle Winter Snow ? Vous le saurez en suivant le
prochain épisode des "terribles " aventures de Prunie, Cacao, et . . . Winter Snow . . .
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Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frèresQue j'ai connus dès le berceau.Bien qu'opposés de caractère,On pouvait les croire jumeaux,Tant leur histoire est singulière,Mais ces deux frères étaient rivaux.Ce qu'Avoir aurait voulu être,Être voulait toujours l'avoir.A ne vouloir ni Dieu, ni Maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.
Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.
Pendant qu'Être apprenait à lireEt faisait ses humanités,De Son côté sans rien lui direAvoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.
Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.Ce qu'Avoir aurait voulu être.Auteur inconnu de moi. Quelqu'un le connait-il ?