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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 22:12

 

 

 

 

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                     Tu sais, Cacao, dit Prunie L'Aventurière, je vais souvent faire le ménage

 

chez un monsieur seul. Il est jeune encore, sa femme est morte d'un cancer.

 

 Lui aussi en a eu un. Il est tiré d'affaire maintenant. Cela lui est égal.

 

Il se fout de tout. Ne met pratiquement jamais le nez dehors, alors qu'il fait si beau.

 

Pourtant il a un grand jardin, et même un verger. Les pruniers croulent sous les

 

fruits. Il ne les ramasse pas. A quoi bon, me dit-il ... Autrefois ... Oui,  autrefois, on

 

faisait des confitures ...

 

Il passe sa journée à zapper, devant des séries qui l'ennuient

 

Comme ça me fait de la peine,  j'ai eu une idée hier. Lui demander d'aller étendre

 

le linge, sur les fils du fond du jardin, au grand soleil. Prétextant que j'avais trop

 

de  travail . Et que le temps qu'il me ferait gagner serait bien utile.

 

Il n'avait pas envie de sortir. Il a essayé d'échapper à la corvée en me disant de

 

laisser le reste pour plus tard, que ce n'était pas important.

 

Mais j'ai tenu bon. Et il y est allé.

 

Je l'ai vu de loin traverser le jardin. Je savais qu'il sentait la chaleur du soleil sur

 

son dos et ses épaules. Et qu'il avait oublié depuis longtemps que ça existait.

 

Puis il a étendu le linge. Sans se presser.

 

Pas parce qu'il le faisait de mauvais gré. Pour prolonger ce moment où le temps

 

s'arrête. Au grand air, loin de tout. Le corps réchauffé et consolé par  le soleil.

 

Même s'il brûle un peu. Car tu sais, Cacao, il faut d'abord consoler le  corps ...

 

Ensuite, il a jeté un oeil autour de lui. Et il a un peu marché sur la pelouse. J'ai vu

 

qu'il regardait les prunes par-terre. Toutes ces prunes dorées à point, éclatées

 

au milieu, avec les abeilles qui s'en régalent.

 

Il n'en a pas ramassé une, encore moins goûté. Mais il est resté quelques minutes

 

encore dans le soleil, avant de revenir lentement vers la maison.

 

A dire vrai, je n'étais pas en retard dans mon travail ce jour-là. Il salit très peu.

 

Surtout pas la cuisine. D'ailleurs, il mange à peine.

 

Lorsqu'il est rentré, il ne m'a pas cherchée. J'étais dans le garage.

 

Juste avant de partir, je suis allée le voir. Il était de nouveau dans son fauteuil,

 

les yeux dans le vide, face à sa télé,  avec l'image, mais sans le son.

 

Il a sursauté en m'apercevant.

 

--  Comme vous m'avez bien avancée en étendant le linge, j'en ai profité pour

 

    aspirer l'intérieur de votre voiture. Vous devriez aller la faire laver demain.

 

    En même temps, vous feriez quelques courses. Avec tout le repassage

 

    qu'il y aura à faire, ça m'arrangerait ...

 

Et bien tu vois, Cacao, il n'a pas souri, mais il a hoché la tête.

 

Et je crois qu'il était un peu content.

 

 

 

 

 

 

                       A          B I E N T Ô T   . . .

 

 

 

 

                                                               S U R          M A          M O T O   . . .

 

 

                                                                                             ( A  suivre )

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 19:52

 

 

 

 

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                    Dans ce nouveau chapître, Prunie L'Aventurière va, entre autre, relater

 

 à Cacao, et à elle seule, des histoires plus tristes et plus intimistes, qu'on lui

 

confie parfois, ou qu'elle glane au hasard de ses pérégrinations.

 

Si vous les entendez, c'est sans doute par erreur, ou parce que vous écoutez aux

 

portes ... Mais ce n'est pas grave, vous êtes des amis et saurez tenir votre langue.

 

 

 

                                                                                                           . . .  / . . .

 

 

 

                   Vois-tu Cacao, je fais depuis quelque temps le ménage chez une dame.

 

 Une jeune retraitée, très à l'aise, coquette, dynamique. Et pourtant elle me fait

 

de la peine. Elle est toujours gentille avec moi, et ne me surveille pas.

 

Elle aime beaucoup lire, sur son canapé, sans s'occuper de ma présence.

 

Mais je sens qu'elle est contente que je sois là. Souvent, je remarque qu'en fait

 

elle ne suit plus son livre, elle regarde dans le vide et semble très triste.

 

Parfois elle me parle, raconte qu'elle se promène avec une amie, qu'elles vont

 

au restaurant, au cinéma. Elle fait aussi de la gymnastique, et beaucoup d'autres

 

choses. Mais on dirait que tout l'ennuie, que rien ne l'intéresse, qu'elle fait tout

 

par obligation, non par plaisir.

 

--  Ce que j'aurais aimé, c'est voyager, me dit-elle. M'en aller très loin.

 

--  Pourquoi ne partez-vous pas avec votre amie. Il y a tant de destinations. C'est

 

    si facile maintenant.

 

--   Vous avez raison, mais je n'en ai plus envie. Un jour je lui ai proposé d'acheter

 

    un camping-car, puisque nous étions libérés du travail.

 

--   A votre amie ?

 

--  Non, à lui. Il a répondu : " pas pour le moment ". Et aujourd'hui c'est trop tard.

 

      Il n'est  plus là. Je l'ai perdu. Je me sens complètement abandonnée.

