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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 09:27

 

 

 

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     Carotte, la nièce de Cacao, celle des

 

    saucisses-cocktail, que vous avez

 

    rencontrée

 

    dans un article précédent,

 

    avait grandi.  

 

     Elle approchait de ses cinq ans. 

 

 

 

 

C'était un après-midi de pluie.

 

Comme cela lui arrivait parfois, elle avait mystérieusement décidé d'être

 

très sage.

 

Elle dessinait avec application, et avait rempli de nombreuses feuilles, chacune

 

destinée à un membre de la famille. 

 

Carotte choisissait fort bien les proportions de ses sujets. On reconnaissait la

 

maison de Cacao, un peu plus petite que Cacao, qui était bien sûr plus petite

 

que le chat Maurice, lui-même légèrement plus petit que les copines de Carotte.

 

Cette enfant avait du caractère, savait ce qui était important, et prouvait son

 

excellente santé mentale. 

 

Au bout d'un long moment, elle s'arrêta, recompta soigneusement ses oeuvres et

 

jugea le contrat rempli. Elle se mit en devoir d'écrire en haut de chaque dessin,

 

avec une extrême application, qui lui fit tirer la langue, "pour untel". Elle prit soin

 

de vérifier qu'elle n'avait oublié personne.

 

Puis, inexplicablement, à toute vitesse, elle gribouilla son prénom au bas de

 

chaque feuille. Cela ne ressemblait à rien. On reconnaissait à peine une lettre ou

 

deux, et on le lui dit. 

 

-- C'est parce que vous savez pas. C'est une signature. Une signature, c'est

 

toujours comme ça. C'est maman qui me l'a expliqué. L'autre jour elle faisait

 

un chèque. Je lui ai dit tu me demandes toujours de m'appliquer, mais toi,

 

t'écris pas trop bien. Elle m'a répondu que c'était normal, parce que c'était

 

une signature. Et une signature, c'est jamais "visible" !       

 

  

                  

                                  

 

 

                                                        

                                                 A      Bientôt  . . .

 

 

                                                                 dans      mon      hélico . . .

 

 

 

 

                                                

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:14

 

 

5182612555_cc21dc9fa6.jpg     Petit Noiraud, le seul des trois chatons à être

 

     resté dans le quartier, continuait à profiter de

 

     sa vie de chat libre. Parfois, il disparaissait

 

     quelques jours, revenait un peu éclopé, suite

 

     à une bagarre, mais jamais gravement.

 

     Pourtant, une fois, il fut plus sérieusement blessé

 

     que d'habitude. La propriétaire des poneys le trouva

 

     prostré dans la paille, une grande plaie au côté.

 

     Impossible de l'approcher, si l'on essayait, il

 

 devenait fou furieux. On aurait voulu l'attraper pour le faire soigner, peine perdue.

 

Cacao fut chargée de lui donner à boire et à manger dans la remise à paille.

 

Il s'était réfugié en hauteur entre les bottes. Elle lui plaçait la nourriture le plus près

 

possible, car il se traînait à peine. Il ne mangeait guère, ce qui était mauvais signe.

 

Chaque fois qu'elle y réussissait, elle pulvérisait sur sa plaie un désinfectant donné par le

 

vétérinaire. Le chat n'appréciait pas, mais après quelques jours, il comprit sans doute qu'on

 

voulait l'aider, et bougea moins. Même si le produit manquait souvent sa cible, envoyé de

 

trop loin, peu à peu la plaie commença à cicatriser légèrement.

 

Petit Noiraud mangeait de meilleur appétit et semblait plus dynamique.

 

Ce fut très long avant qu'il ne reprenne des forces.

 

Presque désespérant. La plaie était encore vilaine, il fallut mettre du produit pendant des

 

jours et des jours.

 

Enfin, Petit Noiraud mangea mieux, fit de petites sorties, très courtes, hors de sa tanière.

