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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 20:16

 

 

 

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                       Quand Cacao était petite, elle eut d'abord une petite soeur. Elle en fut

 

bien contente, et la petite soeur semblait également fort satisfaite d'avoir une

 

grande soeur. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Ni l'une, ni l'autre n'en connaissait d'autre, de toute façon...

 

 En ce temps-là, le leur était aussi petit qu'elles. Il se composait de papa, maman,

 

papi et mamie.  

 

Plus tard, après qu'on leur eut promis deux petits frères, elles eurent deux jolies

 

petites soeurs, qui furent appelées "Les Petites"...  Et c'est là qu'elles devinrent

 

"Les Grandes", même si elles étaient encore très petites. Quelle histoire étrange

 

et compliquée ...

  

Mais pour celle-ci, elles n'étaient encore que deux. Et la petite soeur n'était

 

qu'un " grand bébé", même si elle marchait déjà et avait quelques bonnes dents.

 

 

 

 

 

                Le matin, vers neuf heures, le papi descendait de son atelier et venait

 

casser  la  croûte à la maison.

 

Cela arrangeait bien maman. Pendant qu'il gardait les filles, elle allait à l'épicerie

 

 et  "au pain".

  

Le casse-croûte du papi était presque toujours le même : du pain et du saucisson,

 

avec, bien sûr, un petit verre de vin.

 

Quelquefois, cependant, il mangeait du fromage.

  

Cacao n'aimait pas le fromage, et ne tenait pas au saucisson. Le papi lui faisait

 

des tartines de pain beurré, tandis que la petite soeur, déjà grimpée sur ses

 

genoux, s'empifrait de morceaux de saucisson, qu'il lui coupait bien petits.

 

Chaque jour, il lui demandait : "T'aimes mieux Papi ou le saucisson ?"

 

Et chaque jour, elle répondait : "Le saucisson."

 

Cela faisait bien rire le Papi et Cacao, qui guettaient ensemble cette réponse.

 

Le papi racontait des histoires merveilleuses, que les petites ne se lassaient pas

 

d'écouter.

 

La plupart concernait " La guerre". Il les avait depuis longtemps informées qu'il

 

s'agissait de "La Grande". Cacao la trouvait bien intéressante, et supposait que

 

quand il en aurait fini, ce dont elle n'était pas pressée, il leur parlerait de la, ou

 

des petites. Et que ce serait mieux que rien.

 

Le papi racontait très bien. Il en oubliait de couper le saucisson en petits bouts,

 

et la petite soeur manquait souvent de s'étouffer en avalant des rondelles

 

entières.

 

Dans ces cas-là, elle devenait très rouge, émettait de drôles de bruits,  qui

 

alertaient papi.

 

Il était obligé de s'interrompre pour lui donner de grandes claques dans le dos

 

et la secouer un peu. Et de se lever pour leur servir de la grenadine. Il lui disait

 

"Bois donc un p'tit coup, ça f'ra descendre". Cacao buvait aussi, même si elle

 

n'aimait pas trop la grenadine. Elle préférait l'anthésite, dont papa leur mettait

 

quelques gouttes dans l'eau, seulement l'été, parce que c'était très

 

rafraîchissant.

  

En se levant pour servir la grenadine, le papi regardait vite par la fenêtre si

 

maman n'arrivait pas. Cacao pensait que c'était parce que la petite soeur

 

était encore très rouge.

 

Heureusement, il se rasseyait et continuait son histoire.

 

En général, des soldats montaient au front et d'autres en descendaient.

 

Cacao ne savait pas trop ce qu'était le front. Elle supposait, le front qu'elle

 

connaissait se trouvant en haut du visage, que celui dont parlait le papi devait

 

être du même genre, quoique plus grand, afin que beaucoup de soldats  puissent

 

y monter et en redescendre. Ce devait être une sorte de très haute montagne,

 

avec une pente vertigineuse, qui expliquait pourquoi l'histoire était si longue.

   

Ce que faisaient ceux qui arrivaient en bas, Cacao le savait : Ils s'en payaient une

 

bonne tranche, parce qu'ils étaient en permission.