 

--   Je comprends. C'est difficile au début, il faut du temps pour s'habituer.

 

     Il y a longtemps qu'il est mort ?

 

--  Oh non, il n'est pas mort ! Il a juste cessé de m'aimer. Un jour. Je ne sais pas

 

     quand ça a commencé.  Simplement, je me sentais de plus en plus triste et

 

     fatiguée. Je n'avais plus envie de rien, sans que je sache pourquoi.

 

     Quelque chose me tourmentait.  Je n'arrivais pas à saisir. Puis, peu à peu,

    

     j'ai su.

 

     C'était venu. C'est tout. Il ne m'aimait plus.

 

     Sans que j'en connaisse la raison, ni depuis quand.

 

     Pourtant, c'est arrivé. Un jour. Je ne sais pas quel est ce jour. Je ne le saurai

 

     jamais. Mais ce jour-là, que je n'ai même pas remarqué, en perdant son amour,

 

     j'ai tout perdu.

 

 

 

 

 

                        

                              A          P L U S     . . .

 

 

 

 

                                                                    D A N S          L ' A U T O B U S     . . .      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

    

 

 

  

 

  

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 16:40

 

 

 

     CACAO S'EXCUSE AUPRES DE SES LECTEURS DE NE PAS REPONDRE RAPIDEMENT A LEURS

 

     GENTILS COMMENTAIRES, ET DE N'ECRIRE QUE PEU D'ARTICLES, EN RAISON D'UNE PANNE

 

     D'ORDINATEUR. ELLE REMERCIE LES AMIS QUI LUI PERMETTENT D'UTILISER LE LEUR ET ENVOIE

 

     SES AMITIES A TOUT LE MONDE.

 

 

 

 

 

 

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                                     Prunie L'Aventurière avançait bravement à travers champs. Pas aussi vite qu'elle l'aurait

 

souhaité, ses bottes en caoutchouc, dans la terre spongieuse, la ralentissant un peu.

 

Grâce au magnifique plan du pépé, elle finit par apercevoir une maison. Elle avait juste raté une petite route,

 

omise par lui sur le plan, et s'était retrouvée trop bas, sur le chemin de la rivière. Soulagée, dès qu'elle

 

fut à pied sec, elle retira ses bottes, remis ses chaussures, son plus beau sourire, et prépara son excuse.

 

Ce travail à peine accompli, elle vit se diriger vers elle un très gros chien, genre bouvier, excessivement

 

beau et pas du tout menaçant. Il la conduisit vers un atelier, où elle trouva un monsieur...( Onésime Petit ? )

 

occupé à casser des noix. C'était l'occupation principale des petits retraités dans la région, de l'automne à la

 

fin du printemps. Ils amélioraient un peu l'ordinaire en transformant la récolte en cerneaux, qui se vendaient

 

beaucoup plus cher que les noix entières.

 

Le monsieur n'était vraiment pas vieux, et l'accueillit très gentiment.

 

-- Vous avez un beau chien lui dit-elle.

 

-- Ah ! Que Oui ! Et très intelligent . Il s'appelle Oscar, et regardez, il est gros comme un petit veau !

 

L'homme s'était levé, et P.L'A. remarqua sa petite taille, en accord il est vrai avec son patronyme. Il ne

 

dépassait en fait la hauteur de son chien que de la demie-poitrine et la tête.

 

-- Je suis bien chez Mme Henriette Petit ? Je viens pour le ménage de la part de l'association.

 

-- Oui, oui, oui, elle va être bien contente de vous voir. Elle vient de se faire opérer, et comme elle n'est pas

 

encore bien solide sur ses jambes, la mutuelle lui a donné ces heures pour l'aider. Vous aurez de quoi faire,

 

avec le chien, en ce moment, comme c'est humide ... j'ai beau lui essuyer les pattes ... il salit toujours un

 

peu ... mais il est tellement gentil ...

 

Henriette Petit, qu'il appelait bien entendu Paulette, était encore plus jeune que son mari, fort avenante, et

 

d'environ la même taille que lui.

 

Elle ne sembla pas se formaliser du retard de P.L'.A, d'autant qu'Onésime venait de lui indiquer qu'elle était

 

venue à pied. Après avoir donné ses instructions pour le travail, elle retourna dans sa chambre. Elle marchait

 

encore mal, s'étant cassé tibia et péroné, dans une mauvaise chute, en allant appeler son mari, qui

 

promenait Oscar au bord de la rivière.

 

-- Vous comprenez, c'est boueux, dit-elle à P.L'.A., et malheureusement j'ai atterri sur un rocher. Quand il ne

 

casse pas des noix, mon mari passe son temps avec le chien au bord de la rivière, à embêter les pêcheurs.

 

Ils disent qu'il fait fuir le poisson en parlant trop fort. Le chien s'amuse bien aussi, et  tous les deux, ils ne

 

reviennent guère propres !

 

P.L'.A. se dépêcha de faire au mieux son travail. Pour pouvoir ensuite oser demander la permission de

 

téléphoner, n'ayant pas de portable. Elle comptait appeler un ami, suceptible de pousser sa voiture, mais

 

de cela, elle ne dit rien à Henriette et Onésime.

 

Le cher homme venait d'ailleurs d'annoncer qu'il allait jusqu'à la rivière faire faire un petit tour à Oscar.

 

--  Tache d'être à l'heure pour dîner, répondit Henriette-Paulette. Sinon, je te préviens, moi, je mange !

