Carotte, la nièce de Cacao, celle des
saucisses-cocktail, que vous avez
rencontrée
dans un article précédent,
avait grandi.
Elle approchait de ses cinq ans.
C'était un après-midi de pluie.
Comme cela lui arrivait parfois, elle avait mystérieusement décidé d'être
très sage.
Elle dessinait avec application, et avait rempli de nombreuses feuilles, chacune
destinée à un membre de la famille.
Carotte choisissait fort bien les proportions de ses sujets. On reconnaissait la
maison de Cacao, un peu plus petite que Cacao, qui était bien sûr plus petite
que le chat Maurice, lui-même légèrement plus petit que les copines de Carotte.
Cette enfant avait du caractère, savait ce qui était important, et prouvait son
excellente santé mentale.
Au bout d'un long moment, elle s'arrêta, recompta soigneusement ses oeuvres et
jugea le contrat rempli. Elle se mit en devoir d'écrire en haut de chaque dessin,
avec une extrême application, qui lui fit tirer la langue, "pour untel". Elle prit soin
de vérifier qu'elle n'avait oublié personne.
Puis, inexplicablement, à toute vitesse, elle gribouilla son prénom au bas de
chaque feuille. Cela ne ressemblait à rien. On reconnaissait à peine une lettre ou
deux, et on le lui dit.
-- C'est parce que vous savez pas. C'est une signature. Une signature, c'est
toujours comme ça. C'est maman qui me l'a expliqué. L'autre jour elle faisait
un chèque. Je lui ai dit tu me demandes toujours de m'appliquer, mais toi,
t'écris pas trop bien. Elle m'a répondu que c'était normal, parce que c'était
une signature. Et une signature, c'est jamais "visible" !
A Bientôt . . .
dans mon hélico . . .