  

Ce que faisaient les autres, une fois arrivés en haut, le papi n'en parlait pas.

 

Cacao avait pensé à le lui demander, mais il était si bien lancé qu'elle avait

 

préféré attendre un moment plus opportun. Le lendemain peut-être, quand la

 

petite soeur s'étoufferai et qu'il serait obligé de s'interrompre pour aller

 

chercher la grenadine.

 

Elle n'avait pas hâte que maman revienne, même si elle était un peu ennuyée que

 

la petite soeur, après sa grenadine, ait déjà presque fini le verre de vin du papi.

 

Ca ne l'étouffait pas, elle était seulement de nouveau très rouge. Du coup, elle

 

avait arrêté d'avaler du saucisson, et semblait somnoler dans les bras de papi,

 

qui la berçait.

 

Cacao se dit que c'était tant mieux, que ce midi maman ne dirait pas, la voix un

 

peu inquiète : "Je ne comprends pas, cette petite n'a pas d'appétit, elle picore."

 

Et le papi ne répondrait pas :

 

"T'en fais don' pas, tu vois bien qu'elle profit' quand même ! Elle mange à sa faim,

 

c'est tout !"

 

Ce jour-là, le papi faisait partie des soldats qui montaient au front. Il disait :

 

"Voyez-vous, y f'sait tell'ment froid qu'même en marchant on avait les pieds

 

 g'lés. Et les vieux poilus qu'on croisait, qui descendaient du front d'l'Est, et ben

 

 y z'avaient des glaçons aux moustaches ! " 

 

Cacao n'en croyait pas ses oreilles !  Ce devait être bien joli des glaçons aux

 

moustaches ! Encore plus que des rubans dans les cheveux ! 

 

Elle comprenait qu'ils ne fondent pas. Papi avait qu'il faisait très froid.

 

Mais comment faisaient-ils, ces soldats,se demandait-elle, pour  attacher les

 

glaçons à leurs moustaches ?

 

Bah ! Ils avaient du trouver une solution . . .

 

C'est si fort des soldats !

 

... Et puis maman rentrait et invariablement disait : " Mais cessez donc papi de

 

leur parler de  la guerre, vous allez les faire rêver ! "

 

Cacao ne comprenait pas maman. Elle savait que pour elle, rêver signifiait faire

 

de mauvais rêves...

 

Comment pouvait-elle penser que les petites auraient peur d'une chose

 

aussi merveilleuse :

 

Des glaçons aux moustaches !

 

 

 

 

       

 

                                   A          LUNDI   . . .

 

 

 

 

 

                                                                           DANS          L'TAXI   . . .

 

      

                                                                                                          (d'la Marne)

 

                                                                                                

 