 

    Tu te débrouilleras avec ton chien !

 

--  Ah! Ah ! C'est parce qu'avec Madame il faut manger en vitesse ! Après elle s'amuse avec son ordinateur !

 

     Le fils lui a offert ça pour qu'elle ne s'ennuie pas pendant sa rééducation, et depuis, c'est la croix et la

 

     bannière ! Tiens ! J'aime mieux me taire et aller à la rivière ... Oscar ! Où es-tu mon Oscar ? Viens vite !

 

     On va à la rivière.

 

Oscar ne se fit pas prier. P.L.'A. resta avec Henriette-Paulette, qui, satisfaite du travail accompli, lui offrit un

 

café. Prunie osa alors parler de son coup de fil. Henriette accepta avec empressement, très fière d'ajouter

 

qu'avec Internet ça ne coûtait rien. Mais que malheureusement elle ne savait pas aller sur le Net avec son

 

ordinateur, n'ayant pas encore réussi à comprendre les explications laissées par son fils.

 

Et comme il y a un Bon Dieu pour les pauvres gens, Prunie téléphona, et passa agréablement le temps

 

en apprenant à Paulette à se débrouiller avec Internet, jusqu'à l'heure fixée par l'ami pour le désembourbage.

 

--  Quand vous reviendrez, ne dites pas à mon mari que c'est vous qui m'avez appris. Je lui dirai ce soir

 

     que j'y suis arrivée toute seule ! Il sera bien attrappé, lui qui se moque tant de moi et de mes "foutaises".

 

A partir de ce jour, tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes entre Onésime, Henriette, Oscar et

 

P.L'.A. On se débarrassait bien vite du ménage, puis on passait aux leçons, auxquelles Onésime assistait

 

volontiers, entre deux séances de cassage de noix. Henriette-Paulette avait même raconté, en son absence,

 

qu'il veillait fort tard pour surfer, et ne s'en vantait pas.

 

Mais Onésime ne devint jamais un vrai cyber-dépendant. Préférant, et de loin, continuer à casser ses noix,

 

bien tranquille dans son atelier.

 

Et le reste du temps, tout le reste du temps, se promener vers la rivière, par  temps sec ou boueux, pour

 

embêter les pêcheurs en parlant un peu fort.

 

On raconte aussi que l'été, près du Camping " Verte Rive ", il aime bien regarder les baigneuses patauger

 

dans l'eau. Surtout si elles sont jeunes, ce qui n'étonnera personne.

 

En tout cas pas son chien, Oscar, gros comme un petit veau.

 

 

 

 

                                                                                                                                        F I N .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                 A     LA     SEMAINE     PROCHAINE . . .

 

 

 

 

                                                                               DANS     MON     CAMION - BENNE . . .

 

 

 

 

                                                                                                      ( merci Christiane pour cette  trouvaille ! )

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 22:20

 

 

 

 

 

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                  Enfin un indice ! Prunie L'Aventurière était soulagée. Le couple lui indiqua

 

avec force détails la route pour aller chez Onésime et Henriette-Paulette Petit.

 

Elle suivit à la lettre leurs indications, précieusement notées sur le "carnet de

 

bord" qui ne la quittait pas. Elle y mettait les noms, prénoms, adresses,  numéros

 

de téléphone, âges approximatifs, caractéristiques principales de tous ses clients,

 

même très occasionnels. Les noms de leurs animaux, le travail effectué, plus des

  

remarques et critiques sur le caractère et l'attitude des protagonistes.

 

Le pépé, fort obligeant, lui dessina un plan. Toute ravigotée, elle repartit sur les

 

chapeaux de roues, appliquant scrupuleusement ce qu'on lui avait dit. Donc, bien

 

entendu, elle se perdit, et se retrouva dans un petit chemin sans issue. Puisqu'il 

 

débouchait sur la rivière, non loin du Camping "Verte Rive", bien mal-nommé en 

 

cette saison. "Caca d'Oie Rive" aurait mieux convenu, après les pluies diluviennes

 

de printemps.

 

Et, évidemment, en tentant un demi-tour audacieux, elle s'embourba.

 

Il en fallait davantage pour décourager une aventurière de sa trempe.

 

Elle tenta un peu de dégager les roues,  grattant dans la gadoue avec ce qu'elle

 

avait sous la main, le manche de son parapluie. Jugea vite fait qu'elle n'y arriverait

 

pas dans un délai acceptable. Enfila les bottes en caoutchouc qu'elle laissait

 

toujours dans son coffre ... Il faut être prévoyante lorsqu'on passe sa vie à se

 

promener en terre inconnue, voire en milieu hostile.

 

 Puis elle s'en fut à travers champs, ses chaussures à la main. Avec, en

 

bandoulière, son petit sac de travail.

 

Qui contenait : un tablier, des pantoufles, une bouteille d'eau presque vide,

 

quelques biscuits écrasés ... et le petit carnet.

 

Elle n'avait donc aucun souci à se faire, tout irait bien.

 

Une fois de plus, elle s'en sortirait.  

 

 

    

 

 

 

                                

                                 A          PLUS          TARD . . .

 

 

 

 

                                                                          DANS          L'AUTOCAR . . .