 

On reprit espoir et l'on eut raison. Il avait perdu du muscle, s'y reprenait à deux fois pour

 

sauter sur la charrette. Mais il voulait y arriver. Retrouver ses habitudes et son "restaurant"

 

favori.

 

Lentement, il redevint plus agile. On notait ses progrès avec joie. C'était un chat solide.

 

Il est depuis longtemps tout à fait guéri et continue sa vie semi-sauvage dans le quartier,

 

à la grande joie de Cacao.

 

 

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:53

 

 

5364295909_f7c7040ddb.jpg  Près de la maison de Cacao, se trouve

 

 un enclos, où vivent quatre poneys, et

 

 deux chèvres. Contre leurs abris, il y a

 

 une remise à paille, où un matin, la

 

 propriétaire des poneys trouva une 

 

 chatte et trois chatons nouveaux-nés.

 

 La chatte défendait ses petits, on ne pouvait l'approcher.

 

 Les deux filles décidèrent de la nourrir et de tenter de faire adopter les chatons.

 

 Elles savaient que c'était mission impossible, et ce fut le cas.

 

Trop de bêtes en pire situation étaient à placer. Les petits grandirent, éduqués

 

par leur mère. Il y avait quatre pensionnaires au "Restaurant de la Charette", que

 

vous connaissez bien maintenant.

 

On ne fit guère preuve d'imagination pour les baptiser. La chatte devint Minette.

 

Le chaton roux, Petit Rouquin, le tigré, Mini-Maurice. Et le noir, Petit Noiraud.

 

La propriétaire des poneys avait réussi à attrapper la chatte pour la faire stériliser,

 

puis, faute de mieux, l'avait remise en liberté auprès de ses petits. Tous étaient

 

en pleine forme, et semi-sauvages.

 

Le premier à partir faire sa vie fut Petit Rouquin. Puis ce fut le tour de Mini-Maurice.

 

On espéra qu'il ne leur était rien arrivé de fâcheux et qu'ils étaient heureux

 

ailleurs.

 

Un jour, longtemps après, on ne vit plus la chatte. Son sort inquiéta davantage,

 

mais peut-être avait-elle trouvé une bonne maison.

 

Le seul à être toujours là, c'est Petit Noiraud... 

 

 

   

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 07:06

 

 

 

                                                                                                       278135005_c61ee0b3c2.jpg  

 

 

 

 

  Pour un peu de douceur

     

      Au  milieu des tragédies

 

           Que vit le monde

 

                       En ce moment  . . .

 

 

 

 

 

 

  130867807_415e2784d9.jpg

                                                                                                                               

 

                                                                                     

                                                                                 3365853540_ee6125ba08.jpg   

 

 

  

 

 

                                                                             

                                                               Petit   printemps

 

 

 

                                                         Petit printemps fantasque,

 

                                                         Qui lance avec humeur


                                                         De violentes bourrasques


                                                         Sur les arbres en fleur ;

 

                                                         Petit printemps sauvage


                                                         Comme un chat hérissé,


                                                         Qui nous crache au visage

 

                                                         De gros flocons glacés ;

 

                                                         Petit printemps boudeur,


                                                         Pourquoi faire la moue ?

 

                                                         Laisse tes douces fleurs

 

                                                         Refleurir sur ta joue.

 

 

                                                                                                                      Albert Atzenwiler


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 08:46

 

 

 

5339995740_98ca251082.jpg  

 Sur la nationale, Prunie L'Aventurière

 

 croisa un été un chien qui errait.

 

 C'était un setter anglais, qui ne

 

 semblait pas savoir où il allait.

 

 Soudain, il obliqua à droite, prenant le

 

 petit chemin menant chez Cacao.

 

 Prunie s'y rendit bien vite.

 

Le chien était là, couché devant le portail, visiblement épuisé. Elles lui donnèrent

 

à boire, le nourrirent, puis essayèrent de comprendre d'où il venait. Pas de nom

 

sur le collier, pas de médaille, pas de puce électronique, ce qu'elles firent vérifier

 

par le vétérinaire. Que faire ? Comme d'habitude ... téléphoner dans chaque

 

mairie, fourrière, gendarmerie locale, laisser ses coordonnées et attendre...

