( L'escaladieu = L'échelle vers Dieu )
L’abbaye de l’Escaladieu a été fondée en 1142, lorsque les moines cisterciens, vivant à Capadur dans la vallée de Gripp, sur les pentes du Tourmalet, ont quitté ce premier site montagneux trop difficile pour la vie quotidienne.
Fondée au confluent du Luz et de l’Arros à Bonnemazon à proximité du château de Mauvezin, l’abbaye de l’Escaladieu était très florissante du XII° au XIV°s.
Lieu de sépulture des comtes de Bigorre, elle était aussi une halte sur les chemins de Compostelle.
Au XII°s, elle fut à la tête du rayonnement méridional cistercien et engendra deux abbayes dans le Gers : Flaran et Bouillas (cette dernière a disparu), et huit en Espagne dont Fitero, Sacraménia et Véruéla.
L’abbaye de l’Escaladieu obéit aux volontés puristes du projet spirituel de l’ordre cistercien et reproduit le plan dit « bernardin ». Sa conception reflète la composition d’une communauté hiérarchisée. Entre les moines issus de la noblesse et les frères convers issus de la paysannerie, la séparation apparaît nettement. Ces frères qui travaillaient les champs durant la journée n’étaient pas rétribués.
Dans le scriptorium situé dans l’aile sud, les moines effectuaient leur travail ce copiste et ornaient leurs manuscrits d’enluminures. Ils se réchauffaient dans le chauffoir placé en face.
L’abbaye a été vendue comme bien national en 1793. Jusqu’en 1986, elle appartenait à la même famille. A cette date, elle est rachetée par une association.
En 1997, elle devient propriété du Conseil général des Hautes-Pyrénées qui depuis a engagé un vaste programme de restauration (clocher, abbatiale).
La route européenne des abbayes cisterciennes
Poursuivant sa logique de mise en valeur du Patrimoine tout en l’insérant en plein XXIème siècle, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées s’est engagé dans un important projet d’abbaye numérique », dans le cadre d’un itinéraire culturel du Conseil de l’Europe : « la Route européenne des abbayes cisterciennes ».
Les itinéraires culturels du Conseil de l’Europe démontrent combien les différents pays et cultures européens représentent un patrimoine culturel partagé.
De plus, les itinéraires culturels sont également une illustration concrète des principes fondamentaux du Conseil de l’Europe : droits de l’Homme, démocratie culturelle, diversité et dialogue interculturel, échanges et enrichissement mutuels à travers les frontières et les siècles.
La Route européenne des abbayes cisterciennes, coordonnée par l’Escaladieu, a été labellisée par le Conseil de l’Europe lors du Comité Directeur de la Culture du 7 juin 2010.
Avec l’appui de la Charte européenne des abbayes et sites cisterciens, association Loi 1901 à vocation culturelle et touristiques, cet itinéraire culturel du Conseil de l’Europe fédère près de 200 sites cisterciens – dont trois sont classés au Patrimoine de l’UNESCO - répartis dans 11 pays européens, du Portugal à la Pologne, de l’Italie à la Suède.
La Route européenne des abbayes cisterciennes, itinéraire culturel du Conseil de l’Europe favorise un tourisme culturel illustrant un patrimoine commun, et promeut la diversité des liens transfrontière est-ouest et nord-sud à travers l’Europe, dans un esprit résolument tourné vers l’avenir.
S’appuyant sur l’histoire et les savoir-faire cisterciens, l’itinéraire culturel illustre un modèle européen d’aménagement durable du territoire en milieu rural : organisation des abbayes et de leurs dépendances dans l’espace, maîtrise des ressources forestières et hydrauliques, aménagement du paysage et des jardins médiévaux, productions agricoles de terroirs.
Des rencontres culturelles et éducatives
La Route européenne des abbayes cisterciennes, par les valeurs qu’elle véhicule en termes de dialogue interculturel, s’inscrit également dans une démarche de rencontres culturelles et éducatives en direction des jeunes, à travers la réalisation d’un projet pilote transnational « Collège pour la citoyenneté européenne ».
Vers une route numérique
Enfin, ce nouvel itinéraire culturel favorisera l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) au service du patrimoine, afin de créer, à partir du projet d’Abbaye numérique de l’Escaladieu, une « route numérique » des abbayes cisterciennes à travers l’Europe : visites virtuelles, 3D, réalité augmentée, espace multimédia, numérisation d’archives, système d’information géographique…