 

 

 

              

 

                                                                                                                               (  A     S U I V R E  . . . )

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 19:59

 

 

 

 

 

 

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                                   C E C I        E S T         U N E        H I S T O I R E        V R A I E      

 

 

 

 

 

                                         Ce jour-là, Prunie l'Aventurière fut avertie au dernier moment

 

qu'elle devait remplacer une collègue pour faire le ménage chez Mme Henriette

 

Petit, dans le bourg voisin. En vitesse, elle regarda l'annuaire chez sa précédente

 

cliente, et s'aperçut avec ennui que le village comptait de nombreux Petit, tous

 

avec un prénom masculin. Aucune Henriette. On met le prénom du mari sur les

 

annuaires, et, même devenues veuves les femmes préfèrent le laisser. Elles ont

 

tellement peur d'être attaquées, P.L'A. le savait bien. 

 

Elle partit donc à l'aventure à l'adresse du premier Petit, Claude. Avec un peu de

 

chance, sa femme s'appellerait Henriette.  

 

Ce n'était pas le cas, Claude était célibataire, et ne voyait pas d'Henriette parmi

 

les Petit de sa connaissance. Il lui indiqua l'adresse d'un couple Petit d'un certain

 

age, qui pourrait éventuellement faire l'affaire. Mais là non plus la dame ne se

 

prénommait pas Henriette. P.L'A. commençait à se faire du souci, le temps filait,

 

elle serait bientôt vraiment en retard, et finirait sa journée à pas d'heure, comme

 

souvent. Sans compter les probables récriminations d'Henriette sur tous ces gens

 

pas sérieux qui ne voulaient pas travailler, alors que Le Bureau avait formellement

 

promis une remplaçante à telle heure pile.

 

Elle tenta un autre couple Petit, dont les précédents connaissaient l'existence,

 

dans un hameau un peu isolé. Ce n'était pas les bons non plus, Prunie sentait le

 

désespoir l'envahir. Ils ne voyaient pas du tout ... Henriette, Henriette, non je ne

 

connais pas d'Henriette, répétait la mémé pour la dixième fois. Ce qui énervait

 

Prunie. Tout le monde connaît au moins une Henriette, même si elle ne s'appelle

 

pas Petit ...

 

P.L'A. n'arrivait pas prendre congé. Malgré ses remerciements, et ses adieux 

 

renouvelés, le couple tentait encore et encore de dénicher dans sa mémoire

 

une Henriette Petit. Madame répétait son leitmotiv, Monsieur réfléchissait, en

 

silence, ce qui était déjà ça. Et disait, de temps en temps, entre deux "Henriette,

 

Henriette ..." de sa femme :

 

"Attendez, attendez ... voyons, voyons ... Henriette ...". Et, zou, ce prénom

 

 relançait son épouse, qui recommençait son monologue.

 

Prunie était au bord de la crise de nerfs. Quand ses heures étaient payées, elle

 

supportait héroîquement les rabâchages des personnes âgées. Et avec le sourire

 

encore, jusqu'aux oreilles, même si en esprit elle serrait les dents bien fort.

 

Mais là, en plus de se rendre malade, elle allait perdre deux heures de travail, faute

 

d'avoir été capable de se débrouiller. Cacao se moquerait gentiment d'elle ce soir,

 

lorsqu'elle s'écroulerait chez elle pour lui raconter ses errances.

 

Comme je suis nulle se disait-elle, pas fichue de trouver une Henriette. Pourquoi

 

n'ai-je pas pensé à me renseigner à la Mairie, quelle idiote, mais quelle idiote ! 

 

Le temps d'y aller maintenant, il sera tard, Henriette me disputera bien sûr à

 

mon arrivée, elle téléphonera peut-être même au Bureau pour se plaindre.

 

Et voilà ! On me donnera encore moins de remplacements. On dira que je suis une

 

godiche et qu'on ne peut me confier que des clients dont j'ai l'habitude ... 

 

Alors que cette Henriette aurait pu me faire de l'usage, ma collègue en a pour un

 

moment, on doit l'opérer. Non, vraiment, je m'en veux, je m'en veux !

 

Et soudain, du fond se sa détresse, elle entendit le pépé s'exclamer, non "Euréka",

  

mais "Onésime" !

 

--  Onésime ! Onésime ! Je suis sûre que cette Henriette, c'est la femme

 

d'Onésime !

 

--  Mais non, dit la mémé, la femme d'Onésime, elle s'appelle Paulette !

 

--  Je sais, je sais, mais je sais pourquoi ! C'est parce qu'à l'école, on se moquait

 

d'elle en lui chantant " A bicyclette ! ". Alors après, elle a décidé de se faire appeler

 

Henriette !

 

                                                        

 

                                                                                             ( A     SUIVRE   . . . )

 

 

 

 

 

 

                             A     LA     SAINTE - HENRIETTE . . .

 

 

 

 

                                                                    SUR     MA     TROTTINETTE . . .

    

 

  

 

 

   

                                                                                                               

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 21:45

 

 

 

 

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                                Où Cacao nourrit les chats libres de la campagne autour de chez

 

elle, vous le savez.  Ah ! Vous vous souvenez ! Sur la vieille charrette, au bord du

 

Petit Chemin, dans la noyeraie, face à sa maison. Vous n'avez pas oublié non plus

 

que le vieux propriétaire qui la lui prête l'appelle "Le Restaurant des Chats".

 

Que son plateau de bois est protégé des intempéries par un toît de vieilles tôles

 

rouillées, et que Prunie l'Aventurière et Cacao y ont bâti des "barrières à chiens"

 

en bois. Avec juste de petits passages pour les chats, à cause des "chiens de la

 

nuit".