 

 Trois jours passèrent, on promenait le chien, qui gambadait de tous côtés,

 

flairant des pistes d'animaux, mais revenait toujours.

 

Le quatrième jour, un homme téléphona. Une fourrière lui avait donné le numéro.

 

Il cherchait désespérément son setter. Parti en vacances, il l'avait laissé à la

 

garde de son père. Un matin, le papi ne l'avait pas trouvé dans son enclos, mais,

 

peu inquiet, s'était dit qu'il allait revenir. Plusieurs jours furent perdus avant

 

qu'il ne se décide à prévenir son fils, qui rentra immédiatement.

 

Au téléphone, Prunie lui décrivit l'animal. Tout correspondait. Le chien avait fait

 

plus de trente kilomètres dans la direction où était partie l'auto de son maître.

 

L'homme arriva bien vite, avec son petit garçon. Et là, il n'y eut pas de doute :

 

le chien était fou de joie et n'avait de cesse de monter en voiture. On le laissa

 

faire, l'enfant resta près de lui à le cajoler. Le maître remercia vivement , jura

 

que dorénavant, il emmènerait la bête partout avec lui.

 

Au moment du départ, on trouva le setter et l'enfant, rompus par tant d'émotion,

 

profondément endormis sur le siège arrière.

 

 

 

  

 

 

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 09:29

 

 

 

Marcella 3

  Plusieurs saisons passèrent. La petite

 

  chienne border-colley devenait de plus

 

  en plus fugueuse. Le fermier renonça à

 

  la corde, qu'elle cassait pour s'enfuir.

 

  Il l'attacha à une grosse chaîne.

 

Parfois elle en brisait l'anneau, et

 

partait en la traînant.

 

 

On entendait ce bruit de métal à travers tout le village.

 

Et cela faisait de la peine.

 

Elle venait toujours chez Cacao,  qui la cajolait et la nourrissait bien.

 

Le fermier le savait et venait la chercher. Et le manège recommençait.

 

Elle maigrissait et perdait du muscle, faute d'exercice.

 

Un jour, on ne la vit plus. On sut que cette fois elle était très solidement attachée

 

à deux mètres de chaîne et qu'il lui était devenu impossible d'arracher l'anneau.

 

Prunie et Cacao, en se promenant, la voyaient de loin, et ne savaient que faire.

 

Elle passa trois mois, abritée par un bout de tôle, à peine nourrie. Cacao

 

s'inquiétait. N'y tenant plus, elle envoya un ami demander au fermier ce que

 

devenait la chienne.

 

-- Je la donne répondit-il, à qui la veut, elle n'est bonne à rien.

 

L'ami dit qu'il reviendrai dès qu'il aurait trouvé quelqu'un qui voudrait la prendre.

 

On pensait à ce moment-là qu'elle serait mieux dans son élément dans une autre

 

ferme, où les maîtres seraient plus doux. Et l'on trouva.

 

L'ami alla la chercher avec sa fourgonnette. On la détacha. Elle fit mine de 

 

monter dans la voiture, et hop ! elle s'enfuit à travers champs.

 

Elle arriva directement chez Cacao et lui fit une fête extraordinaire. On comprit

 

qu'elle avait choisi et qu'on ne pouvait aller contre le destin. Elle avait cinq ans

 

maintenant. Depuis toute petite, elle avait rêvé de vivre là. Enfin elle avait réussi.

 

On décida de lui trouver un nom. La T.V. repassait ce soir-là "La grande bouffe"

 

avec Marcello Mastroianni. Comme c'était une fille, on l'appela Marcella.

 

Elle comprit très vite que ce serait son nouveau nom. Il lui plut beaucoup.

