29 mai 2013
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Un des rares jours de Mai où il faisait beau, M., grand pêcheur
de truites, et redoutable randonneur, proposa à Prunie L'Aventurière de
l'accompagner à la pêche.
L'air était très doux, et le soleil dorait l'eau et les cailloux de l'Arros,
petite rivière pyrénéenne qu'il avait ce jour-là préférée au Gave.
M. se percha sur l'herbe au bord de l'un des bras. Prunie L'Aventurière
s'installa sur une petite "île", contre un rocher, avec lunettes de soleil,
bouteille d'eau, et lecture. Le calme de l'après-midi, la douceur du chant
des oiseaux, et les fleurs sauvages qu'elle avait repérées pour faire un
bouquet, après... l'entraînèrent bien vite vers une agréable somnolence.
De temps à autre, elle jetait un oeil vers lui. Pour le moment, il pêchait des
branches. Et en semblait fort satisfait. Rien n'altérait jamais son calme et
sa bonne humeur. Rassurée, Prunie referma les yeux. Elle ne les rouvrit que
lorasqu'il cria, assez fort, une sorte de juron, plus ou moins élegant :
Il venait de pêcher une ronce. Elle se réassoupit, soulagée.
Lorsqu'elle émergea un peu, plus de M.en vue !
Où l'artiste était-t-il donc passé ?
Pas de panique, elle savait comment retrouver sa superbe voiture, toute
neuve et extra-propre, dont il n'avait pas hésité à sacrifier le beau
brillant en roulant sur les chemins de terre.
Par acquis de conscience, même s'il était improbable qu'il se fut noyé, ou
pendu à une grosse branche, avec son fil à pêche, elle s'avança dans la
rivière, calme et peu profonde, pour observer l'amont et l'aval local.
Pas de trace de M.
Marchant un peu plus dans l'eau, brusquement, elle s'enfonça dans un
trou, où, sans sommation, ses bottes se remplirent d'eau glacée.
Elle eut du mal à rebrousser chemin pour retrouver son "île", alourdie
qu'elle était par le poids de l'eau qui flocfloquait fraîchement sur ses
jambes.
Le temps de vider ses bottes, d'où il ne sortit aucun poisson, de faire
(un peu) sécher ses chaussettes sur le rocher, tout en reprenant, les
orteils au soleil, sa passionnante lecture, un léger bruit lui fit lever les
yeux : M. était là, canne à pêche verticale, sourire entendu aux lèvres.
Sans un mot, il posa son panier, en sortit un magnifique tissu jaune et bleu,
qu'elle lui avait donné, parmi d'autres, pour ses poissons, l'étala sur le sol,
et y aligna . . . ceci . . .