 

Ce ne sont pas souvent des chiens errants. Cacao les connaît, ils ne sont pas

 

nombreux. Deux ou trois, venant de fermes environnantes, chiens "de travail",

 

utilisés pour rassembler les moutons.

 

Ils aiment la liberté, on ne s'occupe guère d'eux, on ne les enferme pas le soir, et

 

parfois on les nourrit mal.

 

Le plus fidèle vient toujours à la même heure, très tôt le matin, elle l'appelle son

 

 "Vrai Chien". Lorsqu'il pleut ou qu'elle tarde un peu, il l'attend, couché sous la

 

charrette. Il ne tient pas aux croquettes, il s'en contente certes quand elle 

           

s'absente, et que Prunie n'est vraiment pas libre pour la remplacer.

 

Mais ce qu'il  aime, c'est la soupe de pain "trempée", avec des restes de viande,

 

et tout ce qu'on lui garde de "bon". Il vous regarde de ses bons yeux, qu'on dirait

 

maquillés avec un trait noir de khôl, mange en silence, se laisse caresser. Puis

 

repart tranquillement chez son fermier, qui passe sa journée à lui crier dessus.

 

Vrai Chien n'aboie jamais, ne dérange jamais personne. Il vient, c'est tout.

 

Marcella le connaît et l'aime. Il suit parfois lors de la promenade du matin. Sloopy

 

aussi s'y est habituée maintenant, elle en était un peu jalouse au début, ayant si

 

peur d'être de nouveau abandonnée et de retourner au refuge.

 

Pour les autres "chiens de la nuit", Cacao a l'habitude de laisser, contre son muret,

 

sur l'herbe, au bord du Petit Chemin, une ou deux bonnes gamelles. Lorsqu'il fait

 

chaud, elle a soin de ne mettre que des croquettes, pour éviter au voisinage toute

 

odeur désagréable. Elle sait qu'elles se trouvent sur la "voie publique", même si

 

c'est tout au bord, et qu'elle n'a pas vraiment le droit de le faire. 

 

Pour cette raison, elle les enlève très tôt le matin, en "allant à Vrai Chien".

  

Ce que vous ignorez encore, c'est que le fait de nourrir les animaux de passage

  

ne plaît pas à tout le monde, même s'il y a très peu de monde dans le coin. 

 

Une de ses voisines, qui ne se gêne pas à la belle saison pour organiser des

 

barbecues géants, parfumant l'atmosphère et égayant la nuit de rires et de 

 

chansons, trouve vraiment ridicules ses agissements.

 

Elle n'aime pas les chats, qui grattent dans ses parterres. Surtout Maurice, qui

 

la nargue souvent en se baguenaudant dans son jardin. Il faut dire que lorsqu'il

 

était petit, avant que la dame ne bâtisse sa maison dans le nouveau lotissement,

 

tout n'était que prés à moutons, haies et terriers de lapins, et tout cela était

 

son territoire. Il ne l'a pas oublié.

 

Cacao se fiche que la voisine se moque d'elle par derrière, tout en la saluant bien

 

bas lorsqu'elles se rencontrent.

 

Une fin d'après-midi de beau temps, alors qu'elle se promenait avec Marcella, elle

 

la vit venir vers elle d'un pas décidé. Elle ne se méfia pas, il faisait si bon, on avait

 

envie d'être heureux. Et, là, sans autre préambule, la voisine déclara :

 

-- Non, vraiment vous exagérez avec vos chiens et vos chats. Avec les croquettes,

 

   vous nous attirez les renards.

 

Un peu interloquée, Cacao eut cependant le courage de lui répondre :

 

-- Alors vous devez être contente, puisqu'on sait bien que les renards mangent

 

   les chats !

 

 

 

 

                                     A     DEMAIN    . . .

 

 

 

 

                                                                              DANS     L'TRAIN   . . .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 20:53

 

 

 

 

 

 

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                            La chanson ci-dessous est dédiée à Kranzler  . . .       link        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                        L A      D I C T E E  

                                                                    

 

                                                         

 

 

            Cette dictée est incroyable mais vraie. Ne manquez pas de la lire, c'est surprenant. On dira après

 

que le français n'est pas compliqué ! Ce petit texte, que je vous laisse savourer, est une dictée trouvée

 

dans un vieil almanach.

 

 

 

 

                                                               A  LIRE  A  VOIX  HAUTE :

 

 

 

 

 "Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère. De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*.

 

(*pers = entre vert et bleu). Monsieur est le père, Madame est la mère. Les deux font la paire.

 

Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère.

 

Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu'il est Lamère et la mère est Lamère, bien que

 

née Lepère. Aucun des deux n'est maire. N'étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc

 

pas d'impair en signant Lamère. Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire. Il sera le maire

 

Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.

 

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du

 

maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer et marche de pair avec le maire Lamère, son

 

petit-fils. Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et

 

Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s'y perd !"

 

 

 

 

 

               UN GRAND MERCI A NOTRE FIDELE LECTRICE, PATTY, QUI NOUS A ENVOYE

 

 

                                                         CE JOLI TEXTE !

 

 

 

 

 

              ... ET POUR ENJOLIVER VOTRE DIMANCHE LE NOUVEL ALBUM DU NEVEU DE CACAO

 

 

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                                    A          BIENTOT     . . .

 

 

 

 

 

                                                              DANS          MA          PUNTO   . . .

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 20:16

 

 

 

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                       Quand Cacao était petite, elle eut d'abord une petite soeur. Elle en fut

 

bien contente, et la petite soeur semblait également fort satisfaite d'avoir une

 

grande soeur. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Ni l'une, ni l'autre n'en connaissait d'autre, de toute façon...