 

Elle ne manque jamais d'y répondre. Elle est excessivement obéissante et

 

témoigne à sa maîtresse une affection débordante. Et jamais, jamais elle

 

ne s'échappe.

 

 

 

  

 

                

 

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 11:03

 

 

 

Marcella-1.JPG

   Une petite border-colley naquit un

 

   jour dans une ferme, où l'on ne

 

  s'occupa guère d'elle. La fermière,

 

  qui la trouvait bien jolie, aurait voulu

 

  lui témoigner davantage d'affection.

 

  Mais le fermier était souverain : dès

 

  qu'elle fut un peu grande, il commença

 

à l'éduquer pour ce qui devait être son utilité, garder et rassembler les moutons. 

 

Elle y montra quelques talents, comme tous les chiens de sa race. Mais le fermier

 

criait beaucoup et très fort. Elle, elle aimait se promener. Elle devint une petite

 

fugueuse. Chaque fois qu'elle en avait l'occasion, elle s'enfuyait vers le village, où

 

elle se promenait un ou deux jours. C'est ainsi qu'elle connut Cacao. Elle l'aima

 

tout de suite et revint souvent la voir. Elle passait des après-midis entières à

 

dormir au soleil dans son jardin. Cacao la caressait beaucoup, la nourrissait un

 

peu, et la grondait aussi, pour qu'elle retourne chez ses maîtres.

 

On lui expliquait bien, on savait qu'elle comprenait. Puis on fermait la porte

 

le soir, espérant qu'elle s'ennuierait dehors et retournerait vers sa ferme.

 

Mais, au matin, elle était là, frétillante de joie. Son patron savait où la trouver, il

 

venait la chercher avec une corde. Elle obéissait. Lorsqu'il arrivait, elle se laissait

 

attrapper, résignée.

 

Il l'embarquait dans sa fourgonnette. Il criait qu'elle resterait attachée, au pain

 

sec et à l'eau, et que ça lui apprendrait... /...

 

 

 

                                                                                      A   Suivre ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 14:31

 

 

 

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Plusieurs fois, il entra dans le magasin.

 

Se renseigner sur les parasols. Poser

 

des  questions sur les différents

 

modèles, leur fonctionnement, leur

 

 solidité.

 

 Valait-il mieux un mât en bois ou en

 

 aluminium ?

 

 Une manivelle ? Pas de manivelle ?

 

 Celui-ci était-il fabriqué en France ?

 

Je vais réfléchir, disait-il. Je reviendrai.

 

Il revenait. Avec de nouvelles questions : Quelle taille choisir ? Et la forme ?

 

Rond, carré, rectangulaire ?

 

Vous comprenez, nous ne sommes là que depuis six mois. Nous venons de

 

prendre notre retraite. Mais ma femme est malade. Elle ne peut

 

m'accompagner. J'hésite ...

 

Je reviendrai.

 

Il revenait. Patiemment, le vendeur l'écoutait, essayant de l'aiguiller.

 

Il s'adressait toujours au même. S'il n'était pas libre, il l'attendait,

 

tournant autour du rayon des parasols. 

 

Puis on ne le vit plus,  pendant plusieurs semaines.

 

Un matin, il entra. Le vendeur était libre. On discuta encore des avantages

 

de chaque parasol. Il dit soudain que sa femme venait de mourir. Expliqua de

 

quoi et comment. Donna l'heure et le lieu de l'enterrement. 

 

Compatissant, le vendeur écoutait. L'homme sortit de sa poche l'avis de décès,

 

qu'il lui fit lire.

 

-- Excusez-moi, dit-il soudain. Vous vous en foutez, c'est normal...

 

-- Pas du tout dit le vendeur. Je vous comprends... Alors vous allez réfléchir,

 

pour ce parasol... Et vous reviendrez...

 

-- Non, non, dit l'homme. Je le prends. Celui-ci.

 

Et il repartit avec un beau parasol tout neuf. 