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commentaires

P
Ah les histoires du papi :) J'aime bien le scénario avec la petite soeur pendant la narration du papi :D les glaçons aux moustaches j'en ai vu de beaux lors d'un séjour au ski avec des amis mdr Bonne journée Cacao Bisous
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C
Merci beaucoup, c'est trop gentil ! Grosses bises.
E
<br /> <br /> bonsoir Cacao<br /> <br /> <br /> Mon petit passage chez toi dans ton monde mon moment de détente a moi c'est mon plaisir de visité les blogs merci pour ce partage douce soirée a toi demain j'ai du monde je passerais le soir bon<br /> dimanche bisous féerique Evy<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Merci Evy ! Bon dimanche à toi ! Souci d'ordi en ce moment, suis chez des amis pour répondre aux coms.. Pardon pour le retard. Bises !<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> <br /> une bien jolie histoire que celle la ...<br /> <br /> <br /> ah ! souvenirs souvenirs ! quand tu nous tiens ...<br /> <br /> <br /> bonne journée !<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci vikki ! Bonne semaine à toi ! Bises !<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> tient j'avais loupé l'histoire des glaçons !! çà alors !! surtout aux moustaches !! moi j'ai eu des moustaches gelées et givrées !! mais jamais des glaçons heureusement pour moi !! mes<br /> grands péres eux oui car ils avaient tous les deux de superbes baccantes .......et j'étais toujours en admiration devant et quand je pouvais y toujours par surprise personne de plus heureux que<br /> moi !! j'en conserve des souvenirs impérissables !! etj'adorais les voir se les friser !! c'etait délicieux.....merci de cette histoire qui m' ramenée bien des souvenirs heureux<br /> <br /> <br /> amitiés<br /> <br /> <br /> sumadrad<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Ravie que ce petit texte te rappelle de bons souvenirs. Merci de tes nombreuses et gentilles visites. Bises.<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> <br /> Encore une belle histoire <br /> <br /> <br /> Douce journée<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> timilo<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Timilo ! Ton poème sur le colibri est un régal !<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Tu me fais rêver Cacao, ma petite grand mère avec son chignon bien tiré, son tablier noir,ses grands yeux bleus imprégnés de douceur, son brave sourire.....et qui répétait souvent :<br /> "Quoiqu'on dise et quoiqu'on fasse, c'est ainsi"....mon "pépé" avec sa moustache justement (mais sans glaçons), son chapeau de paille entouré d'un ruban noir qui lui donnait fière allure, sa pipe<br /> qui était souvent éteinte, et son air "froid" qui cachait un coeur d'or...la nostalgie du temps passé, pourquoi les gens qu'on aime tant  nous quittent-ils ?<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> C'est vrai Petitpat, on pense souvent à ceux qui nous ont quitté. Mais eux ils nous conseillent de regarder vers l'avenir et d'être heureux. Ils ont fait leur route, nous ont accompagné un<br /> moment. A nous de faire la nôtre, sans eux, mais avec d'autres compagnons de route.<br /> <br /> <br /> Merci de tes gentilles visites.<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Hélas, Cacao tu as bien de la chance, moi je n'ai connu mes grands parents qu'un court moment dans ma vie, mais j'en garde un souvenir inoubliable : c'était l'image de la sagesse, de la douceur,<br /> j'étais bien petite mais je me plaisais beaucoup en leur compagnie.Bises et bons" glaçons à la moustache".Bises et bon dimanche.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Patounette de ta visite et de nous faire partager tes souvenirs !A bientôt !<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> "Les taxis de la Marne".......rêvons, pensons, un monde que nous n'avons pas connu !!!!<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Et oui, Patty ! Mais cette époque-là fut terrible ! Dans mon dernier article, j'ai mis un texte que tu m'as envoyé. Merci. Bisous !<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> <br /> Tu as bien de la chance. Moi, je n'ai connu aucun de mes grand-pères. Cela ne m'a jamais attristé, c'était ainsis et pas autrement. Je crois d'ailleurs que pour moi à l'époque une grand-mère<br /> était toujours une dame qui n'a pas de mari, contrairement à une mère. Et aujourd'hui, j'ai des regrets. Mes grand-pères que je n'ai jamais<br /> connus, qu'auraient-ils pu m'apporter. C'est idiot comme question mais je me la pose souvent.<br /> <br /> <br /> Sur ce, KKO, bon dimanche et bonne récolte de glacons!<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> C'est dommage que tu n'aies pas eu de grand-père, mais rigolo que tu aies cru que les grands-mères n'avaient jamais de mari ! Des grands-pères t'auraient sans doute apporté quelque chose, au<br /> moins des souvenirs, mais on ne peut pas savoir ... Alors ne te poses pas trop de questions. Ou dis-toi qu'au moins l'un d'entre eux aimait beaucoup les animaux et que l'hérédité parle en<br /> toi ! Bises.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Que c'est joli, l'innocence des enfants ! S'il fallait mettre un prénom sur ce papi, je verrais bien "Henri", ça irait bien avec l'histoire, qu'en pensez-vous ?<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> On pense que tu as peut-être raison. Passe un bon dimanche ! Bises !<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Bien sûr, faisons rêver nos enfants et nos petits-enfants.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Et oui ... le monde des rêves est le plus doux ... Bises.<br /> <br /> <br /> <br />