 

 En ce temps-là, le leur était aussi petit qu'elles. Il se composait de papa, maman,

 

papi et mamie.  

 

Plus tard, après qu'on leur eut promis deux petits frères, elles eurent deux jolies

 

petites soeurs, qui furent appelées "Les Petites"...  Et c'est là qu'elles devinrent

 

"Les Grandes", même si elles étaient encore très petites. Quelle histoire étrange

 

et compliquée ...

  

Mais pour celle-ci, elles n'étaient encore que deux. Et la petite soeur n'était

 

qu'un " grand bébé", même si elle marchait déjà et avait quelques bonnes dents.

 

 

 

 

 

                Le matin, vers neuf heures, le papi descendait de son atelier et venait

 

casser  la  croûte à la maison.

 

Cela arrangeait bien maman. Pendant qu'il gardait les filles, elle allait à l'épicerie,

 

et  "au pain".

  

Le casse-croûte du papi était presque toujours le même : du pain et du saucisson,

 

avec bien sûr un petit verre de vin.

 

Quelquefois, cependant, il mangeait du fromage.

  

Cacao n'aimait pas le fromage, et ne tenait pas au saucisson. Le papi lui faisait

 

des tartines de pain beurré, tandis que la petite soeur, déjà grimpée sur ses

 

genoux, s'empifrait de morceaux de saucisson, qu'il lui coupait bien petit.

 

Chaque jour, il lui demandait : "T'aimes mieux Papi ou le saucisson ?"

 

Et chaque jour, elle répondait : "Le saucisson."

 

Cela faisait bien rire le Papi et Cacao, qui guettaient ensemble cette réponse.

 

Le papi racontait des histoires merveilleuses, que les petites ne se lassaient pas

 

d'écouter.

 

La plupart concernait " La guerre". Il les avait depuis longtemps informées qu'il

 

s'agissait de "La Grande". Cacao la trouvait bien intéressante, et supposait que

 

quand il en aurait fini, ce dont elle n'était pas pressée, il leur parlerait de la, ou

 

des petites. Et que ce serait mieux que rien.

 

Le papi racontait très bien. Il en oubliait de couper le saucisson en petits bouts,

 

et la petite soeur manquait souvent s'étouffer en avalant des rondelles entières.

 

Dans ces cas-là, elle devenait très rouge, émettait de drôles de bruits qui

 

alertaient papi.

 

Il était obligé de s'interrompre pour lui donner de grandes claques dans le dos

 

et la secouer un peu. Et de se lever pour leur servir de la grenadine. Il lui disait

 

"Bois donc un p'tit coup, ça f'ra descendre". Cacao buvait aussi, même si elle

 

n'aimait pas trop la grenadine. Elle préférait l'anthésite, dont papa leur mettait

 

quelques gouttes dans l'eau, seulement l'été, parce que c'était très rafraîchissant.

  

En se levant pour servir la grenadine, le papi regardait vite par la fenêtre si

 

maman n'arrivait pas. Cacao pensait que c'était parce que la petite soeur était

 

encore très rouge.

 

Heureusement, il se rasseyait et continuait son histoire.

 

En général, des soldats montaient au front et d'autres en descendaient.

 

Cacao ne savait pas trop ce qu'était le front. Elle supposait, le front qu'elle

 

connaissait se trouvant en haut du visage, que celui dont parlait le papi devait

 

être du même genre, quoique plus grand, afin que beaucoup de soldats  puissent

 

y monter et en redescendre. Ce devait être une sorte de très haute montagne,

 

avec une pente vertigineuse, qui expliquait pourquoi l'histoire était si longue.

   

Ce que faisaient ceux qui arrivaient en bas, Cacao le savait : Ils s'en payaient une

 

bonne tranche, parce qu'ils étaient en permission.

  

Ce que faisaient les autres, une fois arrivés en haut, le papi n'en parlait pas.

 

Cacao avait pensé à le lui demander, mais il était si bien lancé qu'elle avait préféré

 

attendre un moment plus opportun. Le lendemain peut-être, quand la petite soeur

 

s'étoufferai et qu'il serait obligé de s'interrompre pour aller chercher la grenadine.

 

Elle n'avait pas hâte que maman revienne, même si elle était un peu ennuyée que

 

la petite soeur, après sa grenadine, ait déjà presque fini le verre du papi. Ca ne

 

l'éttouffait pas, elle était seulement de nouveau très rouge. Du coup, elle avait

 

arrêté d'avaler du saucisson, et semblait somnoler dans les bras de papi, qui la

 

berçait.

 

Cacao se dit que c'était tant mieux, que ce midi maman ne dirait pas, la voix un

 

peu inquiète : "Je ne comprends pas, cette petite n'a pas d'appétit, elle picore."

 

Et le papi ne répondrait pas :

 

"T'en fais don' pas, tu vois bien qu'elle profit' quand même ! Elle mange à sa faim,

 

c'est tout !"

 

Ce jour-là, le papi faisait partie des soldats qui montaient au front. Il disait :

 

"Voyez-vous, y f'sait tell'ment froid qu'même en marchant on avait les pieds

 

 g'lés. Et les vieux poilus qu'on croisait, qui descendaient du front d'l'Est, et ben

 

 y z'avaient des glaçons aux moustaches ! " 

 

Cacao n'en croyait pas ses oreilles !  Ce devait être bien joli des glaçons aux

 

moustaches ! Encore plus que des rubans dans les cheveux ! 