 

Le lendemain, le vendeur alla à l'enterrement d'une femme qu'il n'avait jamais

 

vue. L'homme revint parfois au magasin, y fit même des achats. Mais pas auprès

 

du vendeur de parasols. Cependant, lorsqu'il le croisait, il lui faisait sans rien dire

 

un coup d'oeil complice.

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 18:43

 

 

 

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              Tant d'évènements affreux se passent

 

           sur notre terre, nous troublent et nous

 

           touchent profondément.

 

           ... Et nous, nous avons la chance de vivre

 

           ce printemps ...

 

            En parenthèse à la folie du monde, voici

 

            deux extraits de poèmes, de Paul Eluard

 

            et Francis Carco.

 

 

 

 

 

                                               Printemps

 

 

 

                     Il y a, sur la plage, quelques flaques d'eau

 

                     Il y a, dans les bois, des arbres fous d'oiseaux

 

                     La neige fond dans la montagne

 

                     Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs,

 

                     Que le pâle soleil recule.   (...)

 

 

            

                                                                                      Paul Eluard

 

 

 

                                    Printemps

 

 

 

                     Je te donne ce coin fleuri,

 

                     Ces arbres légers, cette brume

 

                     Et Paris, au loin, qui s'allume

 

                     Sous ces nuages blancs et gris.   (...)

 

 

 

                                                                                       Francis Carco  

 

 

 

                   

 

 

   

 

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:34

 

 

 

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                        A mon tour, Cacao, dit Prunie

 

  L'Aventurière, de te raconter une toute

 

 petite histoire, comme on les aime

 

 bien toutes les deux.

 

 Tu sais qu'il y a peu, je suis allée 

 

 dans mon ancien "pays".

 

  Le printemps y est plus avancé  qu'ici.

 

Les prunus sont en fleurs, ainsi que les cerisiers du Japon, et beaucoup d'autres

 

arbustes. Les jardins débordent de jonquilles ouvertes et même presque fanées,

 

alors qu'ici nous n'avons que les tiges.

 

Cacao ne croyait jamais trop ce que racontait Prunie L'Aventurière. Son pays

 

semblait bien étrange. La veille, elle lui avait dit y avoir vu beaucoup de neige ...

 

Bah ! Ce devait être en altitude. Cacao n'y pensa plus. Elle écoutait la suite.

 

J'ai roulé dans la ville, tu sais, continuait P.L.'A. ... Tant de choses ont changé,

 

y compris le sens de circulation. Je me suis repérée quand même.

 

C'est un peu triste de revoir des endroits où plus personne ne vous attend.

 

Je suis passée devant l'immeuble où j'ai vécu plus de dix ans avant de venir

 

ici. L'appartement était au premier étage et, devant les fenêtres, intégrées à la

 

façade, il y avait de grandes jardinières en bêton. C'était mon jardin alors, 

 

j'y avais mis des bulbes de tulipes, qui fleurissaient chaque année. Bien avant

 

celles des vrais jardins, parce que l'exposition était très favorable.

 

Lorsqu'on levait la tête, de la rue, c'était si joli ...

 

Il y a vingt ans que j'ai quitté cette ville. C'est pour ça que ce n'est pas possible...

 

Ou alors, ce ne sont pas les mêmes bulbes... Et puis c'est quand même tôt...

 

J'ai peut-être rêvé...

 

Cacao comprenait mal, Prunie poursuivait :

 

J'ai roulé dans la ville, je pensais à tous les gens que j'ai aimé là-bas, maintenant

 

disparus.  J'étais si triste.

 

En passant devant l'immeuble, j'ai levé les yeux vers les fenêtres de  mon ancien

 

appartement. Et là j'ai vu les tulipes.

 

Des jaunes, des rouges... les  jardinières en débordaient. C'était magnifique.

 

Alors tu vois, Cacao, j'ai repris courage ...  

 

 

 

                            A      bientôt . . .

 

 

 

 

                                                                       Dans l' radeau . . .   

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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