 

Elle comprenait qu'ils ne fondent pas. Papi avait qu'il faisait très froid.

 

Mais comment faisaient-ils, ces soldats,se demandait-elle, pour  attacher les

 

glaçons à leurs moustaches ?

 

Bah ! Ils avaient du trouver une solution . . .

 

C'est si fort des soldats !

 

... Et puis maman rentrait et invariablement disait : " Mais arrêtez donc papi de

 

leur parler de  la guerre, vous allez les faire rêver ! "

 

Cacao ne comprenait pas maman. Elle savait que pour elle, rêver signifiait faire

 

de mauvais rêves. Comment pouvait-elle penser que les petites auraient peur

 

d'une chose aussi merveilleuse : Des glaçons aux moustaches !

 

 

 

 

       

 

                                   A          LUNDI   . . .

 

 

 

 

 

                                                                           DANS          L'TAXI   . . .

 

      

                                                                                                          (d'la Marne)

 

                                                                                                

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 22:54

 

 

 

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                       Ce matin M.Tabac Gris était encore plus taciturne qu'à l'ordinaire.

 

Assis tout contre son poêle, il semblait plongé dans une méditation profonde,

 

presque inquiétante. Il avait roulé et fumé sept cigarettes, Prunie L'Aventurière

 

les avait comptées, pour s'occuper l'esprit. Elle avait eu le temps d'épousseter

 

tous les meubles, d'aspirer le sol, le canapé et le deuxième fauteuil. Pas question

 

de songer à s'approcher de celui de M.Tabac Gris, qui paraissait de plus en plus

 

au bord de la transe.

 

Elle allait se résoudre à passer un petit coup de serpillère avant de prendre congé.

 

Non sans avoir recommandé dans le vide de ne pas poser un pied par-terre

 

pendant dix minutes  ...  Lorsqu'il déclara soudain :

 

--  Savez-vous comment enlever une épine plantée dans un doigt ?

 

-- Avec une épingle ? répondit Prunie, fière de son à propos.

 

--  Non, non ! Le mieux est de prendre du fiel d'un cochon. Attention ! D'un mâle !

 

    Vous le pendez par les pieds, vous prenez un peu de fiel, vous laissez sécher

 

    jusqu'à ce qu'il forme une pâte dure,  vous mettez un peu de pâte sur le doigt...

 

    et ... pftt ... C'est le meilleur remède que je connaisse.

 

Prunie L'Aventurière, abasourdie, et déjà un peu barbouillée depuis le réveil,

 

préféra prendre congé sans passer la serpillère. Mais non sans avoir remercié

 

avec chaleur M.Tabac Gris pour ce précieux conseil.

 

En chemin pour la maison de Cacao, où elle comptait se faire offrir une tisane, par

 

pur masochisme, elle se demanda où, si le besoin s'en faisait sentir, elle trouverait

 

rapidement un cochon, mâle de surcroît. Où elle pourrait le pendre par les pieds ...

 

etc, etc ... Et là, elle se sentit vraiment très mal ...

 

 

 

 

 

 

 

                      A     TOUT     A     L'HEURE . . .

 

 

 

 

                                                                               DANS     L'ASCENSEUR  . . .

 

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 19:26

 

 

 

 

 

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                                Mme de V..... fut bien obligée de sortir de ses terres et de se frotter

 

à la plèbe. Elle interrogea son voisinage, nul n'avait vu Ming. Elle alla jusqu'à la

 

Maison Commune, où la Secrétaire de Mairie lui promit de la tenir informée s'il y

 

avait du nouveau et lui donna l'adresse de Cacao, la dame du village qui retrouvait

 

les chats.

 

Ce ne fut pas Mme de V..... qui se déplaça, mais M.  Il décrivit Ming à Cacao, lui

 

précisant qu'elle reconnaîtrait facilement le chat angora à sa fourrure rase sur

 

l'épaule. Nous étions à la mi-Février, les chats rôdent à Carnaval, c'est la saison

 

des amours. Cacao n'osa rien dire sur le moment, mais elle avait justement repéré

 

la veille, sur le toît de l'écurie des poneys, en face de chez elle, un chat noir à la

 

fourrure épaisse, se détachant dans la pleine lune.

 

Elle se contenta de prendre le numéro de l'homme.

 

Le soir-même, elle revit le chat, perché au même endroit. Le toît de tôle luisait

 

comme de la neige sous la lune, et Ming, si c'était lui, observait d'en haut,

 

majestueux et silencieux.  Seul l'immense et très vieux poirier, qui l'été faisait de

 

l'ombre aux poneys, semblait aussi noir que lui, avec ses énormes branches nues

 

tendues vers la lumière de la nuit.

 

Cacao l'appela doucement. Il ne bougea pas, n'eut même pas l'air de l'entendre.

 

Elle se dit que le nom de Ming ne lui était pas familier, Mme de V..... ne lui ayant

 

donné que depuis si peu de temps. Lui avait-elle seulement parlé souvent , et

 

répété son nouveau nom ... Cacao en utilisa beaucoup d'autres, aucun ne sembla

 

l'intéresser.

 

Elle lui montra où elle lui mettait à manger et à boire. C'était facile. Juste à côté de

 

la maison des poneys se trouvait une vaste noyeraie, avec, près du Petit Chemin,

 

une vieille charrette recouverte de tôles rouillées, qui faisait un abri acceptable

 

pour ce qui était depuis longtemps "Le Restaurant des Chats". C'est ainsi que

 

l'appelait son vieux propriétaire, qui avait autorisé Cacao à l'utiliser. De part et

 

d'autre, entre  le plancher de la charrette et le semblant de toît, elle avait fait de

 

longue date des  "barrières à chiens", où seuls des chats pouvaient se glisser,

 

pour empêcher les "chiens de la nuit" de manger leur nourriture. Passaient

 

rarement des chiens errants, seulement des chiens en liberté venant de fermes

 

proches.

 

Dans cette vieille charrette, elle avait nourri de nombreux petits protégés , en

 

avait parfois attrappés, s'ils n'étaient pas trop sauvages, et fait adopter.

 

D'autres préféraient la liberté, elle les soignait comme elle pouvait.

 

Trois soirs de suite, à la même heure, elle vit le chat sur le toît. Et chaque matin, la

 

nourriture était mangée. Le quatrième soir, elle téléphona. M.de V..... vint, Madame

 

ne se déplaça pas, son mari dit qu'elle craignait de prendre froid.

 

M.de V..... n'eut pas plus de succès que Cacao. Le chat noir, du haut de son

 

perchoir, l'ignora superbement. M.de V..... déclara que ce n'était pas Ming, même

 

s'il lui ressemblait beaucoup, persuadé que dans le cas contraire il lui aurait

 

immédiatement répondu.

 

Bien entendu, on ne pouvait voir son épaule.

 

Au bout de quelques jours de repérages, se relayant avec sa fidèle amie Prunie

 

L'Aventurière, Cacao découvrit l'heure à laquelle le chat mangeait dans la

 

charrette. Un peu après deux heures du matin, quand tout était très calme.

 

Ce fut P.L'A. qui réussit à constater, avec la torche électrique, que son épaule

 

avait été rasée, et que les poils commençaient à y repousser, bien que très courts

 

encore. Très fière, Cacao téléphona le lendemain matin à Mme de V....., qui parut

 

contente, mais déclara qu'il était hors de question que son mari vienne voir le

 

chat à deux heures du matin.

 

Assez vexée, Cacao concocta avec P.L'A. une ruse qui leur fit un peu mal au

 

coeur : ne rien mettre à manger un soir. Et le lendemain, à la tombée de la nuit, 

 

secouer des croquettes et faire tinter la gamelle dans la charrette. Puis se cacher

 

et rester très silencieuses. Cela réussit : l'animal, qui n'était pas loin, arriva assez

 

vite pour se restaurer. Elles le laissèrent faire, et au bout de quelques jours, il fut

 

fidélisé à cette heure-là, même s'il faisait sans doute d'autres passages dans la

 

nuit, comme les chats aiment le faire.

 

Cacao rappela Mme de V..., qui répondit qu'elle enverrait son mari le soir suivant,

 

avant dîner. Les filles rangèrent de leur mieux la maison, allumèrent un grand feu 

 

de cheminée, préparèrent la "boîte à chats" et un plateau apéritif aussi chic que

 

possible. P.L'A. apporta même des verres en cristal ancien qui lui venaient de sa

 

grand-mère.

 

Comme elles l'avaient prévu, M.deV..... arriva jusque devant la porte avec sa grosse

 

voiture sans réfléchir qu'il pouvait effrayer Ming.

 

C'est pour cela qu'elles le firent rentrer, asseoir devant le feu, dans l'espoir que le

 

moment de calme serait assez long. Il accepta un verre, mais vite cependant, car

 

il était pressé, ayant un bridge après dîner.

 

Elles lui expliquèrent qu'il fallait s'approcher très doucement s'il voulait réussir à

 

voir l'épaule rasée.

 

Heureusement, Ming était là lorsqu'ils sortirent, à grignoter dans la charrette,

 

P.L'A. l'avait constaté en éclaireur. M.de V..... était en costume de ville et petites

 

chaussures, et il se scotcha littéralement dans la boue de la noyeraie lorsqu'il mit

 

les pieds près de la charrette, pourtant très proche du Petit Chemin.

 

Il reconnut néanmoins que ce chat avait une épaule rasée, ressemblait en tous

 

points à Ming ... mais affirma que ce n'était pas Ming. En effet, lorsqu'il l'appela,

 

plutôt fort, et d'un ton de commandement, la bête sauta de la charrette, et s'enfuit

 

sans demander son reste. M.de V..... affirma qu'il en avait assez vu, et n'avait pas

 

l'intention de revenir voir un chat dans le noir pour se tordre une cheville dans la

 

boue. Il prit congé assez sèchement et les filles se le tinrent pour dit.

 

Pendant quelques temps, elles nourrirent Ming, essayèrent de l'apprivoiser, de le

 

suivre pour voir où il dormait, ce qu'elles ne découvrirent jamais. 

 

Les soirs de pleine lune, elles l'observaient, perché sur le toît des poneys,

 

majestueux et immobile, les ignorant superbement.

 

Le printemps arriva, le grand poirier se remplit de fleurs, et après une nouvelle

 

lunaison, Ming disparut. On ne le revit jamais.

 

Cacao et Prunie L'Aventurière se disent souvent que Ming de V..... fut leur plus

 

gros échec. Mais elles savent au fond d'elles-mêmes qu'il a sciemment choisi

  

la liberté.

 

 

 

 

                              A     PLUS     TARD     . . .

 

 

                                                                                   DANS     L'CAR     . . .         

 

 

 

 

      

 

 

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